‹ Les prosateurs Français, recueil de morceaux choisisChapitre 262 sur 326 · LES SOUTENIBS DE LA VIEILLESSE · texte numérisé non relu

LES SOUTENIBS DE LA VIEILLESSE

Le plus doux privilège que la nature ait accordé à rhommc qui vieillit , c*est celui de se ressaisir avec une extrême facilité des impressions de Fenfance. A cet âge de repos, h; cours de la vie ressemble à celui d*un ruisseau que la pente rapproche, à travers mille détours, des environs de sa source, et qui, libre enfin de tous les obstacles qui ont embarrassé son voyage inutile, vainqueur des rochers qui Font brisé à son passage, pur de Técume des torrents qui a troublé ses eaux, se déroule et s'aplanit tout à coup pour répéter une fois encore, avant de disparaître, les premiers ombrages qui se soient mirés à ses bords. A le voir ainsi , calme et transparent, réfléchir à sa surface immobile les mêmes arbres et les mêmes rivages , on se demanderait volontiers de quel côté il commence et de quel côté il finit. Il faut qu'un rameau de saule , dont Torage de la veille lui a confié le débris, flotte un moment sous vos yeux pour vous faire reconnaître Tendroit vers lequel son penchant TentraînCi

Demain le fleuve qui Tattend à quelques pas Taura emporté avec lui , et ce sera pour jamais.

Tous les intermédiaires s'eiïacent ainsi dans les souvenirs de la vieillesse , reposée des passions orageuses et des espérances déçues, quand les longs voyages de la |>ensée ramènent l'homme, -de circuits

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en circuits, parmi la verdure et les fleurs de son riant berceau. Cette volupté est une des plus vives de Tâme, mais elle dure peu; et c*est la seule d'ailleurs que puissent envier à ceux qui ont eu le malheur de vivre long-temps ceux qui ont le bonheur de mourir jeunes.

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