‹ Les prosateurs Français, recueil de morceaux choisisChapitre 94 sur 326 · VOLTAIRE · texte numérisé non relu

VOLTAIRE

François*Marie Arouet, fils d'un ancien notaire, trésorier de la Chambre des Comptes , naquit au village de ChÂtenay , près de Sceaux. A vingt-qaàtre ans , il remplaça soA nota par celai de Voltaire, qui est plus sonore et plus poétique. 11 mourut à Paris, à TAge de quatre-vingt-quatre ans.

Voltaire est le représentant , la personnification du dix-huitième siècle. Il en représente tout le bien et tout le mal. On trouve en lui cette haine ardente des préjugés , du despotisme et du fanatisme religieux; cet amour zélé de l'humanité, de la liberté et de la tolérance, qui sont le côté louable de son époque; mais on y trouve aussi Torgueii démesuré, l'esprit de dérision et de raillerie, la témérité, la haine furieuse contre la religion; le scepticisme, le cynisme moral, le génie destructeur, et toutes les erreurs, toutes les mauvaises passions, qui forment un contraste déplorable avec les bonnes qualités de ce siècle céiè^ bre. Voltaire comprit admirablement l'opinion publique de son époque; il se fit rcxprcssion de cette opinion et la suivit, tout en ayant Tair de la conduire. C'est là ce qui explique l'immense influence qu'il exerça sur ses contemporains.

Voltaire semblait être né pour diriger , conduire son riècle par le don inimitable de plaire à tout le monde et de faire tout comprendre. En littérature, il se plaça au premier rang. Il s'es^ saya dans tous les genres en prose et en vers. Il est le seul grand poète du dix^oitième siècle. Il fat eans rival dans la

poésie l^gèr0 ^ bsi^ii^ *, il sa plaça prôa àa Racine 9t 4e Ck>rneilie dans la tragédie , et écrivit le seul poème épique que puisse citer la littérature française, bien que la Hmriade mérite peu le nom d'epo;)^. Ses DiKOur^ en vers twr l'komme sont dignes de Pope, ^'il n'obtint pas )e môm^ succôs dans la satire, dans la congédie, clans l'opéra, etc., on peut dire que, même dans ces différents genres , il eut peu de rivaux heureux parmi ses contemporains. (k>mme prosateur, il peut soutenir la compariusQQ Aveç nos premiers ^rivaias.

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