‹ Les prosateurs Français, recueil de morceaux choisisChapitre 267 sur 326 · LA DMÉOGRATIË EN GRÈGE · texte numérisé non relu

LA DMÉOGRATIË EN GRÈGE

La démocratie la plus effrénée, qui n'est que l'absence de tout ordre et de toute loi , ou le gouvernem<;nt des passions , au lieu de les satisfaire , les irrite ; et le peuple , toujoui s convoitaut , toujours détruisant, tourmenté de vagues désirs et de craintes

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vagues , se fatigue à creuser sa tombe , et cherche avec anxiété le fond du désordre , dans Tespoir d'y trouver le repos. La seule ombre l'effraie; toute inégalité , toute distinction quelconque excite sa défiance et blesse son orgueil. Honorant de sa haine tout ce qui s'élève au-dessus de lui , tous les genres de supériorité sans exception , il punit inexorablement les services qu'on eut le généreux courage de lui rendre, il punit les richesses, les talents, le génie, la gloire, la vertu même; et Aristide e^t banni de la cité qu'il sauva , parce que les Athéniens s'ennuient de l'entendre appeler le juste.

Comment ose-t-on vanter une doctrine déjà tant de fois éprouvée , et dont jamais il ne sortit que des calamités et des forfaits ? Voyez cette Grèce si polie, si sage , supposé que la philosophie soit la sagesse , voyez-la telle que nous la montrent ses propres historiens. On n'y parlait que d'indépendance , et ses villes, ses campagnes regorgeaient d'esclaves, ou enchaînait des nations entières à la statue de la liber lé. Mais ce n'était pas assez de vendre l'homme , de l'échanger contre de vils animaux; les plus vertueux des Grei:s l'égoi^eaient pour habituer la jeunesse à verser le sang , et le dégradaient pour donner des leçons de morale à l'enfance.

L'instructive histoire de cette nation célèbre n'est guère que l'histoire du crime et du malheur. Une haine furieuse soulevait les États contre les États , et aux guerres extérieures se joignaient les guerres in-

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testines. Des séditions, des complots, des proscriptions, des massacres, yoilà le sujet imiforme des récits des historiens. On ne citerait pas mie ville qui ne fût divisée en plusieurs factions, d'autant plus animées et plus implacables que , dans une population peu nombreuse , les haines publiques devenaient des haines personnelles. Chaque parti triompliant tour à tour , le plus faible avait à porter la peine , et de sa défaite présente , et de ses anciens triomphes; et Texil , toujours accompagné de la confiscation des biens , était la plus douce condition que pussent attendre les vaincus. De là des cruautés qui nous étonnent, et des habitudes atroces que les législateurs combattaient par des habitudes infâmes. On en était venu jusqu'à cet excès d'indigence morale, qu'on ne trouvait que le vice à opposer au crime. {Essai sur l'Indifférence religieuse.)

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