‹ Les prophéties modernes vengées, ou Défense de la concordance de toutes les prophétiesChapitre 3 sur 49 · CONSERVEZ SOIGNEUSEMENT CE QUI EST IBON A RETENIR · texte numérisé non relu

CONSERVEZ SOIGNEUSEMENT CE QUI EST IBON A RETENIR

(l'e AUX THESSALONICIENS, C. V, V. 20.)

, De Vensemble du texte découlent rigoureusement les conséquences suivantes :

lo Saint Paul en cet endroit n'a pu avoir en vue que

les prophéties privées , car il n'aurait point parlé en de tels termes ni des prophéties canoniques, ce qui est évident, ni des autres dons surnaturels qu'il appelle aussi prophétie en plusieurs passages de ses épîtres. Ce sont les dons d'interprétation des saintes Ecritures, de la science et de l'explication des mystères de la foi. Et ceci n'est pas moins certain , car le droit d'examiner et de juger ce qu'il y a de bon à retenir dans l'interprétation des saintes Ecritures, dans l'enseignement et l'explication des mystères de la Religion, ne peut appartenir et n'a jamais appartenu qu'à l'autorité ecclésiastique, et non pas aux simples fidèles, auxquels seuls saint Paul s'adresse en cette épître ^

i^ H y a une très-grande différence entre les prophéties scripturales et les prophéties privées.

Nous savons que les premières font partie de la Révélation, dont elles constituent une des preuves. Il est de foi qu'elles sont la parole certaine du Saint-Esprit donnée aux hommes pour les intérêts les plus graves de l'humanité tout entière. La sagesse divine devait employer les moyens les plus efficaces pour qu'elles fussent reconnues sans hésitation possible et protégées contre toute altération. Aussi c'est à une autorité infaillible et incorruptible dans sa sphère, à la Synagogue d'abord et. à l'Eglise catholique ensuite, que Dieu a confié la charge de discerner les prophétie^ sacrées, de

1. Le verset 12 de ce ch. v de l'Ep. aux Thess. le prouve suraDondamment : a Rogamus autem yos, f ratres, ut noveritis eos qui laborant inter vos et prœstmt vohis in Domino et monent vos. Or, nous vous prions, mes frères, d'être reconnaissants envers ceux qui travaillent panni vous et vous gouvernent dans le Seigneur et vous avertissent, d

les conserver et de les interpréter sans crainte d'erreur. Dans chacune de ces prophéties et dans chaque partie de leur texte, nous n'avons rien à contredire, rien à retrancher; iout est bon à retenir, tout doit être étudié avec le plus grand respect, et selon les règles et les enseignements de l'autorité préposée à leur garde.

Toutes autres sont les prophéties privées.

Quoiqu'elles puissent être la vraie parole de Dieu, on ne doit ni les traiter ni les étudier de la même manière. Saint Paul, en npus défendant de les mépriser, nous a donné vis-à-vis d'elles le droit et nous impose Y obligation du libre examen. Elles sont une grâce de surérogation que Dieu accorde pour l'utilité des fidèles en particulier *, pour les avertir, les consoler et les encourager, soit dans leurs dangers et dans leurs épreuves personnelles, soit au milieu des persécutions de l'Église et des grandes commotions sociales. En octroyant ce don particulier à qui il lui plaît, le Seigneur laisse à la libre disposition des autres l'usage et la gardé des prédictions, il n'a rien établi d'une manière spéciale qui en garantisse infailliblement la conservation et la valeur intacte. C'est pourquoi l'Apôtre dit : t Ne méprisez point les prophéties », car elles sont une grâce. Vous avez le droit de ne pas vous en occuper ; d'autres pourront s'en servir avec avantage; mais qu'ils fassent bien attention , c qu'ils, examinent tout avec soin » ; car le Seigneur n'a point protégé cette grâce contre le mensonge et l'erreur.

i^ Il devient évident dès lors que l'autorité des prophéties canoniques ne saurait éprou^ver aucune atteinte du non-accomplissement des prophéties privées.

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