‹ Les propos de table de M. LutherChapitre 22 sur 62 · PROPOS RELATIFS AUX OISEAUX, ETC · texte numérisé non relu

PROPOS RELATIFS AUX OISEAUX, ETC

aiosi qu’il arrive dans le inonde : « Jésus-Christ est le rossignol qui fait entendre l’Evangile ; les hérétiques, les. faux prophètes et les papistes s’efforcent d'empécher qu'on ne l’entende, et ils font tout le bruit qu’ils peuvent. »

Il s’éleva un jour la question de savoir pourquoi dans les psau* mes et dans l’Évangile il est plusieurs fois fait mention des corbeaux et des moineaux, qui sont, de tous les oiseaux, ceux de l’aspect le plus fâcheux et ceux qui méritent le plus d’ëtre liais. Le docteur Luther dit : « Si l’Esprit-Saint avait pu nommer des oiseaux plus pernicieux, il l’eût fait, atin de nous faire voir que rien de ce que nous obtenons n’est donné à nos mérites, ainsi (|u’il arrive à ces oiseaux. » Et il dit qu’il était écrit : « Que si les petits des corbeaux viennent à être abandonnés de leurs |>aliareiils, ou à en être privés. Dieu pourvoit à leur nourriture en faisant naître des vers dans le nid. »

Arislolc compte les cygnes parmi les oiseaux qui ont des pieds fermes et palmés pour vivre autour des lacs et dés marais. Ce sont des animaux qui nourrissent une nombreuse famille, dont les habitudes sont fort dignes d’intérêt et qui arrivent à une belle vieillesse. Ils n’attaquent pas l’aigle, mais iis se défendent avec succès contre lui en cas d’agression. 11 est certain que les cygnes chantent fort mélodieusement au moment de leur mort *,

' Une foule d’auteuri anciens et Aristote lui-roéme ont fait mention du chaut du cygne, UufTon, l'abbé Arnaud et autres modernes ont pensé qu'il s'agissait seulement du cri rauque que ces oiseaux font souvent entendre, cri bien connu des anciens et qu'ils exprimaient|par le mot Imitatif de drensare; l’illustre auteur de l'Uisloire ualurelle cite à ce sujet un vers qu’il attribue à tort h Ovide ;

uGrus gruit, inque glomis cycni prope flumina drensant.»

Ce vers est tiré du poëmc de l’hiiomela, dont l'auteur est inconnu cl l'origine classique plus que suspecte. Mais Virgile a dit :

« Danl sonitum rauci per stagna loquacia cycni.»

Le naturaliste Olussen prétend qu’en Islande les cygnes font retentir les

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el quelques auteurs rapportent qu'ils se nourrissent de l)étoine, afin d’éteindre les ardeurs de l’amour et d'avoir plus de vigueur dans les ailes: je ne sache pas qu’il y ait rien qui soit une image plus fidèle de l’Église que ces mœurs du cygne. L’Église ne re- |M>se-t-elle pas sur un appui solide, afin que les puissances de l’enfer ne puissent la renvereer? Elle est autour des lacs et des marais, c’est-à-dire qu’elle n’aspire point à l’empire et à la domination. Elle réforme et réprime les penchants impurs, et prescrit une vie chaste et pure. Elle élève avec amour un grand nombre d’enfants qui sont l’appui et la consolation de sa vieillesse. Elle n’attaque point les tyrans, mais elle repousse leurs assauts en faisant usage de ses deux puissantes ailes qui sont le ministère de la parole et la prière fervente ; c’est avec ces armes que Sennaeherib, Julien et d’autres tyrans ont été renversés. Remarquons surtout que le cygne meurt enchantant; de même l’Eglise, lorsqu’un de ses membres arrive au dernier nnoment, invoque le fils de Dieu. Le paon est un oiseau qui ne peut souffrir de rival ; s’il vient à voir son image réfléchie dans l’eau, il se noie de son projue mouvement; il a le vêtement d’un ange et la voix d’un diable.

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