DE QUELQUES PÈRES DE L’ÉGLISE
lérAme ne doit pas être compté parmi les docteurs de l’Église,
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DE QUELQUES PÈRES DE l’ÉGLISE. 171
car, de fait, U était hérétique ; je crois toutefois qu'ii a été sauvé |iar la foi en Jésus-Christ. Il ne parle (on peut le dire) nulle» ment de Jésus-Christ, dont il a seulement le nom à la bouche. Je ne connais aucun docteur que je déteste autant que Jérôme, car lorsqu'il écrit, c'est toujours sur le jeûne, sur la virginité, etc. 11 n'enseigne rien au sujet de la foi, de l'espérance, de la charité, ni des œuvres de la foi. Je n'aurais pas voulu de lui pour mon chapelain.
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J'applaudis de grand cœur aux hymnes et aux prières spirituelles de Prudence ; c'est le meilleur poëte qu'aient eu les chrétiens. S'il avait vécu du temps de Vii^ile, il aurait été mis au-dessus d'Horace. Je voudrais que les poésies de Prudence fussent lues dans les écoles; mais, de nos joui's, les écoles sont devenues païennes, et l'Ecriture sainte en est bannie, ou falsiOée et dénaturée par la philosophie.
Augustin SC tourmentait cl se brisait l'esprit sur les traditions humaines ; il se donne parfois des peines pitoyables pour expliquer le psautier. Il était toutefois très-versé et très-habile dans l'Ecriture sainte, et il avait un jugement remaniuable et une belle intelligence. Il fut aiguillonné par les hérétiques, partisans de Pélage; il était attaché à l'état de mariage; il parlait bien des vertueux évêques qui étaient alors ministres, mais l'é- |ioque où il vivait l'agitait, le chagrinait beaucoup. S'il était maintenant en vie, il serait furieux de voir les abominations du pape se vantant du patrimoine de saint Pierre ; il ne pourrait supporter pareille chose.
11 est certainement le plus habile, le plus pur et le plus capable de tous les docteurs; mais il n’élail pas, de lui-même, en étal de ramener les choses à leur ancienne situation, et il se plaint souvent (|ue les évê<]ues avec leurs traditions et leurs ordonnances troublaient plus l'Eglise que les Juifs ne le faisaient avec leurs lois.
172 PKOPUü DE TABLE I)E MARTi» LUTHER.
Saint Bernard Tut le meilleur des moines, et je l'aime mieux que tous les autres; il a cependant osé dire que ceseraitunsigne de damnation si quelqu’un quittait son monastère. Il avait sous lui trois mille moines, dont aucun ne fut damné, si l'assertion est exacte; ted vix credo. Saint Bernard vivait dans des temps dangereux, sous les empereurs Henri IV et Henri V, sous Conrad et Lothaire. C'était un moine expérimenté et instruit, mais il donna mauvais exemple. La vocation, condition d’un vrai chrétien, tel que Dieu l'a réglée et fondée, consiste en trois hiérarchies , le gouvernement domestique , temporel et ecclésiastique.