‹ Les propos de table de M. LutherChapitre 51 sur 62 · SC · texte numérisé non relu

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Zwingle a tiré l'épée, aussi a-t-il reçu sa récompense ; car, ainsi que l’a dit l’Evangile : « Tous ceux qui ont pris l'épée périront par l'épée » (saint Matthieu, cliap. xxvi, v. 52). Si Dieu l’a admis à la béatitude, ç’a été extra regulam, contre la teneur de la parole divine et par une exception particulière. — Le docteur Luther ajouta : « Zwingle et OEculampade sont comme Phaëton et Icare chez les poètes; ils veulent être maîtres et ils cijjjj^nt pouvoir accomplir tout ce que leur suggère leur présomption.

Les troubles de l'Église vieunent de ce que les sectaires n’écoutent pas la pai’ole de Dieu ou qu’ils croient dominer sur elle ; au lieu de chercher humblement en bas afin de trouver Jésus-Christ parmi les langes de sa crèche , iis aspirent en haut. Et pourtant quelle n'est pas l'autorité de cette parole que Dieu a mise dans la bouche de son Fils et de ses apôtres ! Aussi saint Paul écrivaitil aux Thessaloniciens ; « Vous avez reçu de nous la parole de la prédication de Dieu, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle est véritablement, comme la parole de Dieu. » Mais l’on ne s’eu tient pas à la parole divine , et les sectaires recherchent indiscrètement le pourquoi- Ils demandent pourquoi Dieu est-il en même temps un et triple? pourquoi une des personnes divines a-t-elle été Dieu et homme? pourquoi Jésus-Christ a-t-il pris une vierge pour mère ? pourquoi étend-il sa miséricorde sur celui-ci et non sur celui-là ?

Le 13 septembre 1538 , il y eut contre les antinomiens une vive dispute <|ui dura près de cinq heures , et durant laquelle le docteur Luther s'éleva avec la plus grande force contre les novateurs, leur disant qu’ils détruisaient l’Évangile et qu’ils rejetaient la loi de Dieu, et qu’ils entraînaient à mal les esprits qui étaient dans la sécurité. Il ajouta qu’il les combattrait tant qu’il lui resterait un souffle de vie, dût-il eu mourir.— Le soir, il s’entretint longuement de l’hérésie d’Arius , prêtre d’Alexandrie ‘ ;

' Pour qui veut étudier i fond l’origine et les développements des doc-

lorsqu'il comincnça à répandre sa doctrine , le patriarche d’Alexandrie, Pierre, dit qu’elle était erronée et tendant à déshonorer Jésus-Christ , car celui qui nie la divinité de Jésus- Christ lui enlève toute sa gloire. Arius commença d’abord par prétendre qOe Jésus-Christ n’était qu’une créature, mais douée de perfection. Combattu par les catholiques et par les pieux évêques , il dit ensuite que Jésus-Christ était la plus parfaite des créatures et que toutes avaient été faites par lui et qu’il était jtudessus des anges. Il avança ensuite que Jésus-Christ était Dieu émanant de Dieu , la lumière procédant de la lumière , et il développa des doctrines si subtiles , que beaucoup de gens se rallièrent à lui et partagèrent ses idées. Le pieux évêque de Milan, Auxence, contre lequel saint Uilaire a composé une épltre, tomba dans ces erreurs. Arius finit par dire que Jésus-Christ avait été créé de la même essence que le Père, mais il ne voulut pas renoncer à cette assertion de création. Alors s’engagea la dispute sur le mot homousion qui fut inséré au symbole d’Athanase , mais qui n’est, imint dans la Bible , ni dans l’Écriture sainte. — En somme , ce que je voulais dire, c’est qu’il n’est pas d’hérésie , d’erreur et d’idolâtrie, quelque grossière qu’elle soit, qui ne trouve des partisans et des soutiens; nous le voyons à Rome, où, aujourd’hui môme, le pape est honoré comme un Dieu.

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Je ne connais rien de relatif à Jésus-Christ que le diable n’ait déjà combattu ; aussi faut-il qu’il revienne sur ses pas et qu’il ranime les vieilles hérésies et les antiques erreurs.

trineade cc célèbre hérésiarque, il n’est pas d’ouvrage plus complet et plus savaiil à consullcr que celui de Moehler: Athanaseet l’Eglise de son temps en lutte arec l’arianisme. -M. Lerminier a inséré dans la Revue des Deux-mondes (juin tsto, l. XXVl, p. 813-839), une notice remarquable sur. celte profonde et savante analyse de tous les écrits de saint Aihanase. L’ouvrage allemand a été traduit en (rançais par M. Coben (Paris, Debecourt, 3 vol. 8»).

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Je crois que Balaam est réprouvé quoiqu’il ail eu de grandes révélations qui ne sont point au-dessous de celles de Daniel, puisqu’il embrasse aussi quatre empires dans sa prophétie. C’est un exemple contre la présomption , arm que l’homme ne s’enfle point d’orgueil et ne présume point des dons de Dieu. Si l’on savait que l’on est saint lorsque l’on prophétise , on serait heureux, mais Dieu a rejeté Balaam, Saül et Ca'iphe qui avaient aussi prophétisé par l’inspiration de l’Esprit saint. Ah ! que l’homme se maintienne fermement dans la crainte de Dieu, qu’il prie et qu’il ne soit point adonné à l’orgueil.

En 1536, lorsque les théologiens suisses étaient venus à Wittemberg au sujet de la dispute sur l’eucharistie , le docteur Luther dit : « Dieu a représenté les hérétiques et les réprouvés sous l’image du renard et du loup ; ces deux animaux ont l’air aussi doux et aussi pieux que si. à toute heure, ils récitaient le Paler et le Credo, mais que le diable leur donne sa confiance ! »

Dieu est un juge équUable, et il ne laisse pas sans les punir les blasphémateurs et les ennemis de sa parole ; ils périssent misérablement; c’est ce qu’il a manifesté à Hambourg ces jours derniers. 11 se trouvait dans cette ville un misérable qui déclamait contre l’Evangile et qui avait corrompu beaucoup de monde ; on ne gagnait rien à lui faire des représentations et à l’admonester. Il tomba ensuite dans un désespoir extrême, et, rejetant toute consolation, il dit : « Mes péchés sont trop grands pour que j’en obtienne le pardon, car j’ai égaré beaucoup de gens ; » et, en plein

' Telle est aussi l’opinion des rabins ; consulter la Bibliotheca rabinlca de Dartolocci (t. I, p. 6S5) au sujet des idées plus qu’étranges consignées, louchant ce faux prophète , dans les écrits des Talmudisles : de eo obscœna profenml, iii quod abutebalur asina sua, et per mentulam divinaret ; adduni posiremo eum sepuUum esse in inferno, et in caldaria ferventis spermaiis cruciari.

jour, il s’échappa de sa maison et se jeta dans un canal. L’eau n'était pas assez profonde pour le submerger, et la foule accourut ; l'on chercha à le sauver et on lui adressa des paroles de consolation. Mais il s’enfonça davantage dans l’eau et il se noya. — Il y avait aussi à B&le un blasphémateur qui se précipita par une croisée et qui se brisa le cou. Tout cela est l’effet de l’équitable jugement de Dieu. Ne pas croire à la parole divine, c’est déjà digne de réprobation , mais la blasphémer et la tourner en dérision, c’est trop fort et trop abominable.

Le docteur Luther parla des Abélistes, hérétiques qui avaient pris le nom du patriarche Abel et qui adoptaient les dogmes les plus étranges que l’on ait jamais vus sous le soleil. Ils voulaient d’abord que tous ceux qui appartiendraient à leur secte fussent mariés et amenassent leurs femmes avec eux ; ensuite qu’ils vécussent ensemble s’abstenant de tout commerce charnel et s’occupant de l’administration du ménage ; pour héritiers ils adoptaient des enfants étrangers '. C’était vraiment une secte bien étrange, et c’est ainsi que le mariage, cette institution de Dieu, est assailli de toutes parts. ■

On parla des blasphèmes de Tetzel ', qui appuyait ses mensonges de mots pompeux et de phrases ronflantes, et le docteur Luther dit : « Nous sommes dans le plus extrême aveuglement et notre ingratitude est grande , car nous avons été affranchis par le moyen de l’Évangile et par un effet de la grâce de Dieu, et

' Celte secte surgit en Afrique sous te règne d’Honorius ; elle subsista peu de temps ; consulter saint Augustin, de Hceres., 78.

’ Le dominicain Jean Tetzel, né vers 1470 à Misna, et dont les prédications relatives aux indulgences, soulevèreut le courroux de Luther. Ce fut le germe de l’incendie. Tetzel mourut à Leipzig en 1519; on prétend que ce fut de la douleur que lui causèrent les violents reproches du légat apostolique Miltitz. Hecbt, dans sa Germania sacra et Hlieralis , 17I7, lui a consacré une assez longue notice.

t.CS ADVERSAIRES DE LDTHER.

nous n'en témoignons nulle reconnaissance , ce qui attirera sur nous la colère divine. Ah ! bon Dieu ! ne nous chètie pas selon nos péchés , mais aide-nous à nous amender. >

Satan , l’ennemi le plus acharné de notre Seigneur Jésus- Christ et de son Évangile, a amené les hommes à se forger toutes sortes d’idoles et à adorer des oignons , des serpents, des priapes', et à commettre mille et mille abominations, ainsi que saint Paul l'a dit dans son épttre aux Romains (chap. i, v. 21-23]: O Leur cœur destitué d’intelligence a été rempli de ténèbres; se disant être sages , ils sont devenus fous , etc. »

L’esprit de ténèbres n’a pas oublié les habits de moine dont on recouvre les morts dans l’idée qu’ainsi leurs pécbés seront pardonnés. Cette superstition et cette idolâtrie sont choses si horribles, que si je ne les avais pas vues, je n'aurais pas pu y croire. C’est un semblable motif qui a amené tous les monarques à créer des ordres ; le roi de France a créé celui de Saint-Michel ; le roi d’Angleterre, celui de Saint-Georges; l'empereur, celui de la Toison-d’Or, etc. Tout cela a été une suite de l'inspiration du diable ; il a voulu contenter la vanité et la cupidité des hommes.

‘ Quant au culte du phallus, qui de l’Inde et de l’Egypte s’introduisit dans la Grèce, on peut consulter Dulaure, Des divlniié s génératrices , 180S, 8»; seconde édition, avec quelques changements, 1825 , 8»; J. J. Rosenbaum : Die Luslseuchc im Alterthnme (Halle , 1839, 8°, p. 82-78) et R. Payne Knight : an Account of the remains of the worship ofPriapus, la~ tely existing at Isernia, in the Kingdom of Naples. To which is added a discourse on the worship of Priapus and ils connexion wilh the tnyslie iheology of the ancienls, London, 1786. Ce volume fort rare, et dont le prix a dépassé 200 fr. dans quelques ventes, est un in-i» de 195 p. arec 18 planches. Je ne l’ai trouvé indiqué avec quelques détails dans aucun ouvrage français, mais j'ai sous les yeux deux notices dont il est l’objet. Insérées dans des recueils allemands ; l’une de Bottiger {Amalihea, t. III, p. 408-418), l’autre de Choulani (Hcckers .4iinafen , l. XXXIII (1838), p. 414-418).

Le pape s'est, de son côté , efforcé d’accomplir lea volontés de soR créateur le diable, et il n’a eu nul égard ni pour Dieu , ni pour les hommes. Aujourd'hui l'Évangile se montre dans une clarté plus grande que celle du jour, et le pape n'en continue pas moins de pécher sans vergogne. Il remplit tous les royaumes de cardinaux ; ce sont des douillets , des efféminés , des imbéciles ; ils passent leur temps à la cour et dans les chambres des femmes, auprès desquelles ils se montrent galants. 11 a partout mis une foule de cardinaux et d’évêques. Notre Allemagne est la proie des évêques , car l’on y en compte plus de quarante, sans parler des abbayes et des chapitres qui ont de plus grands revenus que les évêchés. En Allemagne, les évêques sont plus puissants que les princes, ’i'^oilà ce qui rend les papistes si insolents ; ils s’appuient sur leur argent et sur leurs ressourcés ; nous ne voyons pas que, depuis vingt ans, un seul évêque se soit amendé.

Les papistes se vantent de former l’Église et d’avoir pour eux l’autorité du concile ; ils veulent avoir le pouvoir de le réunir et de le faire cesser : ils n’ont aucune intelligence du sens de l’Ecriture sainte qu’ils comprennent moins que ne le ferait un enfant, et ils sont bien pires que lesSadducéens, qui conservaient du moins quelques dehors; mais ces papistes sont des impies, des blasphémateurs et des sodomites ; ils consentiraient à réformer les cérémonies extérieures de l’Eglise, mais toute réforme qui ne toucherait pas au vif dans la doctrine et dans le genre de vie serait nulle.

Nous ne savons pas combien il est avantageux pour nous d’avoir des antagonistes, et que des hérétiques s’élèvent contre nous et nous attaquent. Si Cérinthe n’avait pas bougé S saint Jean

■ Cérinthe, juif d’Alexandrie, s’efforça de fondre ensemble les doctrines chrétienne, juive et chaldalque; il enseignait que le Christ et Jésus étaient deux êtres distincts, dont le premier était un esprit et l’autre un homme. 11 existe sur cet hérésiarque des dissertations spéciales de Paulus (Jéna, 1795) et de Schmidt (t. I, p. ist de la Bibliolhek fur Krit, und. Bxeg.).

n’aurait point écrit son Evangile. Mais Cérinthe s’étant élevé contre la divinité du Seigneur Jésus, Jean dut écrire : In principio erat f'erbum, et il établit la distinction des trois personnes d’une manière si lucide que rien ne pouvait être plus clair.

La coutume de dire trente messes pour un mort a été introduite par le pape Grégoire, et elle a duré huit cents ans. Ce pape était si pieux, c’est-à-dire si superstitieux, qu’un frère étant mort, laissant trois florins qu’il possédait à l'insu de la communauté , Grégoire fit enterrer cet argent avec le trépassé , pour lequel il fit dire trente messes , afin de délivrer son àme des feux du purgatoire.

Tetzel alla si loin qu’il fallut le combattre , car il écrivait et enseignait que l’indulgence accordée i>ar le pape était la réconciliation entre Dieu et l'homme. Il prétendait que l’indulgence conservait toute son efficacité et sa force, iors même que le pécheur n’éprouvait aucun repentir et qu’il ne faisait point [>éuitence. Il disait que le pape pouvait d’avance remettre les péchés que l’on avait l’intention de commettre, et qu’une croix à laquelle le pape avait attaché des indulgences ne le cédait point en mérite à la vraie croix de Jésus-Christ et possédait mêmes vertus. Ce furent de pareilles énormités qui m'animèrent à écrire contre lui.

Saint Augustin et d’autres docteurs établissent entre un hérétique , un schismatique et un mauvais chrétien la différence que voici : un hérétique est celui qui avance et soutient opiniâtrément des opinions fausses et des doctrines contre les articles de la foi chrétienne et contre la juste intelligence de l’Écriture sainte ; un schismatique est celui qui professe la même véritable doctrine que la vraie Eglise de Jésus-Christ, mais qui n’est pas d’accord avec elle au sujet de quelques cérémonies et de quelques usages : un mauvais chrétien est d’accord pour la doctrine

et iM)ur les cérémonies avec l'Eglise , mais il vit mal et il mène une conduite déréglée et condamnable.

Les papistes n'osent pas me qualifier d'hérétique, mais ils m'appellent schismatique , comme étant l'auteur d'une séparation. Mais moi , je regarde le pape comme un hérétique, et comme un arcbi-hérétique, car il est l'adversaire de Jésus- Christ.

Le docteur Luther montra un jour un tableau qui représentait comment le pape, avec son idolâtrie et ses superstitions, menait le monde entier : l'on y voyait le vaisseau de l'Eglise plein de moines et d’ecclésiastiques qui jetaient des planches et des instruments de sauvetage à des gens qui nageaient dans la mer et qui étaient en danger d’ètre engloutis ; le pape était assis au plus haut du navire , le Saint-Esprit le couvrait de scs ailes et il regardait le ciel ; des patriarches, des cardinaux, des évêques l’entouraient. C’est un tableau très-ancien qu’un moine avait fait et composé à Venise, et ce qu'il représentait , nous l’avons tous cru comme articles de foi. Il en est de même de la Véronique à Rome. Ce n’est qu’une pièce d’étoffe noire, recouverte de deux tapis de soie que l’on soulève pour la montrer.

On a peint dessus une image que l’on donne comme y ayant été appliquée miraculeusement.

Si j’avais la foi telle que l’Ecriture la demande de moi , alors seul je voudrais battre le Turc , étrangler le duc Geoi^e et envoyer au supplice l’évêque de Mayence '.

■ Nous donnons ailleurs un échantillon des injures que lance Luther • contre le cardinal de Brandebourg, Albert, archevêque de Mayence. Ajoutons qu’il lui adressa une fois une longue lettre pour l’engager à se marier.

Voici un passage de cette épltre assez singulière : « 11 n’est pas bon que « l’homme soit seul ; donnons-lui donc une aide qui soit avec lui. » Telle

Le 8 novembre 15*3, Gaspard Schwenckfeld envoya au docteur Luther un de ses livres intitulé : De la gloire, et à cet égard le docteur fui agité d'un zèle ardent, et il dit : «Schwenckfeld est un sot, qui non habel ingenium nec spiritum, sed est attonitus *, ainsi que le sont tous les séducteurs ; il ne sait ce qu’il balbutie ; voici son principe et son idée : La créature ne doit pas être adorée, parce qu’il est écrit : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu ne serviras que lui. » Il pense donc que

est la parole de Dieu : à moins que Dieu ne fasse un miracle en transformant un homme en ange, je ne vois pas que cet homme puisse , sans encourir l’indignation de Dieu, demeurer tout seul et sans femme. «Déjà nous avons rapporté maints passages qui montrent jusqu'à quel point Luther prenait à cœur VindiapenstibilUé de l’union conjugale ; citons encore quelques lignes, que nous prenons au hasard dans l’immense collection de ses oeuvres, sur un sujet sur lequel il revient sans cesse : «Quid vero facerem ? num divinam legem potius, quæ scortationem vetat, quam pontiflcias, quæ nuptiis inlerdicun^, violarem 7 Si corpus alicujus jejunio parasceves pericliietur, nonne illi etiam imperabitur ut edat (1557, t. II, p. 463) ? Continentia non est emandata ; insani et fatui papislœ virginitatl et continenliæ nihil patiuntur æquari, prodigiosis mendaciis utramque jaclantes(/à. Il, 505).

' Schwenckfeld ou Suenckfeldius, personnage fort enlété d’idées empreintes d’une hétérodoiie bizarre, s’est recommandé aux bibliomanes par son traité De duplicl slalu , olJiclo et cognilione Chriall, 1546, 8°- On assure qu’il n’existe qu’un seul exemplaire de cet opuscule ; bien qu’il n’ait que 23 pages, on le trouverait fort long si l’on essayait de le lire. H s’est payé 144 fr. à la vente Gaignat en it 69, mais en 1839, à celle de M. de Piierécourt, il est tombé à 30 fr. Flaccius Illyricus en donna une traduction allemande. Schwenckfeld écrivit plusieurs autres traités, peu recherchés de nos jours ; les amateurs de semblables raretés voient cependant avec plaisir le iVovus homo , scripiutn atino 1543, 8°, 37 feuillets, qu’il publia sous le nom de Valentlnus Cravaldus. En somme, le nombre des écrits de ce novateur s’élève à plus de quatre-vingts ; il niait l’inspiration des livres saints, il subordonnait la croyance à la raison individuelle ou à l’inspiration intérieure, il prétendait que Dieu se communique à chacun en particulier. Il a conservé jusqu’au dix-huitième siècle quelques disciples dans certains cantons de l’Allemagne. Les réformateurs se montrèrent fort peu tolérants à son égard ; Luther, après lui avoir écrit de ne plus lui envoyer de ses livres quos diabolus vomit et cacat, le fit, en 1527, bannir de la Silésie, et Mélancthon n’en parle jamais sans défigurer son nom pour lui adresser une injure grossière ; Stenckfeld (champ puant) au lieu de Schwenckfeld.

le Christ, étant une créature, ne doit pas être adoré comme tel ; U se forge deux Christs, etditqu’après la résurrection et la gloriflcation, la créature est transformée en déité et qu’elle doit ainsi être adorée. Il trompe ainsi le peuple avec le nom glorieux de Christ, car il écrit en tête de son livre : A la louange du Christ. Un petit enfant aborde plus nettement la question quand il dit ; «Je crois en Jésus-Christ, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, ué de la Vierge Marie, etc.; » mais cet imbécile de Schwenckfeld veut forger deux Christs , l’un qui a été attaché sur la croix, l’autre qui est monté dans le ciel et qui est assis à la droite de Dieu, son père céleste. Nous ne devons point, à ce qu’il prétend, adorer ce Christ qui a été attaché sur la croix et qui est mort sur la terre. Mais Jésus-Christ se laisse adorer, lorsque l’homme se prosterne devant lui, et Jésus-Christ luimême dit : Celui qui croit en moi croit aussi en celui qui m'a envoyé. Il a dit également : Tous les hommes doivent honorer le Fils comme ils honorent le Père. Ce visionnaire-là a tiré quelques mots de mon livre sur les dernières paroles de David ; il se pare de ces expressions : communication de propriété et identité de personne ; il mêle ses phrases avec les miennes etil les donne comme si elles rendaient mon opinion. Il m’apprendra ce qu’est Jésus-Christ et comment je dois l’adorer. J’en sais (grâces à Dieu) plus long que lui; je connais bien mon Christ; qu’il ne vienne plus me fatiguer. — Alors le docteur Rorer dit au docteur Luther : « Oh ! seigneur, vos expressions sont trop dures. » Le docteur Luther répondit : « Semblables gens m’apprennent à être sévère ; c’est ainsi qu’il faut que nous parlions au diable. Que Schwenckfeld rétracte, par une déclaration publique, son hérésie au sujet du sacrement, et qu’il m’apporte le témoignage du docteur Jean Hess et du docteur Jean de MoibanedeBreslau; autrement je ne le croirai pas, me juràt-il qu'il a mis ses doigts dans les plaies. »

Le docteur Luther remit au messager qui lui avait apporté le livre de Schwenckfeld une lettre ouverte avec cette suscriplion : Réponse de Martin Luther au messager de Schwenckfeld , et il

d’Érasme.

lui dit : « Mon ami, tu rapporteras ma réponse à ton maître, et lu lui diras que j’aide tes mains reçu le livre, et que je voudrais qu’il s'abstint d'agir ainsi, car il allume dans la Silésie un feu qui n'est pas prêt de s’éteindre elqui. Je crains, le brûlera éternellement. En outre, il continue de prêcher sou culychianisme et sa créaturalilé ; il jette l'Église dans des erreurs, n'ayant reçu ui mission, ni commandement de Dieu. »

D’éRASMB.

Erasme de Rotterdam est le plus grand scélérat qui soit jamais venu sur la terre. 11 cherche beaucoup à m'attirer dans ses pièges, et si Dieu ne m'avait pas prêté une assistance toute spéciale, il m'aurait réduit en captivité. En 13S5, il m'envoya un de ses docteurs chargé d'un présent de 200 ducats de Hongrie qu'il fil donner à ma femme Catherine; mais je refusai de les recevoir, et je prescrivis à ma femme de ne pas se mêler de semblables choses, car, grâce à Dieu, je n’ai jamais passé pour convoiter i’argent.

Je hais Erasme de tout mon cœur* ; il fait usage du même argument qu'employa Caïphe quand il dit : Il convient qu’un seul meure pour tout le peuple. C’est ainsi que s’expriment Erasme et tous les épicuriens. Il est préférable que l’Évangile tomlieou cesse d’être jirêché , plutôt que si toute l’Allemagne et tous ses princes se prenaient aux cheveux et si l’Euro[)e entière était ébranlée. Saint Jean l’Évangéliste, par suite de cet avis, devint

' Luther n’avait pas toujours manifesté pareils sentiments ; au début de sa carrière , le 28 mars isiS, il lui écrivait dans les termes les plus flatteurs, il adulait, il cajolait le philosophe batave, alors au comble de sa ' gloire. « Quel est le coin de terre oü n’a reteuti le nom d’Erasme ? Qui ne

reconnaît Erasme pour son maître? Vous avez reçu de Dieu les dons

les plus magniflques, et je reconnais toute la splendeur de votre génie.... Mon cher Érasme, mon tout aimable, tournez donc les regards, je vous en conjure, sur un petit frère qui vous aime si tendrement d’amour, x

l’ennemi déclaré de Caiphe. Du moins le Christ donna à Caïphe un coup dont il se ressentira éternellement, ^ le crains bien, et ce fut lorsque le Christ dit à Pilate : Celui qui m’a remis en tes mains a le plus grièvement péché. Et le docteur Luther, s'échauffant beaucoup, dit au docteur Jonas et à Pomeranus : « Je vous recommande, dans mon testament et dans mes dernières volontés, de haïr et de détester cette vipère d’Erasme. Je n’ai point d’égards pour ses paroles; vraiment elles sont bien ornées, mais ce ne sont que maximes de Démocrite et d’Epicure ; de propos délibéré, il parle de toutes choses d’un Ion de doute ; scs assertions sont équivoques, et il s’arrange de manière à leur donner le sens qu’il voudra. De semblables paroles ne surviennent point à aucun homme honnête, encore moins à un chrétien. Voyez quel poison il répand dans ses Colloques sous le masque d’interlocuteurs supposés, et comme, s’attachant à plaire à la jeunesse, il s’efforce de l’infecter. Aussitôt qu’il plaira à Dieu de me remettre sur mes jambes, je lui appliquerai la sentence d’Isaïe au sujet des œufs du basilic ; ils sont un régal tout prêt pour les dents d’Erasme. »

Une autre fois, le docteur Luther, étant dans son lit, lit ces deux vers contre ce même Erasme de Rotterdam :

Qui Salanam non odit, amet tua carmina, Erasme,

Atque idem jungal furias et mulgeat orcum.

Le 1'' avril 1526, le docteur Luther étant malade dans son lit, passa presque toute la journée à lire les préfaces d’Erasme sur le Nouveau Testament, et il en fut extrêmement affecté ; il dit : « Quoique ce serpent soit si glissant qu’il nous est difficile de le saisir, cependant, nous et notre Eglise, nous le condamnerons avec ses livres, et quoique beaucoup de gens mondains soient fâchés contre nous et qu’ils soient courroucés de ce que nous agissions ainsi, il vaut mieux pour nous les offenser que renier le Christ, notre Sauveur. »

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