‹ Les prosateurs Français, recueil de morceaux choisisChapitre 135 sur 326 · DALEMBERT · texte numérisé non relu

DALEMBERT

leai) Le Rond d*Alembgrt, le plus célèbre gcomètro du dix-hHitième siècle, naquit à Paris. Abandonné par ses parents et élevé par charité, il sortit par son talent de l'état d'abjection où l'avait jeté le hasard de sa naissance. Dès sa jeunesse, 80» travaux scientifiques le placèrent au premier rang parmi les savants de l'Europe. Gomme Pascal et Buiïoii, d'Alenibcrt pos'-

téda (h!iix choses presque toujours séparées : le génie de la science et le talent d'écrire. Il fut pendant vingt ans l'ami et le collaborateur de Diderot dans la composition de VEncyvlojmlie. Le Discours d'introduction qu'il écrivit est un chef-d'œuvre de style et le morceau le plus remarquable do cette immense coU lection. Outre ces articles, d'Alembert a laissé plusieurs autres ouvrages. Les plus connus sont les Eloges des Académiciens morts pendant qu'il était secrétaire perpétuel de l'Académie. Ils sont écrits d'un style clair et précis, et pleins d'idées fines, d'aperçus ingénieux, d'anecdotes curieuses, qui les font lire avec plaisir.

D'Alembert était un homme d'un désintéressement parfait , d'une générosité rare. C'est un des écrivains qui ont porté au plus haut degré la dignité dhommc de lettres. Pendant sa vie, il se renferma dans une circonspection prudente et mesurée sur les questions religieuses ; ce n'est qu'après sa mort que sa Correspondance avec Voltaire, publiée par de funestes amis , révéla le triste secret de son incrédulité sceptique.

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