LE JUGEMENT DERNIER DE LA CURIOSITE IOQ
n'est qu'une partie de l'œuvre; il faut trouver et prouver le contrefacteur. L'appareil de Marsh indique le poison, mais qui l'a versé? C'est ici surtout que mon invention a un caractère véritablement neuf. Je ne vous dirai pas que j'ai pénétré chez les faussaires pour surprendre leurs secrets; jeux d'enfants que tout cela ! La science exige davantage et elle a raison. Rien ne m'a arrêté dans mon rôle de philanthrope et de savant, doublé d'un détective; à Londres, à Vienne, à Paris, en province, en Espagne, en Allemagne, en Italie, partout où un faussaire existe, j'ai voulu en extraire la substance. Caché sous divers déguisements, me faisant tantôt ouvrier, tantôt client ou marchand, je suis parvenu à pénétrer dans son intimité; je l'ai touché de mes mains, j'ai recueilli son atmosphère, les rognures et la poussière de son atelier, la fumée de sa pipe, des bouffées de son haleine, des gouttes de sa sueur. Tout a été pesé, distillé, décomposé, passé à l'alambic, et les résultats consignés sur un dossier à son nom. Le problème était résolu : je possédais l'analyse, le signalement chimique du coupable lui-même ; je pouvais dire, comme la Fédora de M. Sardou : « Je « te tiens, bandit ! »
« Sûr désormais de moi-même, j'ai pu enfin fabriquer l'appareil dont je poursuivais les éléments depuis tant d'années. Cet appareil, que j'appelle le Psendoscope-imprimeur est muni d'un cadran. Mise