MÉLANCHTON, BRENTIUS, ETC
gion, soit mieux résumée que dans les Lieux commun» de Mélanchton ; tous les Pères et les faiseurs de sentences ne peuve nt être comparés à ce livre ; c’est, après la sainte Ecriture, ce qui existe de plus pa rfait. Mélanchton est plus logicien que moi ; il combat et il enseigne. Je suis plus rhétoricien, plus orateur. Si les imprimeurs se laissaient guider par moi, ils publieraient ceux de mes livres où il y a de la doctrine, comme mes Commentaire» ïur l’épltre aux Galates, sur le Deutéronome, les Sermon» sur les quatre chapitres de l'Evangile de saint Jean ; mes autres livres peuvent être lus pour connaître les progrès de la révélation de l'Évangile, afin qu'on puisse voir comment la doctrine s'est manifestée d’abord, car elle n’était pas alors aussi clairement exposée qu’à présent.
Aucun des théologiens de notre époque ne manie et n’ex|M>se l’Écriture sainte aussi bien que Brentius', au point que j’admire grandement sou énergie, et <iue je désespère de l’égaler. Je crois vraiment que nul d’entre nous ne serait capable de faire ce qu’il fait, lorsqu’il explique l’Evangile selon saint Jean ; quoique j>arfois il s’arrête trop sur ses propres idées, toutefois il reste dans le véritable et juste sens, et il ne s'irrite pas de la noble simplicité de la parole de Dieu.
En 1538, le 18 septembre, le docteur Luther apprenant que les prédications de Jacques Schenck étaient partout louées et exaltées, s’écria : « Oh ! que ces nouvelles me seraient agréables, s’il ne mettait pas dans ses sermons ces mots doux à la bouche, glissants et sonores, dont saint Paul se plaignait aux Romains, et qui trom-
' André Brentius, dont le véritable nom était Althamer, était né à Brentz, enSouabe;8on zèle et son érudition lui firent jouer uii rélc important dans les controverses religieuses de l’époque. Il partageait les préventions de Luther contre l’EpItre de saint Jacques , et il se permit, dans un de ses écrits polémiques, cette expression étrange : Si Jacobus dixil ex immolaiione filli sui jusiificatttm este Abrahamum, mentilur in caput suum, J. Arnold Ballenstad a publié en 1T40 la biographie de ce réformateur.
pent la plupart des auditeurs. Ils sont comme le veut Gecias qui soufDe avec tant de douceur et de mollesse, tant de chaleur et de mollesse que les bourgeons des arbres, les fleurs et les plantes se trouvent iwussés à éclore, ce qui amène leur destruction. Le diable agit de même, car lorsqu'il prêche Jésus-Christ par la bouche de ses ministres, il a l'intention de détruire Jésus- Christ, et quoiqu'il dise la vérité, il ment. Un honnête homme ]>eut bien monter les escaliers lorsqu'un coquin est caché derrière eux, et le diable peut bien, lorsqu'il est tapi sous ime langue, soufi'rir que Jésus-Christ soit dessus, d'autant que les oreilles du peuple sont chatouillées et enflammées par ce qu'il entend volontiers. Mais ce doux chatouillement n'est pas de longue durée; Satan i>ervertira l'Evangile par le moyen de l'Evangile, car les esprits présomptueux et pleins de sécurité ne reconnaissent pas leurs péchés. Lorsqu'il n'y a pas d'amadou ou de combustible pour que le feu puisse y prendre, alors Jésus-Christ n'a pas de place ou d'endroit où il puisse se mettre à l'œuvre, car il est venu seulement pour ceux qui sont brisés et embarrassés de cœur et d'esprit, ainsi qu'il l'a dit : l'Evangile est prêché aux pauvres.
Philippe Mélanchton et moi, nous aurions bien mérité de recevoir en ce monde, des mains de Dieu, tout autant de richesses pour le moins qu'en possède un cardinal, car nous avons fait pour sa cause plus que cent cardinaux. Mais Dieu nous a dit : • Soyez satisfait de me ixisséder; sufficit tibigratia mea. » Lorsque nous le possédons, nous avons aussi l'opulence ; et que nous servirait d'être en possession de toutes les richesses, si Dieu n'était pas avec nous? — Et le docteur Luther cita à cet égard les paroles du Seigneur, dans la prophétie d'Ezéchiel (chap. xxix, v. 18) : « Nebucadnetsar a fait servir son armée dans un service pénible contre Tyr, et il n’a point eu de salaire. Que lui donnerai-je? Je donnerai la terre d'Egypte à Nebucadnetsar, et ce sera sou salaire. »
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