‹ Les prosateurs Français, recueil de morceaux choisisChapitre 138 sur 326 · DERNIERS TRAVAUX DE BOSSUET · texte numérisé non relu

DERNIERS TRAVAUX DE BOSSUET

Accablé de travaux et de triomphes, l'évêque de Meaux exécuta, après la mort du grand Condé, ce

qu'il ayait annoncé en terminant TOraison funèbre de ce prince. Il se livra sans réserve au soin et à rinstruction du troupeau que la Providence lui avait confié, et dans le sein duquel il avait résolu de unir ses jours. Dégoûté du monde et de la gloire, il n'aspirait plus, disait-il, qu*à^^re enterré aux pieds de ses saints prédécesseurs, H ne monta plus en chaire que pour prêcher à son peuple cette même religion qui, après avoir si long-temps effrayé par sa bouche les souverains et les grands de la terre, venait consoler par cette même bouche la faiblesse et Tindigence. Il descendait même jusqu'à faire le catéchisme aux enfants , et surtout aux pauvres , et ne se croyait pas dégradé par celte fonction si digne d'un évoque. C'était un spectacle rare et touchant de voir le grand Bossuet transporté de la chapelle de Versailles dans une église de village, apprenant aux paysans à supporter leurs maux avec patience , rassemblant avec tendresse leurs jeunes familles autour de lui , aimant l'innocence des enfants et la simplicité des pères, et trouvant dans leur naïveté, dans leurs mouvements, dans leurs affections, cette vérité préciouse qu'il avait cherchée vainement à la cour, et si rarement rencontrée chez les hommes. {Etage de Bossue t,)

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