DE LA FOI, DU ROYAUME DE DIEU, ETC
(lemenre à toujours. » Le royaume de l’antechrist, c'est-à-dire du pape, est un royaume de mensonge et de corruption, ainsi que l’a dit David (psaum. x, v. 7). Sa bouche est pleine de malédictions, de tromperies et de fraudes; il n’y a sous sa langue que tourments et qu’outrages. Le royaume de Mahomet est un royaume de vengeance, de courroux et de dévastation.
Les faibles dans la foi appartiennent aussi an royaume de Jésus-Christ, autrement le Seigneur n’aurait pas dit à saint Pierre : « Fortifie tes frères.» Il est dit aussi dans l’EpUre aux Romains (xiv, 1) : « Recevez celui qui est faible dans la foi », et dans la première aux Thessaloniciens (v. li) : « Nous vous prions de consoler ceux qui ont l’esprit abattu, et de soulager les faibles. » Si les faibles dans la foi n’appartenaient pas à Jésus-Christ, que seraient devenus les apôtres que le Seigneur a souvent gourmandés pour leur incrédulité, même après sa résurrection ?
Nous devons nous réjouir sans réserve eû Jésus-Christ, comme saint Paul nous y exhorte, nous recommandant d’ètre pleins de joie et d’allégresse, et de ne pas nous laisser aller à rabattement ctà la maladie. Mais le malin esprit met tous les obstacles qu'il peut à cette joie ; il tourne sans relâche autour de nous, nous vexe et nous tourmente, nous attaque de ses flèches de feu, déchaîne contre nous de méchantes gueules pleines de venin. J’ai souvent beaucoup à en souffrir.
Tant que Jupiter, Saturne, Apollon, Mars, Diane, Junon, Vénus, etc., gouvernaient, c’est-à-dire, étaient adorés paroles païens comme des dieux (les Juifs avaient aussi adopté souvent des idoles étrangères), Jésus-Christ, d’abord, et les apôtres ensuite, durent employer les miracles et les signes visibles pour amener les infidèles à la véritable doctrine et pour détruire le culte des idoles. C’est pour que ces signes durassent jusqu’à ce que la
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doctrine de l’Évangile fût affermie et consolidée, que le baptême et l'eucharistie furent institués.
Les miracles spirituels, ceux que Jésus-Christ regarde comme les vrais miracles, durent encore, et s’effectueront jusqu’à la fin du monde. Il y a tous les jours des personnes qui croient en Jésus le crucifié, et qui sont prêtes à sacrifier la vie ettoutce qu’elles possèdent plutôt que de déserter sa parole. Elles sont les émules du centurion, qui était païen, mais dont notre Seigneur a loué la foi, et de la Chananéenne à laquelle il a dit ; « Femme, ta foi est grande. »
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La plus grande punition que Dieu nous inflige dans son courroux, c'est lorsqu’il nous retire sa parole, ou qu’il ne nous parle plus, et qu'il laisse les gens s’égarer. C'est ainsi qu’il en a usé pour les Grecs, les abandonnant à Mahomet et aux Turcs; et nous, iinousavait livrés aux Italiens, au pape, et aux plus honteux excès.
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Le docteur Luther, voyant un jour des animaux paître dans une prairie, dit : « Je regarde ces bêtes comme des prédicateurs chargés de nous annoncer d'avoir confiance en Dieu, qui nous nourrit et qui nous traite comme ses enfants; ne nous apportentelles pas du lait, du beurre, du fromage, de la laine? »
Personne ne peut faire le compte de ce que la Providence divine distribue, même aux animaux qui nous semblent les moins utiles. Je suis sûr que la nourriture des moineaux, durant une seule année, excède, sous le rapport de la valeur, la totalité des revenus du roi de France.
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Dieu exerce tous les métiers avec une habileté consommée ; comme tailleur, il prépare pour un cerf un habit dont il le revêt, et qui peut lui durer neuf cents ans sans avoir besoin d’être renouvelé. Comme cordonnier, il lui donne d’excellents souliers.
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en munissant ses pattes de sabots qui résistent à toutes les fatigues. Dieu se montre aassi comme cuisinier; il cuit et apprête toutes sortes de plats au feu qu’il a allumé, c’est-à-dire au soleil.
Que tout ce qui respire loue le Seigneur, dit le psaume cl ; d'où il suit que Dieu doit être loué et honoré dans tous les idiomes. Pourquoi donc l’empereur a-t-il défendu de prier et de chanter en allemand?
A coup sûr. Dieu a bien plus de bonté et d’attachement pour moi que ma Catherine n’en a pour son petit Martin. Ni ma Catherine ni moi ne voudrions arraclier un œil à notre enfant, ou lui couper la tête ; Dieu bien moins encore. Il voit d’un cœur tendre et affectionné ceux qui lui sont fidèles, ainsi qu’un père et une mère considèrent leurs enfants, comme Dieu lui-même l'a dit par la bouche du prophète Isaïe (chap. xlix, v. 15) : « La femme peut-elle oublier son enfant qu’elle allaite? Mais quand même elle l’aurait oublié, encore ne t’oublierai-je pas. » Mais Dieu montre de la patience et de la clémence à notre égard. Il a voulu que sou fils se revêtit de notre chair, et s'incarnât afin de nous sauver.
Lorsque Je pense à la miséricorde divine. Je suis effrayé de voir Jusqu’à quel point Dieu l’a portée.
Lorsque Jésus-Christ dit un mot, il ouvre la bouche d’une telle grandeur qu’il embrasse le ciel et la terre, même lorsqu’il ne parle que du bout des lèvres. La parole de l’empereur a de la puissance, mais celle de Jésus-Christ gouverne l’univers entier.
Jésus-Christ est venu une fois sur la terre ; il s’est manifesté par des signes et des miracles visibles, et il doit apparaître une
seconde fois. Je ne demande pas qu’il m’envoie un ange. Et lors même qu'un ange viendrait vers moi et se montrerait à mes yeux sous une forme corporelle, je ne croirais point en lui. Je ne veux m'attacher qu’à la parole de Dieu, telle qu'il me l’a révélée par ses ai>ôtres et ses prophètes, et je ne veux écouter ni entendre aucune autre voix. Le docteur Luther ajouta : « Il y a maintenant bien plus de chrétiens qu'il n’y en avait du temps de saint Paul ; mais y a-t-il plus de justes et de fidèles observateurs de la parole de Dieu? Ah ! je crains bien qu’au moment où viendra la fin du monde, elle ne trouve la terre aussi corrompue que lorsque survint le déluge, lorsqu’il n’y eut que huit personnes sauvées dans l’arche. »
Le dia ble prétend être le prince et le Dieu du monde ; il est donc l’ennemi juré, implacable de Jésus-Christ, de sa parole et de ceux qui la suivent avec sincérité et sans corruption. Il est impossible que Jésus-Christ et le diable restent ensemble dans le même lit; l’un doit étouffer l’autre. De môme, nous autres, luthériens et papistes, nous ne pouvons demeurer ensemble sous le même toit; nous ne pouvons nous souffrir mutuellement; il faut qu’une des parties succombe. Les Juifs et les apôtres habitèrent quelque temps sous le même toit; mais les Juifs finirent par plier bagage.
Tout ce qu’il y a dans le monde, hors de Jésus-Christ, quelque élevé et pompeux que cela soit, quelque angélique que cela paraisse, qu’on l’appelle sainteté, vertu, honneur, mérite, ce n’est qu’un masque imposteur sous lequel se cachent la plus extrême maliceetlediable lui-même. Cen’estpas qu’il ne soit biend’ètre savant, sage, vertueux ; mais si l’on ne rapporte pas à Dieu toutes ces qualités et tous ces dons, le diable en profite pour abriter dessous les péchés les plus honteux.
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