DES LÉGENDES
L’écorce de cannelle a la propriété de purger et de purilier les yeux ; elle sert contre la morsure des vipères et celle des serpents. C’est l’image de l’Evangile, qui dissipe les ténèbres et qui ramène la lumière, et qui est aussi un excellent remède contre les morsures du ver empoisonné, c’est-à-dire du diable et de ses sectateurs.
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En 1540, le docteur Luther donna un souper auquel il invita les principaux membres de l’Université, et maître Eissleben fut du nombre des conviés. Après que l’on eut mangé, comme chacun se livrait à l’allégresse, le docteur Luther ût apporter un grand verre, sur la surface duquel étaient tracés des cercles successifs, et il y but à la santé de scs convives. Chacun lui rendit raison, et lorsque vint le tour d’Eissleben, il fit passer le verre au docteur Luther, et il dit : « Docteur, prenez que ce verre de vin représente, jusqu’au premier cercle, les préceptes du Décalogue, jusqu’ausecond, la foi, jusqu'au troisième, l’Oraison donii- ^nicale, et jusqu’au dernier, le catéchisme. » Le docteur Luther vida le verre, et, l’ayant derechef fait remplir, il le renvoya à maître Eissleben. Celui-ci voulut boire, mais cela lui fut impossible, et après avoir bu jusqu’au premier cercle, il le posa, et il parut confus. Alors le docteur Luther dit: « Je savais bien que maître Eissleben pouvait avaler les dix commandements; mais ([uant à la foi, à l’Oraison dominicale et au catéchisme, il y renonce volontiers.
J’ai cru à tout ce que disaient le pape et les moines, et maintenant j’ai peine à croire à ce que dit Jésus-Christ lui-mème, qui ne saurait mentir. C’est une chose bien désolante, et contre laquelle il nous faut lutter jusqu’à notre dernier moment.
DBS LÉGENDES.
Sainte Elisabeth est née l’an 1207, lorsque l’empereur Olhon et Philippe se disputaient la couronne impériale. Elle n’a pas
vécu au delà de vingt-quatre ans. Cinq ans après sa mort, elle a été canonisée et inscrite au rang des saints par le pape Grégoire IX. Beaucoup de gens qui l'avaient connue et qui avaient vécu de son temps, l’invoquaient. — Lorsque le docteur Luther lut cette légende et d’autres, il soupira et il dit : « Hélas ! nous avons renversé les évêques et nous avons été assez négligents pour laisser subsister dans l’Église semblables erreurs. Mais, lorsque la Bible',est mise en oubli, pareilles choses s’enseignent, et c’est un indice frappant de la colère de Dieu. »
Ou demanda au docteur Luther quelles étaient les légendes canoniques, c’est-à-dire sincères, et ((uelles étaient les apocryphes, et il dit : « Il en est fort peu d’authentiques ; celles des martyrs sont les moins corrompues; ils ont appuyé ce qu’ils disaient du témoignage de leur sang. L’histoire des ermites qui vivaient dans la solitude est remplie de miracles étranges et d’actions folles. J’ai une considération toute particulière pour les saints dont la vie n’olfre aucune circonstance extraordinaire, dont l’existence parait avoir été la même que celle habituelle aux hommes, et qui n’ont nullement cherché à se faire remarquer. >
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Ou raconte de sainte Anne qu’elle eut trois maris, et de chacun d’eux une fille nommée Marie. De Joachim, Marie, la mère de notre Seigneur Jésus-Christ ; de Salomé et de Cléophas, les deux autres Marie L On dit aussi que saint Jean l’évangéliste
' Voir le singulier ouvrage de Jean VencUe (mort en 1369) : La vie des trois Maries, écrite d’abord en vers, mise en prose par J. Drouin, et réimprimée plusieurs fols au commencement du seizième siècie. Lacurne de Sainte -Palaye {Mém. de l’Acad. di s Inscript., éo, t. XIII , p. 520-&33; 8», t. XX, P.267-38T) etGougcl [Bibl. franç., t. IX, p. H6-i55),ont donné des extraits de l’ouvrage en ryme resté manuscrit ; quant i la rédaction eu prose, il en est question dans les JfémoiVes de d’Artigny,t. VI, p. 237- 291, et dans les Mélanges d’une grande bibliothèque , t. E).