K L.A FOI, DU ROYAUME DE DIEU, ETC
Puisque Dieu savait que l’homme ne persévérerait pas dans son étal d’innocence, pourquoi l’a-t-il créé ? — Le docteur Luther
DE I.A FOI, mi nOYAUME DE DIEi:, ETC.
réi)ondll en rianl ; « Le Seigneur, puissanl el magnifique, savait bien qu’il lui fallait clans sa maison efes lalrines el des (‘gouls; il sait bien ce qu’il fait. Abstenons-nous de ces pensc'es et questions abstraites; considérons la volonté de Dieu telle cpi’il nous l’a rc'vélée. Il y a bien des gens qui, ayant entendu el compris la parole de Dieu, voudraient qu’elle ne filt pas venue à leurs oreilles; mais le serviteur qui connaît la volonté de sou maître, et qui ne l’accomplit pas, sera puni plus rigoureusement. En toute parole et en toute action, Satan est l’opposé de Dieu. Ainsi, tout impie est très-assurément possédé de Satan, quoique; ce ne soit pas toujours cor|>orellement. »
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Le docteur Heiming demanda au docteur Luther si la raison n’a point d’autorité partui les chrétiens, puisqu’elle doit être écartée dans les choses de la foi. Le docteur répondit : « Avant la foj et la connaissance de Dieu, la raison n'est que ténèbres; mais pour ceux (;ui croient, c'est un excellent instrument ; et toutes les facultés et tous les dons sont pernicieux chez les impies, mais salutaires chez les gens pieux, la raison, l’éloquence, la |kirole. La raison doit être illuminée par la foi et vivifiée par l’esprit, alors elle est régénérée. C'est ainsi que ma langue est tout autre que ce qu’elle était, quand j’étais dans les erreurs du papisme. La raison est sujette à la vanité, mais la foi sépare la vanité de la substance, comme David a fait usage de sop arc, de son glaive et de ses armes, disant : « Je ne mettrai pas ma confiance en mon arc; » cependant il ne le jeta pas. De même, les gens pieux savent que leur femme, leurs enfants, leur or ne servent nullement à acquérir la vie éternelle ; cependant ils n’y renoncent point, mais ils séparent la substance de la vanité. L’or reste de" l’or an cou d'une p— n. Le corps d’une p — n est l’(cuvre (laDicu tout comme celui d’une femme vertueuse.
De tous les dons accordés à l’homme, il n’en est pas de plus grands que celui de la parole ; c’est ce qui le met au-dessus de
tous les autres animaux ; il en est qui nous surpassent sous le rapport de la vue, de l’ouïo’, de l’odorat; mais la faculté de parler leur manque. Les filles parlent et marchent plus promptement que les garçons. L’ivraie croit plus vite que le bon grain. A quatorze ans, une fille est nubile, tandis que l’homme est encore trop jeune pour le mariage. La misère est grande dans la vie humaine, et ce que nous devons le plus souhaiter, c’est d’avoir une heureuse nuit et de dire adieu au monde. Toute la vie n’est que folie. Enfants, nous avons tous les défauts de l’enfance; dans la jeunesse, l’amour nous fait succomber; vieux, nous devenons pires, nous sommes avares, adorateurs de Mammon.
l.a foi est la dialectique, car ce n’est autre chose que la sagesse et la prudence. L’espérance est la rhétorique, car ce n’est autre chose qu’une élévation de l’esprit. De môme que la prudence, sans le courage, est vaine, la foi n’est rien sans l’espérance, parce que l’espérance supporte les maux et elle en triomphe, tout comme le courage, sans la prudence, n’est que témérité. L’espoir sans la foi est la présomption dans l’esprit. La foi est donc la clef de l’Ecriture sainte, et la vraie cabale qui est reçue des mains de la tradition, tout comme les prophètes laissèrent leur doctrine à leurs disciples. On dit que saint Pierre versait des larmes toutes les fois qu’il lui revenait dans la mémoire avec quelle douceur Jésus-Christ enseignait. C’est l’espérance qui accomplit toutes choses dans le monde. Nul cultivateur ne sèmerait un grain de blé, s’il n’avait pas' l’espoir de la récolte ; nul jeune homme ne se marierait sans l’espoir d’avoir des enfants ; nul marchand ou ouvrier ne se livrerait au travail, s’il n’espérait pas un profit ou un salaire ; l’espérance nous encourage bien plus à mériter la vie éternelle.
L’empire du Christ est un empire de grâce, de miséricorde et de toute consolation, ainsi que le décrit le psaume cxvii, v. 2 : « Sa gratuité est très-grande sur nous, et la vérité de l’Éternel