ATTENTION
Par ces paroles nous son^mes prévenus de ne point accepter sans examen les prophéties privées. Nous sommes avertis qu'il y en a de bonnes et de mauvaises ; que dans le texte des bonnes il pourra se trouver un mélange d'erreur et de vérité. Il faudra par conséquent examiner et trier avec soin pour rejeter le mauvais, et ne garder que le bon, si nous voulons avoir le vrai don de Dieu et nous rendre les prophéties utiles.
La raison et l'expérience confirment la parole sacrée, et nous apprennent que par le fait soit de l'homme, soit du démon , le mensonge se rencontre, le vrai et le faux se mêlent dans les prophéties particulières.
Les démons, toujours appliqués à tromper les hommes et à leur nuire, pour les empêcher de profiter des prophéties véritables, singentl'inspiration divine et produisent de* mauvaises prophéties : tantôt ouvertement , en annonçant des choses qui sont contraires aux enseignements de l'Eglise, ou quiîavorisent plus ou moins l'erreur dogmatique ou morale, .tantôt d'une manière cachée par des prédictions semblables aux anciens oracles des païens, par des prophéties d'une ambiguïté et d'une obscurité calculées. Jls sont coutumiers de cette tromperie: l'histoire en fait foi.
D'autre- part, en conséquence delà transmission de bouche en bouche, de copie en copie, une prophétie véritablepeut se trouver altérée par changements dans
les termes ou par suppression de quelques parties. D'autres fois, des additions plus ou moins volontaires seront faites aux textes par l'introduction de vues etd'interprétations particulières sous l'empire d'idées préconçues ou d'espiMt de parti. Enfin, soit de bonne foi, se croyant illuminés par l'inspiration divine, soit conscients de leur fraude, pour favoriser une cause préférée, les hommes fabriquent des prophéties.
Il est évident que dans le travail d'examen et de choix devront être avant tout repoussées les prédictions d'origine plus ou moins diabolique, et toutes les interpolations de même nature qui auraient pu être faites en des textes d'ailleurs irréprochables.
Mais quel moyen avons-nous de reconnaître ces prophéties et ces additions ?
Il en est un très-simple et très-facile : c'est de suivre les prescriptions de l'Eglise ; c'est de ne jamais perdre de vue les décrets du concile général deLatrande 1516 *, ceux d'Urbain YIH de 1625 et 1634, et du Concile de Paris de 1849, approuvé par le Saint-Siège. Et, encon- . séquence, c'est de n'étudier que les prophéties dont la publication aura été permise par l'Ordinaire ". .
Saint Paul nous enjoignant en cette matière d'examiner avec soin^ quand celui qui dans l'EgUie, par sou nom, par le devoir et la grâce de sa charge, est Ip sur-
1 II est bon de faire renjarquer que les peines canonique!) portées par le Concile de Latran et le Pape Urbain VIII contre les trassgresseurs de leurs décrets sont entièrement supprimées,, depuis 1869, par la publication de la Constitution Apostolicœ Sedis.
2. L'Evêque du diocèse où se fait la publication. — Mgrl'Evêque d^Orléans , dans la lettre citée plus haut^ rappelle aussi éloquemment qu'opportunément ces prescriptions de l'Eglise.
veillant de tout ce qui de près ou de loin intéresse le bien des âmes, <iuand VÉvéque aura examiné le premier, nous pourrons être assurés qu'il n'aura laissé passer rien de diabolique, rien de nuisible, rien de dangereux.
Or, dans nos travaux, nous sommes parfaitement en règle avec ces « lois du respect, de la docilité, de la c prudence chrétienne, de la vraie piété * » .
En fait, notre opuscule a eu pour lui-même le to'ssezpasser épiscopal, quoiqu'il ne porte pas en tête V imprimatur officiel ; et en droit il n'en avait pas rigoureusement besoin^ puisqu'il ne renferme en grande partie que les textes et l'interprétation de prophéties dont la collection et la publication ont été approuvées, nonseulement par l'Ordinaire, mais encore par plusieurs autres Evêques. Les Voix prophétiques"^ de M. l'abbé Curicque, où nous avons pris la plupart de nos textes, sont honorées de l'approbation élogieuse de Mgr Deschamps, archevêque de Malines, de NN. SS. les Evêques de Strasbourg, de Poitiers, de Saint-Jean de Maurienne et de Solie.
Nous pouvons donc assurer que nous ne sommes nullement atteint par l'énergique et bien nécessaire flagellation que Mgr d'Orléans 3 applique à tous ces prophètes , traducteurs , interprètes et adeptes, crédules, fanatiques ou illuminés.
Certainement vpus ne nous reconnaissez pas dans cette vigoureuse tirade :
• Qu'est-ce en effet. Messieurs, que la plupart de