‹ Les propos de table de M. LutherChapitre 28 sur 62 · SI’B LES FEMMES ET SUR I.A GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

SI’B LES FEMMES ET SUR I.A GÉNÉRATION

à la niitrilion, et d’une seule petite goutte de semence vient tout le corps humain, chair, sang, os, nerfs, peau, ainsi que l’a dit Job (chap. x, v. tO) : « Ne m’as-tu pas coulé comme du lait et ne m’as-iu pas fait cailler comme un fromage * ?» Dieu agit dans scs œuvres d’une façon qui nous parait étrange; s’il m’avait pris pour son conseiller, je lui aurais donné l’avis de laisser, comme dans l'exemple d’Adam , le genre humain se reproduire en étant façonné avec de la terre, et je lui aurais recommandé de laisser toujours le soleil fixé au-dessus de la terre comme une lampe ; de la sorte nous aurions eu une clarté et une chaleur continuelles.

La génération est une institution merveilleusement instituée en toute créature, m&le et femelle. Personne ne peut s’en rendre raison , ni de la manière dont le fœtus est mis au monde. Nous éprouvons tous dans le mariage qu’il n’est pas en notre pouvoir et à notre choix d’engendrer. Nuis parents ne peuvent prévoir s’ils sont stériles ou s'ils auront un fils ou une fille ; toutes

■ Dans divers écrits de Lutlier, autres que ses Propot de table, nous le voyons parfois, dans la fougue de son emportement conpe le célibat, énoncer des opinions non moins singulières ; il prétendra que le mariage est aussi nécessaire à l'bumme que l’expulsion de l'urine : [Quod si çulsqmm prohibere moliiur, egregie ut est perdurât, suuinque meatum scorlatione adiilicrio xat jtu to icapar.Tti|i«Tuv quserital.... Ordonner de vivre dans la continence, c’est prescrire de retenir les excréments et les évacuations qu'impose la nature : Perinde facere qui continenter vivere instituant, ac si quis excrementa vel lotiura contra naturæ impetum retinere velil. Contra falsa édicta Ccesaris.... Ce serait la plus grande des merveilles de trouver dans une ville cinq filles ayant conservé leur virginité ou cinq garçons ayant vécu chastes jusqu'é leur vingtième année ; enjoindre le célibat est tout aussi raisonnable que décréter que l’on vivra sans boire ni manger. C’était en chaire que Luther avançait ces dernières assertions ; son sermon sur l’épiplianie (de tribus regibus) ne lo cède guère i celui sur le mariage dont nous avons précédemment donné des extraits. Citons les textes : Bene si in aliqua una civitate vel quinque virgines et quinque mares annum vigesmutm casti attigerint ; idque plut essequam tempore apostolorum et martijrtan,... Demum non minus vires naturæ transgredi hominem cælebern quain si nilul oinnino comederet, vel biberet.

:2IS pr.upos de taule de martin i.lthek.

ces choses sc fout sans que nous eu ayons la connaissance ; mes parents ne pensaient pas le moins du monde que je dusse être un docteur. C’est Dieu qui crée tout, et nos regards ne peuvent apercevoir ce qu'il fait. Je crois que dans la vie à venir , nous n'aurons d'autre occupation que celle de contempler le créateur et les créatures.

Jean Vulner, iils de la sreiir du docteur Luther, avait été envoyé pour étudier, cl il écrivit à son oncle une lettre remplie de choses absurdes et sottes. Le docteur la lut, et il dit en souriant : O Ce serait lui donner une peine inutile que de vouloir lui faire IHuirsuivre ses éludes ; il ne fera rien, tant sa tête est faible. Son père était ivre lorsqu’il a engendré. C’est une chose très-pernicieuse que d'engendrer quand on est ivre : il faut alors dormir et ne point toucher aux femmes. Platon avait grandement raison de dire qu'il ne faut recommander le mariage qu'aux gens sobres ; les enfants des ivrognes pâtissent de l’intempérance de leurs parents. » '

On demandas! un enfant venant au moudeà onze mois est légitime, et même si pareille chose j)ent arriver. — Le docteur Luther répondit : « J’ai vu survenir deux fois qu’une femme ait enfanté dans le onzième mois, après le départ de son mari. Des questions difficiles surgissent de là; je ne pense guère que ce soit possible. Mais dans un pareil cas, il est besoin de itcrsuasion et d'autorité, non de jurisprudence. »

Les mamelles sont l’ornement d’une femme, lorscpi'elles ont la proportion convenable. Des mamelles grosses et charnues ne sont pas ce qu’il y a de mieux , elles ne se présentent pas supérieurement ; elles promettent beaucoup et tiennent peu.

SUK LES MALADtES.

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Il manque aux femmes la force et la vigueur du corps et de la raison. On peut endurer le défaut de forces du corps. On doit leur souhaiter le manque de facultés iutellecluelles.

Il n’est aucune robe, il n'est aucun vêtement dont une femme ou une jeune iille ne sache se faire une parure , si elle est entendue.

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Les hommes ont une poitrine large et de |>eiites hanches, aussi ont-ils plus d'entendement que les femmes qui ont la poitrine étroite et les hanches larges , car elles doivent rester assises, se tenir tranquilles et sédentaires dans leur maison, s'occuper du ménage, porter et élever des enfants.

Qui est-ce qui aurait donné à Dieu le conseil de créer l’homme et la femme tels qu'ils sont? Il donne à l’homme une femme ({ui est dans la nécessité d'enfanter avec grande douleur : elle a deux enfants à allaiter; il lui a fallu deux mamelles. Dieu accomplit ainsi toute sa besogne d’une façon très-insensée '. Si j'avais été à même de lui donner un avis, ç'aurait été de laisser le genre humain se perpétuer eu étant façonné avec de la terre.

si;r les maladies.

Les maux de tête et de cœur , dit un jour le docteur Luther , sont les plus douloureux. Les maux de dents et d'oreilles sont également bien durs à supporter; j'aimerais mieux avoir la peste et le mal français. Quand j'étais à Cobourg en 1530 , je ressentais dans les oreilles un bourdonnement tel qu'il me semblait

' àUo machu Gotl in allen seiiien werkeii sekr narriseh.

qu'il en sortait un vent impétueux, et parfois qu'il y coulait comme un grand torrent d’eau.

Lorsque les petits enfants crient beaucoup , ils grandissent et se développent.

Ah ! le diable est si puissant que toutes les maladies et tous les fléaux proviennent de lui. L'Evangile parle de cette pauvre femme que Satan avait liée et qui allait toute courbée et qui , depuis douze ans qu'elle était atteinte d’un flux de sang , avait dé[jcnsé tout son avoir avec les médecins. SaintPierre dit, dans les histoires des apôtres, que tous les malades sont liés par le diable, et si les bons anges ne nous protégeaient , tout tomberait dans un bouleversement général, et il n’y aurait plus ni religion ni gouvernement.

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Autant nous avons de membres dans le corps, autant est-il de maladies auxquelles nous sommes exposés.

Ouapprit au docteur Luther la maladie d'un homme puissant, et il dit : «C’est le fruit de la tristesse; lorsque le cœur s'aGQige, le corps s'affaiblit. Les maladies du cœur, telles que la tristesse et la tentation, sont les véritables maladies. Je suis un véritable Lazare ; la maladie m'a bien éprouvé. »

Le docteur Luther dit qu’étant tombé malade à Snialcade , quatre médecins furent autour de lui , ce qui le vexa fort, car il n'y avait homme au monde qui eût autant de l'épugnance pour les remèdes que lui. Il y avait trois jours qu'il était malade, et les médecins avaient enjointqu'il mangeât fort peu. La maîtresse du logis vint le voir et lui demanda ce qu'il avait envie de mau-

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ger , lui promettant de le lui apporter. Il répondit qu’il prendrait avec plaisir des pois crus et des harengs grillés; elle lui en servit, et il dormit fort bien là-dessus.

Le docteur Luther raconta le trait d’un gentilhomme qui était malade et qui ne pouvait ni boire, ni manger, ni dormir. Il lui prit envie de demander d’un vin rouge qu’il goûtait fort. On lui remplit un verre qu’il but ; il le fit remplir encore, et il dit ; « Toutes bonnes choses doivent être au nombre de trois », et il but un troisième verre. Il s’endormit ensuite. Le médecin lui avait défendu de boire du vin, et lorsqu'il vint le lendemain et qu'il eut examiné l’urine du malade, il dit « : Si vous continuez de suivre mes ordonnances avec la même exactitude, vous serez bientôt entièrement remis. »

Quelqu'un se plaignait un jour au docteur Luther d’avoir là gale et de ne pouvoir, ni le jour ni la nuit , trouver un moment de repos et de contentement. Le docteur lui répondit : « Si je pouvais conclure un échange avec vous , vous céder mes tournements de tète et mes vertiges et prendre votre gale , je vous donnerais dix florins de retour. Vous ne savez pas ce que c’est que d’avoir ces vertiges de cerveau. Je ne puis écrire une lettre sans être forcé de m’interrompre ; je ne peux lire deux ou trois lignes dans le Psautier , penser avec application à quelque chose, fixer ma vue sur un objet, sans ressentir de grands bourdonnements dans les oreilles , et je suis contraint de me laisser tomber sur un siège. Mais la gale est une chose utile, car elle purifie le corps, quoiqu’elle soit fort incommode, et le traitement qu’elle exige nous fait beaucoup suer, beaucoup aller à la selle , ce qui expulse toutes les humeurs corrompues ; aussi ne serais-je pas fikché d’avoir la gale , afin que mon corps se trouvât plus sain. »

m PROPOS DE TABLE DE MARTIN LUTHER.

Le üocleur Luther, souffrant de la pierre et d’un rbuinatisnie aux genoux, dit ; «Satan me imursuit cl me tourmente en m’infligeant non une seule maladie , mais plusieurs ; il m’eu veut beaucoup. Mais gloire soit rendue à Dieu qui nous a délivrés de lu puissance du diable et qui nous a appelés parmi ses enfants! Nous étions jadis sous le joug du diable ; Jésus-Christ nous en a affranchis. »

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Le l!) novembre 1538 , le soleil et la lune se trouvèrent eu grande conjonction, l’air devint très-humide et s’infecta de sorte qu’il s’ensuivit de grandes maladies , au point qu’à Magdebourg 350 personnes périrent dans une semaine. Et le docteur Luther dit ; « Je reconnais là la main de Dieu qui nous flagelle. C’est ainsi que saint Paul a dit : « Si je viens encore une fois, je n’cpargnerai personne. » Les péchés qui se multiplieut tellement autour de nous et notre ingratitude ont dû en effet exciter au plus haut degré le courroux du Seigneur. »

Les enfants étant malades de la variole et la tille d’Antoine Lauterbach étant au lit et en danger, le docteur Luther dit : «Qu’il y a de sanie et dimmondice dans le corps bnniain! Ah! que ce sera beau dans la vie éternelle, lorsque nos corps seront délivrés de toute infirmité ! Le landgrave était jadis d’une grande beauté ; les traces de la variole l’ont tout à fait détiguré. Il faut faire grande attention à cette maladie ; elle arrive par la faute des parents, lorsqu’ils n’ont pas égard à l’époque et à l’état de leur santé lorsqu’ils se rapprochent ; car le père et la mère doivent jouir d’une complète santé corporelle. »

Le docteur Luther souffrant de la pierre, dit ; « La pierre est une maladie propre aux Allemands, comme la goutte aux Anglais. Oh! que de maux divers sévissent contre notre pauvre corps! Le spasme parait un mal fort léger; je le regarde comme

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