LA DIÈTE DF. WORKS
Le docteur Eck *, fiscal de l’évêque de Trêves, commença et me dit : « Martin , tu es appelé ici pour déclarer si tu reconnais que ces livres sont ton ouvrage ou non. » — Les livres étaient placés sur une table et il me les montrait. — Je répondis : « Je crois que ce sont lesmiens.» Mais Jérôme Schurff dit alors; «Que l’onen lise les titres. » — Lorsque les titres eurent été lus, je dis : « Oui, ces livres sont de moi. » Il dit : « Voulez-vous rétracter ce qu’ils contiennent? » Je répondis : « Très-gracieux seigneur et empereur , quelques-uns de mes livres sont des livres de controverse où je combats mes antagonistes ; d’autres sont des livres qui exposent une doctrine que je ne puis, ou ne veux rétracter. S’il m’est arrivé, dans mes écrits de controverse, de montrer trop de violence contre qui que ce soit , je ne demande pas mieux que de recevoir une meilleure direction, et, pour cela, je demande qu’il
met la jeunesse i s’emparer de la puissance, et qui se réjouissait secrè lemenl de voir le fier ponlife romain, dont la main avait si rudement pesé sur les empereurs, et dont les prétentions n'étaient pas encore aliandonnées, en butte lui-méme à de rudes attaques. De son côté, le représentant de Rome avait le plaisir secret de voir la division s'introduire parmi les Allemands qui s’étaient si souvent jetés .«ur la belle Italie pour la piller comme des b.atbarcs ivres, et qui la menaçaient de nouvelles incursions. Les princes temporels se léjouissr.ient de pouvoir mettre la main sur les biens de l’Eglise, nu moyen des idées que répandait la nouvelle doctrine. Les éminents prélats délibéraient déjà s’ils n’épouseraient pas leurs cuisinières pour léguer à leurs descendants mâles leurs électorats, leurs évêchés et leurs abbayes.
Le discours que Luther prononça devant la diète fut débité d’abord en allemand, ensuite en latin ; ii était d’une longueur remarquable. « Cet homme doit avoir grand soif», pensa le duc de Drun.swick, lorsqii’enlln l’orateur eut atteint sa péroraison, et il envoya à son auberge trois cruchons de la meilleure bière d’Elnbeck.
■ Jean Eck, chancelier de l’Université d’Ingolstadt, mort en is<3, fut l’un des antagonistes les plus infatigables de Luther; il joua un rôle actif dans tous les débats que souleva la doctrine nouvelle ; il assista aux conférences de Leipzig (I519), aux diètes d’Augsbourg (1530) et de Ratisbonne (1541). Retzer a inséré dans son édition des écrits de Jérôme lia bi (Vienne, I79i, t. I, p. 363) une pièce de vers satyrique pleine de vivacité et d’indécence intitulée : Threni Joannis Eckii in obiiiim Margarethœ sit<» eoncubina, et qu’écrivit Simon Lemnius, pamphlétaire luthérien, redouté de son temps.
lits MIOPOS DE TABLE DE MARTIN LUTHER.
m« soit accordé du temps. » Alors on me donna un jour et une nuit. Le lendemain , Je fus cité devant les évéques et les autres qui avaient été chargés de s'entendre avec moi au sujet de la rétractation. Je dis alors : La parole de Dieu n'est pas ma parole ; je ne puis donc l'abandonner ; mais pour tout ce qui n'y est pas contraire, je me montrerai soumis.nAlors le marquis Joachim me dit : « Martin , à ce que j'entends , vous ne demandes qu'à être instruit, hors en ce qui concerne l'Écriture sainte? »Je dis : « Oui.» Alors ils me pres.sèrent de porter cette cause devant Sa Majesté Impériale; je disque je n'osais avoir la hardiesse d'agir ainsi. Us me dirent : « Ne pensez-vous pas que nous sommes aussi des chrétiens qui voulons finir et terminer ces différends avec tout le zèle et l'attention possibles? Vous devez avoir assez de confiance en nous pour supposer que nous déciderons selon l'équité. » Je répondis et je dis : « Je n'ose me fier assez à vous pour supposer que vous conclurez contre vous-mêmes, vous qui m'avez condamné, tandis que j'étais protégé par un sauf-conduit ; néanmoins, afin que vous voyiez ce que je puis faire , je remettrai en vos mains mon sauf-conduit et j'y renoncerai; faites de moi ce que vous voudrez. » Alors tous les princes dirent : « Vraiment , ses offres sont suffisantes , sinon excessives. » Ils dirent ensuite : «Cédez-nous pour quelques articles. » Je repartis: « Au nom de Dieu, je ne ferai pas de difficuités pour les articles qui ne concernent pas l'Ecriture sainte. »— Là-dessus, deux évêques allèrent vers l'empereur et lui dirent que je m'étais rétracté. Alors l'empereur envoya vers moi un autre évêque pour savoir si j'avais remis la décision à lui et à la diète impériale. Je dis que je ne l'avais point fait, ni n'avais l'intention de le faire. De la sorte, je résistais seul à beaucoup de gens, et certains de mes amis même étaient très-irrités de ma constance ; quelques-uns dirent que si j'avais laissé les articles à leur décision, ils auraient plié et cédé pour ceux de ces articles que le concile de Constance avait condamnés. Cochlœus * vint alors vers moi et me dit :
' Né en 1479 , tuccessivemenl chanoine i Worma, àBresIau, à Mayence; Il comballit aana relAche lei réfonnaleura avec un zèle extrême. Durant ion séjour à Worms, Il propoM à Luther une conférence publique, avec la condition que celui des deux qui succomberait dans ceUe lutte
LA OIÈTK DE WORNS.
lüd
« Mariiii , si vous abandonnez voire sauf-conduit , j’entrerai en dispute avec vous. » — Pour moi , dans ma simplicité , j'aurais accepté ce qu'il m’offrait ; mais Jérôme Schurff me demanda avec instance de ne pas le faire, et en dérision et en moquerie, il répondit à Coclilœus : a O la belle offre, si un homme était assez fou pour l’accepter! »
Vint alors vers moi un docteur, attaché au marquis de Bade, et il essaya de faire impression sur moi par une foule de mots immpeux; il m’exhorta et me dit : a Vraiment, Martin, vous êtes tenu de faire beaucoup et de céder pour le bien de l’amour fraternel, et afin que la paix et la tranquillité parmi le peuple puissent se maintenir, de crainte qu’il ne s’élève des tumultes et des séditions. D’ailleurs, il y aurait grand avantage pour vous à vous montrer soumis à Sa Majesté Impériale et à éviter avec soin de donuer des sujets d’offense ; je vous engage donc à vous rétracter. » Je répondis : « Pour le bien de la charité fraternelle et de la concorde, je ferai volontiers tout ce qui ne sera pas contre ia foi de Jésus-Christ et contre la fidélité due au Sauveur. » Lorsque tous m’eurent assailli en vain, le chancelier de Trêves médit : « Martin Luther, vous désobéissez à Sa Majesté Impériale; vous avez donc l’autorisation et permission de repartir avec votre sauf-conduit.» De la sorte, je partis de Worms, traité avec beaucoup de politesse et de courtoisie, au grand étonnement de tout le monde chrétien > , si bien que les papistes auraient voulu que je fusse resté chez moi. Après mon départ, on rendit à Worms cet abominable édit de proscription qui donna occasion à chacun de se venger de ses ennemis, sous le nom et le titre de l’hérésie protestante. Mais les tyrans furent peu de temps après forcés de le révoquer.
lerail brûlé. Luther accepta le défi ; maii on empêcha prudemment Ici deux anlagooisiei d'en venir aux mains. Cochlœus mourut en usa, laissam une multitude d'ocriii quo l’oubli a dévores.
PROPOS DK TABLE DE MARTIN LITHER.
LE PAEAUIS TEBHESTBE, ADAM ET DITTERS PERSOSSACES NOM.UÉS DANS LA BIBLE.
Qucitju'uu demanda au docteur Luther (|uel était, selon lui, le lieu qu’habita Adam ; il répondit : « Je crois que le nom de paradis s’applique au monde entier, mais Moïse nous apprend que le séjour d’Adam était arrosé par quatre fleuves Après son péché, Adam se dirigea du côté de la Syrie, et la terre perdit la fertilité <iu’elle possédait auparavant ; c’est ainsi que la Judée et le pays de Samarie étaient autrefois des régions très-fertiles et dignes du paradis ; maintenant elles sont arides et sablonneuses. Le comte de Stolberck, qui les a visitées, les a trouvées telles ; car Dieu leur a donné sa malédiction. Nul homme ne saurait as^^scz considérer combien est admirable la providence de Dieu dans la manière dont il entretient le monde ; la nourriture du
■ Il n’eâl guère, dans l’Ecriiure, de question sur laquelle les avis se soient plus partagés que sur la situation du paradis terrestre. On l’a placé dans la Syrie, dans la Palestine, dans l’Arabie ; en Arménie, en Tartarie, à la place qu'occupe de nos jours la mer Caspienne ; dans l’Ile de Ceylan, dans les Indes, sur les bords du Gange, en Chine, dans un lieu inhabité par delà le Levant. D’autres l’ont mis en Europe, quelques-uns en Afrique; ceuslà à l’eitrémiié du Midi, dans la terre de Feu ; ceux-ci aux régions les plus éloignées du Nord et même sous le pâle arctique. On trouve dans VUitioire de la géographie du nouveau Continent, par M. de llumboldl (t. III, p. U9), une lettre de M. Letronne sur la position que les Pères de l’Eglise ont assignée au paradis terrestre. —L’évéque d’Avranches, Huet, dans un traité spécial. De la situation du Paradis terrestre (I69i, 1698, tTOl), astignc à l’Eden le point de Jonction de l'Euphrate et du Tigre ; un auteur basque, J.-B. de Erro, dans son Mundo primitivo (Madrid, 1815), trace une carte où il le met au pied des Pyrénées, et en outre il démontre que la langue parlée par Adam, Abel et Noé était le basque. Plus d’un érudit, ne trouvant aucun lieu qui répondit complètement à la description de la Genèse, s’est imaginé que Dieu avait caché sous terre le jardin d’Eden ; d'autres ont prétendu qu’il était dans la région moyenne de l’air, dans la lune, dans le ciel de la lune, dans le troisième ou le quatrième ciel. Il y a dans l’ouvrage de Alalvenda (CO]uincntatiodeparadiso, Rom<’, 1605) un chapitre remarquable : Si paradisus adhuc Integer existit , quid causa estquod a nemine unquam potuit hactenus reperiri? Voir également Hopkinson. Synopsis paradisi, et Keland, De situ paradisi.
LE PARADIS TERRESritE, ADAM, ETC. 161
monde en un seul jour excède graiuleinenl en valeur tous les trésors du plus puissant monarque; et cependant, ingrats que nous sommes, nous ne voulons pas mettre notre confiance en Dieu. » Jouant ensuite avec sa chienne, il dit : « Le chien est un animal très-tidèle, et il aurait un très-grand prix s'il n'était pas aussi commun. Dieu a voulu que ses plus grands dons ne fussent rien moins que rares. Les yeux sont un don bien précieux, et il a été accordé à tous les animaux. Les plus petits oiseaux ont des yeux fort perçants, et ils ajierçoivent de très-loin une mouche ; mais nous sommes si stupides, que nous laissons échapper, sans les voir, ces grâces que Dieu a répandues si abondamment. Mais nous les verrons dans l'autre vie. »
Le docteur Jonas |M>sa une fois sur la table une belle grappe du raisin, et le docteur Luther en prit occasion de louer la bonté de Dieu, qui fait croître les moissons et les fruits , et dit : «C'est surtout dans nos corps que nous pouvons admirer les merveilles de la création. Voyez comme ils croissent, comme ils se nourrissent; mais les hommes sont des aveugles qui passent sans considérer les biens que Dieu leur octroie et dout ils font un si mauvais usage. » Il ajouta que « si Adam n'avait point iK-ché, on n'aurait point connu le pain, et que l'on se serait nourri de fruits. » Quelqu'un ayant fait remarquer que Jésus-Christ avait mangé après sa résurrection, le docteur dit : « Ce n'était point par nécessité et qu'il eût faim, c'était pour donner une preuve qu'il était réellement ressuscité. »
Il tenait un jour dans sa main une rave pleine de suc, et il dit : « Il n'y a pas de doute que les patriarches ne vécussent de fruits et de racines, et je suis convaincu qu’Adam y trouvait un trèsgrand plaisir , et qu’il n’avait nullement l’envie de manger une l>erdrix.En lisant autrefois que les solitaires se nourrissaient de racines, je croyais qu’il s’agissait de racines d’arbres, mais la multiplicité des dons de Dieu nous accable. »
462 PROros dë table de martir luther.
Il ne nous convient pas de rechercher pourquoi Dieu , par suite de sa résolution divine, impénétrable à l'esprit humain, étend sa miséricorde sur un homme, et pourquoi il en endurcit un autre, ainsi que l'Écriture le dit du Pharaon. Nous devons nous tenir pour certains et assurés qu'il ne fait rien sans cause et sans motif déterminant, et s'il fallait qu'il rendit compte à chacun de nous de ses actions et de ses paroles, ce serait un triste et pauvre Dieu.
Quelqu'un demandant à saint Augustin où était Dieu avant qu'il créât le monde, le saint ré|)ondil : « Il était en luimême. » Et un autre lui ayant fait la même question, ii ré[)ondit : « Il construisait l'enfer pour les esprits présomptueux, inquiets et curieux tels que le tien. » Après que Dieu eut créé toutes choses, ajouta le docteur Luther, il était partout, et encore u'était-il nulle part, car je ne peux me saisir de lui par aucune de mes pensées. Mais il se trouvera là où il a promis qu'il serait. Les Juifs le trouvèrent à Jérusalem, à côté du trône de la grâce; nous le trouvons dans la parole et dans la foi, dans le baptême et dans les sacrements, mais nulle part on ne peut le trouver dans sa majesté. »
Luther rencontrant accablé de mélancolie un homme qu'ii avait autrefois bien connu à Wiltemberg, le salua et lui dit : « Ah I créature humaine, que fais-tu? n'as-tu rien de plus à faire que de songer à tes péchés, à ta mort et à ta damnation? Détourne promptement les yeux de ces objets et regarde Jésus- Christ. 11 a été écrit que le Christ avait été conçu du Saint-Esprit et de la vierge Marie, qu'il avait soulTert, qu'il était mort, qu'il avait été enseveli, que le troisième jour il était ressuscité d'entre les morts, qu'il était monté au ciel, etc. Pour«|uoi pensestu que tout cela s'est accompli? N'étail-cc pas pour que tu prisses courage contre la mort et contre le péché ? Rassure-toi donc, ii'aic i>oint du crainte, et ue défaille pas; car, véritable-
LE PARADIS terrestre, ADAM, ETC. 16S
ment, tu n'en as pas de motifs, puisque Jésus«Chrisl a souffert la mort pour toi, qu’il a pourvu à ta protection et à ta défense, et que, pour ce motif, il est assis, ppur te délivrer, à la droite de Dieu, son père céleste. »
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Je crois qu’Âdam fut lu plus simple et le plus modeste des hommes, et je ne pense pas qu'il ait jamais allumé de chaudelle , car il ne savait pas (|ue le corps d'un taureau renfermât du suif, puisqu’alors on ne tuait pas les auiniaux; je ue sais comment il s'est procuré son habit de peau. Il vécut dans la plus ijrande tempérance, ne buvant ni vin, ni bière. Je voudrais que la bière n'eût jamais été inventée * ; il en résulte la perle de beaucoup de grains, et cependant il ne se fait |)oinl de bonne bière. A quoi servent tant de recherches dans les festins et tant d'inventions que suggère la gourmandise?
Après qu’Adam eut lærdu la justice dans laquelle Dieu l’avait créé, il fut, sans aucun doute, bien affaibli dans sa force corpo* relie, par stdfc de sa douleur et de l'angoisse de son cœur. Je crois qu'avant sa chute il pouvait distinguer des objets à cent milles de distance luul aussi bien (pie nous les apercevons à un demi-mille, et qu’il en était de même de ses autres sens’. Nul doute qu’après sa faute il n'ait dit : « Ah ! mon Dieu, que s’eslil passe en moi? je suis à la fuis sourd et aveugle. » Ce fut une horrible chute, puisqu’auparavant il voyait que toutes les créa-
' Lutlif r avait, en dépit de cette boutade, un goût si bien connu pour le breuvage en question, que les sacramenlaires, scs antagonistes décidés , l'appelaient le pape-biérede la Sise : der Sachtisclie Bier-Pabtl,
' Parmi diverses opinions bizarres relatives à Adam, nous mentionnerons celle d'un membre de l’Académie des inscriptions, Ilcnrion, qui prétendit démontrer que ce patriarche avait une taille de >23 pieds 9 pouces, et que la stature d'Eve n’était pas moindre de lis pieds 10 pouces Sil. lienrion mourut en 1720, victime de l'ardeur avec laquelle il se livrait à ses rêveries sur les poids et mesures des anciens.
i6i PROPOS Di: TACLt Ut MARTIN LL'Tlltr..
turcs lui ctuiuiit soumises, si bien (lu'il pouvait jou: r uu'inc avec un seri)cut.
A quoi servent tant d'objets su|)crflus, de luxe, d'étalage et de jouissance pour la vie, comme l'usage en est venu de nus jours? Si Adam revenait sur la terre, et qu’il vit notre genre de vie, notre façon de boire, de manger, de nous vêtir, comme il serait étonné! Il dirait : « A coup sûr, ce n’est pas le monde dont j’ai fait partie. C’était sans doute un autre Adam que moi ({ui a paru autrefois (larmi les hommes. » Car Adam buvait de l'eau, cueillait des fruits sur les arbres, habitait une cabane que supportaient quatre pieux de bois ; il n’avait ni couteau, ni outil en fer, et il ne portait d’autre vêtement qu'une i>cau de bête. Maintenant l’on dépense des sommes énormes pour le boire et lK)ur le manger; l’on élève des jalais splendides, on les meuble avec un luxe auquel rien ne peut se comparer. Les anciens Israélites s’entretenaient avec beaucoup de modération et du tranquillité, comme le disait Booz : « Trempe ton pain dans du > inaigre, et rafralchis-toi. » La Judée était couverte d'habitants, ainsi que nous le lisons dans le livre de Josué. Une grande abondance de population enseigne à vivre avec sobriété.
Lors<{ue Dieu dit à Caïn, par l'entremise d’Adam : « Si tu fais bien, ne sera-t-il pas reçu? mais si tu ne fais bien , la peine du péché est à la porte » (Getièse, ch. iv, v. 7), il montre ainsi quelle est l’assurance des pécheurs, et il parle avec Caïn comme avec le plus grand hypocrite et le plus vénéneux des frères capucins. C’était comme si Adam disait : « Tu as su ce qui m’était arrivé dans le j)aradis. J’aurais voulu cacher mou offense, et je me couvris de feuilles de tiguier, et je me tapis derrière un arbre ; mais apprends, mon cher, «juc le Seigneur ne peut être déçu de la sorte ; les feuilles de figuier ne servirent à rien, n