LE DUBLE, LES SORCIEBS, LES INCUBES, ETC. SS
ainsi que ta femme et tes enfants, et dis : « Retire-toi , Satan ; ce n’est pas toi qui es le maître dans cette maison ; c'est mol. »
Le diable ne peut être que notre ennemi, car nous combattons contre lui avec la parole de Dieu ; nqjis jetons le trouble dans son empire, etc. Il est le maître et le dieu du monde, et il a un pouvoir supérieur à celui de tous les rois, princes et seigneurs de la terre; aussi veut-il se venger de nous, ce qu’il tente sans relâche et ce que nous voyons et sentons.
Nous avons contre le diable un grand avantage ; car, quelque méchant, puissant et rusé qu’il soit, il ne peut nous nuire, puisque ce n’est pas contre lui que nous avons péché, mais contre Dieu seul, ainsi que ie dit David ( psaume 51, v. 6) : « J’ai péché contre toi seul. » Dieu est plein de bonté , de miséricorde et de douceur pour ceux qui sont Gdèies à Jésus-Christ, car il leur a donné le salut.
Quelqu’un dit un jour : « Maître N... a dit en chaire que le diable Tte connaissait pas les pensées des hommes» ; le docteur Luther répondit : « Je ne pense pas qu'il ait pu s’exprimer ainsi, car l’Ecriture montre clairement que ie diable inspire aux hommes de mauvaises pensées et qu'il suggère les projets des méchants. Il est écrit dans l'Evangile de saint Jean que le diable entra dans le cœur de -Judas et lui inspira la volonté de trahir Notre-Seigneur. Et ce fut à son instigation que Caïn non-seulement conçut une haine violente contre Abel , mais encore qu’il le tua. Mais Satan ne connaît pas les pensées des justes ; il ne pouvait savoir ce que Jésus-Christ pensait en son cœur, et il ne peut savoir non plus ce qui se passe dans le cœur des fidèles où habite Jésus- Christ. C’est un esprit puissant déchu, car Jésus-Christ l’appelle le prince du monde (saint Jean, ch. xiv, v. 30); il décoche jusque dans le cœur des justes des flèches ardentes, c’est-à-dire de mauvaises pensées, des sentiments de désespoir, de haine
contre Dieu, de colère, etc. Saint Paul a bien ressenti ses assauts
et il s’en plaint amèrement. »
Il est très-certain que quant aux hommes qui se sont pendus ou se sont donné la^mort de quelque autre façon, c’est le diable qui a pris la corde et qui l’a mise à leur cou ou à leurs mains ; divers exemples le prouvent. Un nommé Muschanz fut ainsi tenté jusqu’au désespoir, et , allant à cheval dans la campagne, il se pendit ù un licou de dessus son cheval, ses pieds touchant la terre. Un jeune homme do Goldbcrg, un étudiant, fut trouvé dans sa chambre pendu à une poutre bien peu forte ; il s’y était attaché, se tenant delioutsur la terre. — Un homme avait coutume, toutes les fois qu’il tombait, de dire : « Voilà qui s’est fait au nom du diable. » On lui conseilla de renoncer à cette mauvaise habitude, de peur que le diable, ainsi appelé, ne vint. II promit de le faire et d'employer d’autres expressions ; mais un jour, ayant fait une chute, il invoqua, selon sa coutume, le nom du diable, et il fut tué sur-le-champ , étant tombé sur un morceau de bois qui le perça.
Un ministre écrivit à maître Georges Rorer, à Wittemberg , pour lui dire qu’une femme étant morte dans un village étayant été enterrée , elle s’était dévorée elle-même dans son tombeau , et que tous les hooiiqesqui habitaient eu village étaient morts' ;
* C’est une histoire de vampires. H est rare d’en trouver ailleurs que dans les prorioces qui arrosent le bas panube ; U, ils se sont multipliés outre mesure. En 1725 notamment, la Servie se plaignit d’en être infestée, et la question de l’existence de ces hideux fantômes donna lieu à grand nombre d'écrits publiés en Allemagne; maints érudits de Francfort, de Vienne, de Leipzig, de Nuremberg, prirent part â une vive controverse qui s'éleva à ce sujet. On trouvera de fort curieuses particularités dans le recueil de p. C. Honl, Zauber-liibliothek (Mayence, i 82 l,in- 8 o), 1. 1, p. 25t-278; t. V, p. 381-394. Voici l’indication de quelques écrits spéciaux bons â consulter à l’égard des vampires ;
Difuertatio physica de cadaveribus sanguitugU ; dente, 1732.
I. U. ZopBf, Ditserlalio de Vatnpiris Serviensibu* ; llallœ, 1733.
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il le priait en m(me temps de demander au docteur Luther sou opinion à cet égard. Le docteur Luther dit : « C’est l’effet de la malice et de l’imposture du diable ; s’ils n'avaient pas cru et n’avaient pas été effrayés, ils n’auraient eu aucun mal. Leur mort a été la suite de leur su|>erstition. On n’aurait pas dû tellement se presser d’enterrer ces gens ; il fallait dire : a Tiens,' diable, mange, voilà de la viande |>our toi ; tu ne nous tromperas plus. » — Et le docteur Luther ajouta : « Avant peu , le diable sera redouté , honoré et adoré comme Dieu. Il faut écrire à ce ministre de se tenir pour convaincu que tout cela est l’ouvrage de Satan. Qu’ils aillent tous ensemble à l’église et qu’ils prient Dieu de leur pardonner leurs péchés au nom de Jésus-Christ et de terrasser le diable. »
Le docteur Luther dit qu’il tenait de l’électeur de Saxe , Jean Frédéric, qu'une puissante famille d’Allemagne avait le diable pour ancêtre , ayant été engendrée par un succube '. Voici ce qui était également arrivé ailleurs : « Un gentilhomme avait une femme Jeune et belle qui mourut et qu’il fit ensevelir. Peu de temps après, ce gentiihomine et un de scs valets étant couchés dans la même chambre , la femme qui était morte vient dans la nuit et se penche sur le lit du gentilhomme comme si elle s’entretenait avec lui. Le valet ayant vu semblable chose arriver deux fois , demanda à sou maître s'il savait que toutes les nuits
J. M. Ranlff, Dissert. I et II de Vampiris et de masticatione mortHorum in tumulis; Lipsix, 1739.
J. C. l’ohl, Dissert. de komlnibus poit mortem stmguisugis ; Lipsiæ, 1743.