I.E DIAIlLi:, Ltü bOKClbltS, LES INCLUES, ETC
bunenait dans la maison , il riait et était joyeux ; mais lorstiiie tout allait bien, il pleurait et il manifestait une grande tristesse. Je dis au prince d'AuIialt que si j'étais souverain du pays, je mu hasarderais à être homicide en pareil cas, et que je jetterais l’enfant dans la Moldau. J'exhortai les habitants de l'endroit à prier Dieu avec ferveur pour qu’il les débarrassât du diable ; ce qui fut fait, et la seconde année après, l'enfant mourut. Les enfants de cette espèce ne sont, à mon avis, que des masses de chair privées d’ùine.
En Saxe , pri‘s ü'Halberstadt, était un homme qui avait aussi un de ces killecrolTs ou enfants changés. Il tétait au pnintqu'il ne laissa pas une goutte de lait à la mère et à cinq autres femmes, et, en outre, il mangeait cuormément. On conseilla à cet homme d'aller en pèlerinage à Halberstadt, de vouer l’enfant à la vierge Marie et de le faire bercer en cet endroit. L’homme suivit ce conseil et il apporta l’enfant dans un panier ; et comme il passait une rivière sur un i>ont, un autre diable qui était dans l’eau se mit à crier : « Killecroff! killecrofl'! » I. 'enfant qui était dans le panier, et qui jusqu'alors n’avait pas proféré un mot, répondit : « Oh ! oh ! oh ! » — Le diable qui était dans la rivière lui cria : « Où vas-tu? » et l’enfant répliqua : «Je vais à Halberstadt, vers notre mère chérie , pour m’y faire bercer. » Le paysan , saisi d’épouvante , jeta enfant et panier dans la rivière ; et alors les diables se mirent à crier. ensemble : « Oh ! oh ! oh ! » puis, après avoir fait quelques cabrioles, ils disparurent.
Un gentilhomme alla voir un paysan qui était possédé du diable, et il dit au démon ; « Pourquoi tourmentes-tu ainsi ce pauvre homme? que ne vas-tu plutôt t’en prendre aux grands seigneurs de la cour? Laisse ce malheureux tranquille. » Le diable répondit : « Je le ferai bien volontiers, pourvu que tu me laisses passer en toi. » Le gentilhomme ré[M)ndit ; «Garde-t’en bien ! » Alors le diable dit : « Permets-moi du moins de demeurer dans la doublure de ton habit; tu n’en ressentiras aucun inconvénient, et
PHUPUÜ Ub TAULK UE MAHTIN LUTHER.
dans lous les tournois et exercices lu reuiiwrleras la victoire. » Le genlillioimiie le lui permit; et en effet, dans lous les tournois et rencontres il fut vainqueur, et il s’acquit beaucoup de gloire. Lorsque cela eut duré quelque temps, il se dit h luiinëme ; « Cela va bien en ce moment, mais je prévois bien ce qui m'attendrait après mu inorl; il faut donc changer de vie. » Ll il donna congé au diable; puis, quittant la cour, il se relira dans un hôpital et s’y Voua au service des pauvres.
On dit au docteur Luther <iuo N. ' voyait le diable (jui se mollirait à lui sous la forme d’un homme. — Il répondit : «Tant pis l»our celui qui reçoit ie diable cliez lui. Le docteur Luc Gar.ric. le magicien qu’il a fait venir d’Italie , m’a souvent dit sans détour que N. avait des inteliigences avec le diable. »
Ou demanda à table , .an docteur Luther, si l'on baptisait les killecrofs. Il répondit; «Oui, puisque d’aborefonne peut les reconnaître pour ce (in’ils sont ; mais l’on s’en aperçoit bientôt, parce ((u’ils épuisent leurs nourrices. »
Lu jeune ouvrier, qui exerçait la profession de maréchal ferrant, était poursuivi par un spectre qui le suivait de çà et de là dans toutes les rues de la ville. Il fut amené chez le docteur Luther qui l’examina depuis six jusqu'à huit heures du malin, en présence de plusiturs personnes doctes, et qui lui demanda s’il savait le catéchisme. L’ouvrier répliqua que le spectre lui avait reproché d’avoir péché contre Dieu en recevant la communion sous les deux espèces, et qu’il avait (ini par lui dire : « Si lu retournes dans la maison de tou maitre,je le lortlrai le cou. » l’.’es! pouivpioi ii n’étail pn= rentré depuis plusieurs jours — î.,>
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docUiur Lulher nous dit : « 11 ne faut pas ajouter légèrement foi à chacun , car il y a beaucoup d’imposteurs ; et d’ailleurs , (luelle que fût l’injouctiuii donnée par le spectre à ce jeune homme , il ne devait pas cesser son travail. » — Et il lui dit : « Garde-toi bien de mentir ; crains Dieu; écoute avec assiduité la parole de Dieu ; retourne che;: ton maître, et vaque aux travaux de ta profession ; si le diable revient, dis-lui : Je ne t’écoute pas, je fais la volonté de Dieu , (|ui m’a appelé à ce métier, et un ange viendrait du ciel pour m’eu détourner que je ne lui obéirais point. »
L'aimtre donne au diable le titre de possesseur delà puissance et de la force <le la mort [Epllre aux Hébreux, ch. ii, v. 15), et Jésus-Christ l’appelle un meurtrier (saint Jean , ch. viii, v. 44). Il est si habile, que d’une petite feuille d’arbre il peut tirer la mort. Il a plus de vases et de llacons remplis de poisons avec lesquels il tue les hommes, qu’il ne s’en trouve chez tous les apothicaires de l’imivers entier. Si un poison ne lui réussit pas, il essaye d’un autre. En .somme, le pouvoir du diable est plus grand que nous ne pouvons nous rimaginer; il n’y a que le doigt de Dieu qui puisse le surmonter.
Je maintiens que Satan produit toutes tes maladies qui atlligent les hommes car il est le prince de la mort. Saint Pierre a dit: « Le Christ aguéri tousceuxciuiétaientanpouvoir du diable.» Jésus-Christ ne guérit pas seidement ceux qui étaient possédés, maisencoi'e rendit-il la vue aux aveugles, l’ouïe aux sourds, la parole aux muets, la force aux paralytiques; aussi je pense que toutes les graves iidiritiités sont des coups et des plaies, œuvre de Satan. 11 les emploie comme des instruments naturels, tout comme un assassin se sert d’une épée ou de toute autre arme. D-' mémo Dieu eniploii> «les tiiovens naturels pour maiulenir la
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vie et la santé de rbonnne, tels (juc le sommeil, le Iwlre, le manger , etc. Le diable nuit aussi à riiomnie et le tue par des moyens qui lui sont propres; il eii)|H>isonno l’air, etc.
Un médecin répare l'ouvrage de Dieu, il assiste le corps; nous autres théologiens, nous venons au secours de râme que le diable a endommagée. Le diable donne du poison imur tuer les hommes, un médecin donne de la thériaque ou toute autre di-o— gue; il emploie la créature pour assister la créature, c’est-à-dire le remède pour soulager le malade.
Il est surprenant que des remèdes que donnent et appliquent de grands princes et seigneurs soient eflicaces et salutaires, et qu'ils demeurent sans effet lorsriu’un médecin les emploie. J’ai appris que les deux électeurs de Saxe, le duc Frédéric et le duc Jean, ont une eau qui guérit les maux d’yeux lorsqu’ils la donnent, que le mal vienne du chaud ou du froid. Aucun médecin ne saurait l’employer. C’est ainsi que dans les matières spirituelles^ un prédicateur a plus d’onction, remue plus les consciences qu’un autre. Nous pouvons donc employer les remèdes pour le corps comme une l)onue chose (lue Dieu a créée.
Notre bourgmestre me demanda un jour s’il était contre la volonté de Dieu d’employerdes remèdes. Carie docteur Carlstadt avait publiquement prêché (|ue celui qui était malade ne devait employer aucun remède, mais offrir sou mal à Dieu et prier le Seigneur que sa volonté s’accomplisse. Je lui demandai s’il mangeait lorsqu’il avait faim; il me répondit qu’oui. Alors, je lui dis : «Vous devez de même avoir recours aux remèdes qui ont été créés par la puissance de Dieu, aussi bien que ce qu’on mange, ce qu’on boit, etc., et que toutes les aidres choses que nous employons aux usages de la vie. »
Dieu emploie le diable pour châtier les hommes de leurs péchés et de leur ingratitude par beaucoup de maladies, de maux, de fléaux, tels que la peste, la guerre ; de sorte que c'est le dia-