LR PARADIS TERRESTRE, ADAM, ETC
Daniel ou d’Isaïe, qu’ils méprisent. » Le docteur Luther repartit : « C’est une chose horrible qu’ils méprisent ces deux saints prophètes dont l’un a prédit Jésus-Christ de la façon la plus formelle , dont l’autre a décrit les monarchies qui précédèrent l’avénemcnt de Jésus-Christ. Je ne mets Jérémie qu’après eux et je lui préfère Isaïe. Philippe (Mélanchton) pense à cet égard l’opposé.
Les discours d’aucun des prophètes ne furent rédigés en entier , mais une chose fut recueillie en un temps et une autre dans un autre. Les livres des Rois sont les annales des monarques hébreux ; elles dépassent de cent et de mille coudées les chroniques ou Paralipomènes qui passent souvent sans détail sur des faits importants. Le livre de Job estadmirable; ce n’est pas seulement de lui qu’il traite, mais encore de tous les affligés et de ceux qui ont à résister au diable. Quand Dieu châtie, l'homme devient impatient , il se scandalise de la félicité des impies et il murmure contre le Seigneur. Ce doit être pour nous une consolation dans l'affliction, de songer que Dieu nous réserve tant de biens dans la vie. future.
Philippe (Mélanchton) s’entretint longuement avec le docteur Luther au sujet de la brièveté avec laquelle Moïse a raconté l’histoire des anciens patriarches. Elle peut nous faire comprendre comment les évangélistes ont rapporté avec si peu de détails les discours dans le Nouveau Testament. Voyez comme ils ont succinctement relaté les prédications de saint Jean-Baptiste, qui en a fait de très-belles.
Plusieurs ont bien sué sur l’épltre de saint Jacques pour la faire concorder avec saint Paul; Philippe (Méianchton) a été du nombre , mais il l'a fait sans succès, car elles se contredisent. La foi justifie, la foi ne justifie pas ; je permets à celui qui fera accorder ces deux projiositions de me traiter d’imbécile. Saint
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PROiK)a DE TABLE DE MARTIN LUTHER.
Luc a bien mieux que tous les autres décril la passion du Sauveur; saint Jean se met s«*rioHsemem à l'œuvre et il décrit admirablement les œuvres de Dieu ; il explique bien pourquoi Jésus-Christ fut mis à mort par ses juges. Il n'y a pas de doute que Pilate ne regardât Jésus comme un homme simple et ignorant, sorti peut-être d’une forêt comme un ermite qui ne connaissait rien de l'allure du monde.
Les Ptaumet de David sont de divers genres , didactiques, prophétiques, eucharistiques, catéchétiques. Parmi les prophétiques, il faut distinguer le cent dixiéme : Dixit Domintit; et
parmi les didactiques, Miserere met De profundit /)o- ,
mine, exaudiorationem.... Le cent dixième psaume est le chef de tous; il décrit le royaume et le sacerdoce de Jésus-Christ, il expose que Jésus-Christ est le roi de toutes choses, qu’il intercède pour tous , que toutes chose^ lui ont été remises par son Père, et qu’il a pitié de tous. C’est un beau et bien remarquable psaume: si j’étais en bonne santé, je m’efforcerais d’en donner l’explication.
Le docteur Luther fut interrogé si l’histoire du riche et de Lazare était une parabole ou un fait réel, et il répondit : «Le commencement du récit est historique; les personnes, les circonstances, l’existence des cinq frères sont indiquées. Ce qu’il y est dit d’ Abraham est allégorique et fort digne d’observation; nous y voyons qu’il y a des séjours qui ne sont pas connus, où résident les âmes, et ce sont des secrets que nous ne devons pas essayer de pénétrer. Il n’est rien dit de la sépulture de Lazare, ce qui nous montre que l'îime a bien plus de prix, aux yeux de Dieu, que le corps. Le sein d’Âbraham, c’est la promesse et la certitude du salut et l’attente de Jésus-Christ; ce n’est pas le ciel, mais c’est l’attente du ciel. »