LE DIABLE, LES SORCIERS, LES INCUBES, ETC
On raconta un jour que des gentilshommes allant de compagnie à cheval , l'un d'eux s'était écrié en piquant sa monture : U Au diable le dernier! » Il avait deux chevaux et il en l&cha un, celui-ci resta en arrière et le diable l'emporta dans les airs. Le docteur Luther dit : « N'appelons pas Satan à notre table , il vient sans être invité ; tout est plein de diables autour de nous ; nous veillons et prions continuellement, et cependant nous avons bien affaire avec lui. »
Le docteur Luther trouva une chenille, et 11 dit : « Voilà bien la manière de marcher ou de ramper du diable; cette bête présente des couleurs variées comme si elle portait la livrée de Satan ; elle voit et marche comme lui. »
Cerbère en grec , Scorphur en hébreu , signifie le chien infernal à trois gueules •, Ce sont le péché, le jugement et la mort.
Job a décrit dans deux chapitres ( le xl« et le xli« ), le Behemoth ou haleine devant laquelle nul n’est en sôreté. Que feras-tu du l.eviathar>? dit-il ; penses- tu qu’il tombera à tes pieds et te suppliera? — Ce sont des ligures, des images qui dé.signent le diable. »
Le diable couche beaucoup plus souvent avec moi que Ketha Il m’a causé plus de tourments qu’elle ne m’a donné de joies.
Le docteur Luther raconta ceci : « Un jeune homme impie et corrompu buvait et faisait bombance dans un cabaret avec qucl-
' Syncsius, évêque de Ptolémaïs, qui Horissait au commencement du cinquième siècle, place encore, dans son hymne IX, le chien à la garde de l’enfer chrétien.
’ Ketha, c’est-à-dire, Catherine Rorra, la femme de Luther.
ques-uns de ses compagnons. Lorsqu’il n'eut plus d’argent il dit : « Si quelqu’un voulait m’en donner, je lui vendrais bien volontiers mon àme. » il vint alors un autre voyageur qui se mit à table avec eux et qui dit au jeune homme : « Etes-vous disposé , comme vous le disiez tout à l’heure , à vendre votre âme ? » — Lejeune homme répliqua que oui, et l’inconnu paya pour lui à boire durant toute la journée. Le soir, le jeune homme étant ivre , le voyageur dit à ceux qui se trouvaient là : « Mes amis , lorsqu’on achète un cheval , est-ce que la selle et la bride ne font pas partie du marché ? » Les assistants furent d’abord fort ef— * frayés , et ils n’osaient pas répondre ; mais l’inconnu les interrogeant de nouveau , ils répondirent : « Oui , la selle et la bride appartiennent à l'acheteur. » Aussitôt le diable (car c’était lui) emporia le jeune homme à travers le plancher, et jamais l'on n'a eu depuis nulle nouvelle de ce malheureux.
Le docteur l.ulher parla beaucoup de la sorcellerie et des fascinations ; il dit que sa mère avait eu beaucoup à souffrir d'une de ses voisines qui était sorcière , et pour laquelle elle était forcée de montrer beaucoup d’égards et d'attentions , car cette sorcière jetait un sort sur les enfants , et ils criaient jusqu’à ce qu'ils fussent morts. Un prédicateur l’ayant punie un jour, elle fit un charme qui lui occasionna une maladie mortelle , sans qu’aucun remède pût le soulager, car elle avait pris de la terre sur laquelle il avait marché et elle l’avait jetée à l’eau.
On demanda si les bons chrétiens et gens craignant Dieu pouvaient aussi être ensorcelés. I.e docteur Luther répondit : « Oui, car notre corps est toujours exposé aux attaques de Satan. Je crois que les maladies que j’éprouve ne sont point naturelles, c’est ce coquin de Satan qui m’assaille par les ressources de la sorcellerie; mais Dieu sauve ses élus de pareils malheurs. »
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II y avait à N. un magicien nommé Wildferer, qui avala un paysan avec un cheval et une charrette, et quelques heures plus tard , le cheval , la charrette et le paysan furent retrouves dans un bourbier à quelque distance de là. Il y eut aussi un moine qui demanda à un paysan , lequel conduisait au marché une charrette chargée de foin , combien il demanderait pour laisser manger son foin. Le paysan demanda un kreuzer. Le moine se mit à l'œuvre , et il avait déjà avalé presque tout le foin, lorsque le paysan le chassa.
Un habitant de Berlin était en butte à l'inimitié de quelques sorcières , et elles avaient jeté un sort, de sorte que ses moissons périssaient et qu'il était réduit à la misère. Il s'adressa au diable pour savoir ce qu'il avait à faire, mais sa conscience n'était pas tranquille. Le docteur Luther, consulté à cet égard . dit : « Il a agi d'une manière répréhensible et contraire à la loi de Dieu ; pourquoi n'a-t-il pas suivi l'exemple du saint patriarche Job, en prenant patience et en implorant l'assistance du Seigneur ? Donc , qu'il fasse pénitence et qu'il ne s'adresse plus à Satan , mais qu'il se résigne au bon plaisir de Dieu. »
SQf
Le 25 août 1538 on parla beaucoup des sorcières qui volaient des œufs dans les poulaillers, du lait et du beurre. Le docteur Luther dit : « Je n'aurais aucune compassion à leur égard , je voudrais les faire brûler. On lit dans l'ancienne loi que les prêtres étaient les premiers à lapider les malfaiteurs. On dit que ce beurre volé est très-puant et qu'il tombe par terre lorsqu'on veut en manger. Celui qui veut s'opposer à ces sorcières et les châtier, est lui-mème tourmenté corporellement par le diable. Des maîtres d'école et des curés de village en ont fait l'expérience. Nos péchés irritent et offensent Dieu ; quel doit donc être son courroux contre la sorcellerie, que l'on peut nommer à juste titre un crime de lèse-majesté divine , une révolte contre la puissance infinie de Dieu! Les jurisconsultes qui ont si doctement et pertinemment traité de la rébellion , affirment que le
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sujet qui se révolte contre son souverain est digne de uiort. La sorcellerie ne mcrite-l-elle donc pas la mort, puisqu’elle est une révolte de la créature contre le Créateur, puisqu’elle refuse à Dieu une autorité qu’elle accorde au démon?
On parla à la table du docteur Luther de deux sorcières qui , étant dans une auberge , avaient, le soir, déposé eu un certain coin deux vases remplis d’eau, et qui discutaient ensuite l’une avec l’autre si elles en feraient du grain ou du vin. L’aubergiste, qui s’était caché dans un coin et qui les entendait, se saisit des deux vases, et, lorsque ces femmes se furent couchées, il leur jeta cette eau dessus et elles expirèrent sur l’heure. Le docteur Luther dit : « Le diable a un grand empire sur les sorcières. »
L’empereur Frédéric , père de Maximilien , invifa à dîner iiii nécromancien, et, par ses connaissances en magie , il fil que les mains de ce nécromancien se changèrent en pieds de bœuf avec des griffes. L’empereur lui dit alors de manger, mais il avait honte et il cachait ses pattes sous la table. Cependant ; lorsqu’il ne put plus les cacher plus longtemps , il fut obligé de les laisser voir. Alors il dit à l’empereur : « Je ferai aussi quelque ctose à Votre Majesté , si elle le permet. » L’empereur répondit qu’oui, et le tliagicieti fil par son art qu’un grand brüit se fit ehtendre dans la cour ; l’empcretir Init la tête à une croisée pour Toifee que c’était, et aussitôt il lui poussa à la tête de grandes cornes de cerf, de sorte qu’il ne pouvait retirer la tête de la fenêtre. Le docléuf Luther dit : « Je suis charmé lorsqu’un diable en vexe et en tourmente un autbe ; ils ne sont pas tous de force égale, d
En 1538, le docteur Luther dit : « Le diable a emporté à Suwen , le jour du vendredri saint, trois écuyers qui s’étaient donnés é lui. »
LE DIABLE , LES SORCIERS, LES IRCimES, ETC. SS
Le diable a juré de nous tourmenter sans reUkebe , mais il mordra dans une noix creuse.