‹ Les propos de table de M. LutherChapitre 44 sur 62 · DE LA FOI, DU ROYAUME DE DIEU, ETC · texte numérisé non relu

DE LA FOI, DU ROYAUME DE DIEU, ETC

En 1546, le docteur Luther étant à Eissleben, dit que jusqu’à sa quarantième année un homme était presque comme un enfant, et il cita ce proverbe qui est d’une grande vérité: « Celui qui, à vingt ans, n’a pas de beauté, à trente ans, pas de force, à quarante ans, pas de prudence, et à cinquante ans, pas de sagesse, peut bien renoncer à connaître le bonheur. »

La grâce de Dieu est si grande qu’elle ne peut être embrassée, ni saisie sans combat, sans tribulations et sanà épreuves, ainsi que saint Paul en a offert un exemple, lorsqu’il dit qu’un ange de Satan lui donne des soufflets ; il en est de même de tous les justes.

Tous les hommes sont les esclaves du péché ; il est le plus cruel et le plus barbare tyran qui puisse sévir contre la race humaine et comprimer les efforts de toutes les créatures. Ceux de tous les anges, pour briser son joug, auraient été sans résultat, sans l’intercession de Jésus-Christ, qui s’est offert en sacrifice pour nous en délivrer. C’est ce qu’exprime, avec beaucoup d’énergie, ce passage de saint Paul {Épttre aux Gâtâtes, ch. i, v. i) : « Jésus-Christ s’est donné lui-même pour nos péchés. »

On demanda un jour au docteur Luther d’où venait le péché, et quelle en était la source. 11 répondit : « La sainte Ecriture nous montre qu’il vient du diable , qui séduisit nos premiers parents, et qui les fit renoncer à l’obéissance qu’ils devaient à Dieu. Leur péché a non-seulement affaibli nos corps, et nous a rendus sujets à la mort, il a encore complètement corrompu et infecté la volonté, le cœur et la raison. L’homme a perdu la véritable connaissance de Dieu, et son libre arbitre est devenu tellement dépravé, qu’il ne s’attache qu’à ce qui est mauvais, c’està-dire, à ce qui est contre la parole divine. »

270 MtOPOS DE TABLE DE HAHTiN LUTHER.

Les )>échés qui concernent le prochain sont supportables; mais (k‘ux qui attaquent la miséricorde de Dieu sont sans excuse. Il n'en est pas de plus grand ni dont il sera tiré plus sévère vengeance que de persécuter les pauvres chrétiens.

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La nature humaine est tellement corrompue, qu'elle n’a plus aucun désir de la vie éternelle et des biens célestes. De même, nn petit enfant, lorsqu'il vient d'arriver au monde, n'a aucune curiosité de savoir ce qui se passe sur la terre, et on lui offrirait toutes les richesses, toutes les grandeurs, tous les plaisirs imaginables, qu’il ne s’en soucierait nullement ; il ne voudrait que le sein de sa mère. Nous agissons pareillement , nous autres hommes charnels; la prédication de l’Evangile nous offre de magnifiques trésors qui nous serviraient à gagner le royaume de Jésus-Christ ; nous en faisons fi, et nous ne pensons qu'à satisfaire notre goût pour les choses terrestres et passagères.

Le docteur Luther disait souvent : « J'ai trois mauvais chiens : l’orgueil, l’ingratitude et l’envie. Celui qui est mordu de ces chiens l’est bien cruellement. »

Je voudrais bien savoir ce qu’est l’àme humaine : le corps, lorsqu’elle ne l’anime plus, est comme une pierre. 11 y a là des choses que je ne puis comprendre.

Un mensonge est comme une boule de neige ; plus il roule de çà et de là, plus il devient gros.

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