LE DIAN.E, LES SORCIERS, LES INCUBES, ETC
gneur Jésus-Christ joue le rôle de créateur, car nous lui donnons le nom de père de tous les hommes.
Tout ce que Dieu fait, il le fait dans le but de la vie, comme dit le prophète Jérémie. Mais le diable s’appelle le père de la mort ; car, que fait-il sinon éloigner les hommes de la vraie et pure religion, causer des séditions, des pestes et autres fléaux?
IQC
Lorsque je n'étais encore qu’un jeune garçon , quelqu’un me raconta cette histoire : « Satan avait en vain mis toutes ses ruses en jeu pour séparerdeux époux qui vivaient ensemble dans une grande union , et qui s’aimaient cordialement; alors il vint auprès d’eux sous la figure d’une vieille femme et il cacha un rasoir sous leur oreiller; il parla ensuite à chacun en particulier, lui disant que l’autre avait formé le projet de le tuer, et alléguant pour preuve que l’on trouverait un rasoir sous le traversin. Le mari le trouva le premier, et dans sa colère il coupa la gorge à sa femme. » On voit ainsi combien le diable est puissant dans sa malice.
Le docteur Luther raconta l’histoire suivante : « Un lansquenet avait déposé de l’argent dans les mains d’un homme chez lequel il logeait, dans le Brandebourg. L’hôte, quand le lansquenet lui redemanda cet argent, prétendit n'avoir rien reçu. Le lansquenet, irrité, se jeta sur lui et le maltraita ; mais le fripon le fit arrêter par le.s magistrats et l'accusa d’avoir violé la paix domestique. Or, tandis que le lansquenet était en prison , le diable vint le trouver et lui dit : « Tu seras demain condamné et exécuté; mais je puis te délivrer, pourvu que tu veuilles me vendre ton corps et ton âme. » Le lansquenet s’y refusa, et le diable lui dit : « Si tu ne veux pas m’écouter, écoute du moin.« le conseil que je te donne. Demain , lorsque tu seras en présence des juges , je me tiendrai auprès de loi , la tète couverte
d'un bonnet bleu avec une plume blanche. Dis alors aux juges qu’ils me laissent plaider pour toi , et je te tirerai d’affaire. » Le lansquenet dit au diable qu’il suivrait son conseil ; et comme l’hôte continuait de nier, l’avocat au bonnet bleu lui dit : « Mon ami, comment as-tu l’audace de te parjurer ainsi ? l’argent que tu prétends ne pas avoir reçu est caché sous le traversin de ton lit. Si les juges y envoient, ils verront que j’ai dit la vérité. » L’hôte entendant cela , s’écria en jurant : « Si j’ai reçu l’argent, je veux que le diable m’emporte aussitôt. » Mais les gens envoyés chez lui trouvèrent l’argent à l’endroit désigné, et ils l’apportèrent devant le tribunal. Alofs Thomme au bonnet bleu sc mit t rire et il dit : « Je savais bien que j’aurais le lansquenet ou l’aubergiste, un des deux devait me revenir. » Et il tordit le cou à l’homme qui s’était parjuré et l’emporta à travers les airs. » Il faut bien se garder de jurer de par le diable, comme font beaucoup de gens ; ce coquin-là n’est pas loin de nous ; pour qu’il soit préi^ent, point n’est besoin de peindre son image sur les murailles.
Une servante avait eu , durant plusieurs années , un esprit familier et invisible qui s’asseyait près d’elle au foyer, où elle lui avait fait une petite place , et ils conversaient ensemble familièrement durant les longues soirées de l’hiver. Un jour elle demanda à Ueinzchen (c’est ainsi qu’elle nommait l’esprit) de se laisser voir sous sa forme véritable. Heinzchen refusa d’alwrd de le faire ; enfin , après de longues instances, il y consentit, et il dit à la servante de descendre à la cave, où il se montrcmit à elle. La servante prit un flambeau et descendit à la cave, et là , dans un tonneau ouvert, elle vit un enfant mort qui flottait au milieu de son sang, et plusieurs années auparavant, elle était en secret accouchée d’un enfant qu’elle avait égorgé et qu’elle avait caché dans un tonneau '.
' Heinzchen rappelle, à certains égards, et sauf l’horreur du dénoûment, la charmante nouvelle de Ch. Nodier ; Trilby ou le Liiiin d’Argail. La croyance en ces esprits follets, serviables et espiègles, a fait le tour du monde; elle se retrouve partout.