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La femme du docteur Luther se plaignant à lui de l'indocilité et de l’infidélité des serviteurs, il dit : « C’est un excellent don de Dieu qu’un serviteur ou une servante fidèle et sincère, mais pareil oiseau est rare sur la terre. Dans tout état, on se plaint de leur méchanceté et de leur paresse ; il faudraitles gouverner à la turque, car c’est ainsi qu’on dompte les hommes, en leur assignant pour chaque jour tant à travailler, tant à manger. Pharaon en agissait ainsi à l’égard des Israélites lorsqu’ils étaient en Egypte. Semblable désobéissance attire la colère de Dieu et les fléaux qu’infligent les Turcs. »
l'KÜPUS bt TAULE DE UAHITK LLTUEK.
Le docteur Luther alla un jour avec sa femme dans un jardin le long d'un étang, et, s'étant mis à pécher, ils prirent différents poissonsqui furent servis sur la table avec beaucoup de joie et de vives actions de grâce.
Le docteur Luther demanda à sa femme si elle ne souhaitait pas être la femme d'un prince^ à cause des plaisirs que procure la grandeur , et il dit ; « Ah ! ma Catherine, les gens de bien ont I)eu de contentement en cette vie, ils sont toujours accablés d'affaires, de tracas, de soucis. Rien ne va comme ils le désireraient. Moi, je suis contentde ma |>osition;je n'aurais aucune tentation, si le diable ne me vexait pas ; s'il s'obstine à ne pas me laisser tranquille , je tiens pour lui un pet en réserve ', il faut qu'il en reçoive beaucoup de moi. »
Les enfants les plus jeunes sont toujours ceux que lesparehts éhêriSseiUlé plus. Mon petit Martin est pour moi un trésot blell dftü* J ééS cnfatlls ont béSoin d’une affection toute particulière de là part de leurs patents et d’une sufvelllance attentive. Jeail çjt Magdeleine peuvent parler, et il n’est pas nécessaire pour eUi d’être l’objet de tant de soins; aussi l’affection descend-elle tout naturellement sur les derniers nés. — Le docteur Luther parla eoàiiilè de resttème douleUr qu'eut Abraham lorsqu’il lUi fut ordonné d'immoler Isaac, son fils unique ; il n’en dit probable^ ment rien à Sara.—- La femme du docteur dit alors : « Je discuterais certainement avec Dieu s'il m’imposait semblable obliga-» lion* et je ne puis erdire que Dieu commande à un père de mettre à mort son enfant. » Le docteur répondit : « Tu crois cependant que Dieu a voulu que son Fils^ qu’il aimait del’atnour le plus extrême, fût crucifié, et, à ne consulter que le sentiment de la raison , Dieu en agit plus doucement avec Pilate et Ga'fphd qu’envers Jésus-Christ , dont il permit le crucilleiucnt.
' lUi crepitim admiito venins.
SUR LES FEMMES ET SUR t.A GI^NÉRATiAN.
KUB LES FEMMES ET STB Li qéKBBATIO»'.
Le docteur Luther voyant sa femme qui allaitait son enfant, parla de la vertu du lait maternel, disant à quel point il nourrissait et fortifiait ; il n'est pas jusqu'aux veaux qui ne se nourrissent de lait plus que de tout antre chose, et les enfants qui teltCBt longtemps sont plus forts et plus robustes. On dit que les petits Suisses courent trouver les vaches pour les téter. Il parla ensuite du sein des femmes, disant que s'il était bien proportionne, c'était l'ornement de ce sexe. Les gros.ses mamelles charnues sont fâcheuses, promettant beaucoup et tenant peu ; celles qui sont nerveuses et petites dans les femmes de taille exigué sont très-abondantes en lait et peuvent nourrir beaucoup d’enfants. — Le docteur dit ensuite qu'une nourrice enceinte est pernicieuse, car le fœtus dans la matrice attire à lui ce qu'il y a de mieux dans le corps. Il prend pour lui le meilleur lait ; il ne laisse au misérable nourrisson extérieur que le sérum.
Les cheveux sont le plus bel ornement des femmes; aussi les vierges allaient-elles les cheveux épars, excepté lorsqu'elles étaient en deuil. C'est une chose fort agréable à voir et d'un aspect séduisant lorsque les femmes laissent pendre leurs cheveux sur leur dos.
Lorsque Ève fut présentée aux yeux d'Adam, il devint plein du Saint-Esprit, et il donna à sa compagne le plus beau, le plus glorieux des noms, il l'appela Eva, c'est-à-dire la mère de tous les vivanLs; il ne lui dit point : Tu es mon épouse, mais : Tu es la mère, dans le sens le plus étendu du mot, la mère de toutes les »
générations humaines. C'est là la gloire et l'ornement le plus inestimable de la femme ; elle est Fons omnium viventium, la source de toute existence. Cette parole est concise, mais ni Démosthène, ni Cicéron n’auraient pu s'exprimer ainsi. C’est le Saint-Esprit lui-mème qui a parlé parla bouche de notre premier
père ; puisqu'il a fait un si noble éloge du mariage, il est équitable que nous dissimulions et cachions ce qu'il y a de fragile et d'imparfait dans la femme.
docteur Luther dit un jour : « Les femmes qui ont les joues roses et les jambes blanches ' sont les plus portées à la piété, mais elles ne font pas bien la cuisine et elles font mal le lit *. » Le docteur Luther raconta qu'étant écolier, il fut reçu à Eisenach à la table d’une veuve charitable, qu’il y entendit citer un distique qu’il plaça depuis comme note marginale an chapitre XXX des Proverbes, dans sa traduction de la Bible.
Il n’est rien de pins digne d'envie sur la terr? que l’amour des dames, lors<]u'on pont l'obtenir
Aristote a le mérite d’avoir fait une observation remarquable, c’est que les hommes naissent avec les pieds plus petits en proportion que tous les animaux, et que, dans la matrice, la tête est plus grande que tout le corps. C’est un grand et Immense miracle que Dieu a fait que la conjonction du mâle et de la femelle ; il a donné à chaque sexe les membres propres à la génération et
• Weissen Beinen.
’ Sle kochen nichi wohi wid beiien Ubel.
’ Citons le texte original, celui des Tisetreden, édition de 1566 ;
« Nichts liebers ist aut Erden,
Dell Frauen Lieb wenn sie mag zu Theil werden. »
Les réformés ont depuis singulièrement altéré ce texte ; ils ont converti l'amour terrestre en amour subordonné aux principes religieux ; ils ont ajouté ;
X Lorsqu’on peut y prétendre en observant la crainte de Dieu.»
U Wenn sie mag in Cottes Kurcht, zu Theil werden. »
Cette pieuse correction nous fait souvenir d'un livre assez rare imprimé iCoslar en 1612 : Johannis liitrineisleri Martialit parodia sacra. Cn mot des plus ord.T et sales, qui dépasse les privilèges accordés au latin, mais que le poète de Dilbilis écrivait hardiment, se transforme i diverses reprises en celui de Chrisias sous la plume de son interprète germain.