LA COUR DE CROMWELL
Dans quelques circonstances solennelles , dans les réceptions d'ambassadeurs, dans les banquets publics, il montrait beaucoup de magnificence et d*affibilité; mais sa vie habituelle était sombre et reti-
rée. Sa cour n'avait d'autres vices que l'ambition , le fanatisme et l'iiypocrisie. On n'y voyait que des officiers et des prêtres. Les amusements du tliéâtre, les distractions mondaines en étaient bannies ; et ce séjour de cupidité , d'ambition , de grandeur, avait toute l'austérité d'un cloîtie. Cromwell affectait les mœurs les plus sévères. Ayant reçu quelquefois avec honneur un parent du roi de Danemark , il refusa tout à coup de le voir, sous prétexte que c'était un jeune homme sans mœurs. Christine, si passionnée pour la gloire de Cromwell , éprouva de sa part une réprobation humiliante : Cromwell avait d'abord répondu à l'admiration de la reine de Suède par des témoignages de respect; mais Christine, après son abdication, ayant voulu visiter l'Angleterre, Cromwell , averti de ce projet , parut le blâmer et y refuser son aveu, en alléguant les mœurs trop libres et la conduite légère de la reine.
{Histoire de Cromweii.)