‹ Les provençalismes, corrigés, ou, Corrections raisonnées des fautes de langage et de prononciationChapitre 14 sur 73 · PATE · texte numérisé non relu

PATE

Ce proverbe existe ainsi, sans métaphore (20), c'est-àdire avec le mot comme qui indique la comparaison.

Je vous présente ce CORREILLON, qu'y met-on? Dites : Je vous présente ce CORRILLON, qu'y biet-on ?

iùrbiUaa est ici le mot de rigueur, le nom parliculier de B de petite corbeille, qu'où est censé présenter dans (jeu. Cotbeillon, non français par conséquent pour désigner wUe espèce de corbeille, ne l'est pas non plus comme étant un diminuLir de corbeille pour lequel on L'emploie quelquefois. Il n'y a point en français do diminutif proprement dit terminé en on (A'ous l'avons déjà dit à l'art. Charrelon).

Rbservez-hoi le CORCHON lu pain. Dites : Rëse»VSZ- NOi l'entame du pain.

(Voir aussi â l'articlâ Quignon).

■ Voila un homme d'une belle GORPORENCE, d'une grosse CORPORENCE. Dites : D'une belle CORPULENCE, d'uhb GROSSE CORPULENCE.

CorporencB n'est pas français,

RAVES COTONJNÉES, pour signifier ce qu'on appelle en provençal reifouars boutis , c'est-à-dire raves devenues creuses et lilamenteuses. est n ne expression impropre. Il faut dire R.WES CORDÉES: Les raves sont presque toutes

COHDÉES A la F[S DE LEUR SAISON.

Colonne, cotatmée, se cotonntr, en parlant des raves, des artichauts, des pommes et de quelques autres fruits, signiHe qu'ils sont devenus molasses et spongieux comme du coton : Lm ravei ne lardent pas à se col<mner, si on les laisse au soleil après avoir été cueillies. Les pommes, tes brugnons sont beaucoup plus doux, quand ils sont un peu ctitonnés.

Il faut être COURANT dans les affaires. Dites; Il faut ÊTRE COCLANT DANS les affaires.

Courant présenterait une autre idée, qui n'est pas celle qu'on veut exprimer. On ne veut pas dire qu'il faut courir dans les affaires, mais seulement y être coulant, c'est-à-dire en suivre le cours sans s'arrêter à de vaines chicanes.

Le GOUROIR de cette maison est toujours sale, parce qu'on en laisse sans cesse la porte ouverte. Dites : Le VESTIBULE de cette maison, l'ENTRÉE de cette maison; ou bien : L'ALLÉE de cette maison, si l'entrée en est étroite et allongée entre deux murs,

Couroir n'est français qu'en terme de marine pour désigner un passage étroit entre les chambres d'un bâtiment.

Un COURRETIER, une COURRETÏÈRE, Dites : Un FRI- PIER, une fripière, un marchand FRIPIER, la boutique d'une fripière.

Courretier, courretière n'est pas français.

Je cousus toute la journée. Il fallait que je COU- SUSSE sans cesse. Dites : Je COUSIS toute la journée. Il

FALLAIT que JE COUSISSE SANS CESSE.

Ces deux temps, le prétérit défini et l'imparfait du subjonctif, qui dans tous les verbes ont toujours le môme radical, ne se forment jamais du participe passif. Cousu^ cousue ne peut donc en être le radical.

Voici comment on conjugue ces deux temps :

Prétérit défini : Je cousis, tu cousis, il cousi-t, nous cousi-mes, vous cousi-tes, ils cousi-rent.

Imparfait du subjonctif : Que je cousisse, que tu cousisses, quHl cousi-t, que nous cousissions, que vous cousissiez, qu*ils cousissent.

Il Y A DANS CETTE OMELETTE UN OEUF COUVÉ QUI L'A GÂTÉE.

Dites : Un oeuf COUVI qui l'a gâtée.

Un œuf couvé n'a plus qu'une partie de la coquille. On appelle couvi celui qui n'a été sous la poule que très peu de temps, à peine assez pour en être gâté.

COUVERT pour COUVERCLE, comme COUVERTE pour COUVERTURE, n'est pas français. On dit le COUVERCLE

d'une TABATIERE, LE COUVERCLE d'UN POT, LE COUVERCLE

d'dne boite, etc.; une COUVERTURE de i.aine, une COU- VERTURE D'iiivEB, etc.

Un couvert c'est une cuiller et une fourchette réunies.

Le couvert de cette maison a besoim be gtELQUES réparations. Dites : La COUVERTURE de cette maison, etc.

C'est ainsi qu'on appelle ce qui Torme la surface extôrieure : d'un toit.

Un couvert, comme nous venons de lé dire, est une cuUlep et une fourchette réunies.

Je crains me trompeii. Dites : Je CRAINS DE me tromper. , Le verbe craindre régit toujours la préposilion de avant l'inrmitifquilesuit.

Il ne parle pas CRATNTE de mal parler, CRAISTE qu'os NE SE KOQi'E DE LUI. Dites : Il we parle pas de crainte DE MAL PARLER, DANS LA CRAINTE de mai, parler, DE CRAINTE qd'on ne se mooue de lui, DANS LA CRAINTE

qu'on NE SE MOQliEDELUI.

Celte préposition de ou dans, devant le mol crainte, ne {>eut être sous-entendue que dans le cas où ces deux mots , crainte de sont immédiatement suivis d'un substantif pour complément ; Je ne le laisse point seul crainte d'accident.

Il crasse tout de suite ses habits. Il CRASSIT tout de SUITE SES KAiiiTS. Diles i 1l ENCRASSE tout de suite ses habits. Cette étoffe S'ENCRASSE facilejient.

Crasser ni crassir ne sont français.

C'est lne CBASSERIE. Dites : C'est une LADRERIE.

Quoi qu'on dise indiffère m ment dans le style familier &-asseux ou ladre, pour signtOer une personne sordidement avare, ladrerie est cependant le seul mol par lequel on dé< Mgne ce vice, qui bien souvent rend insensible à la houle,

a la ladrerie c des malheureux qui i

rpOTelle frappe d'inecDsilNiité le a 1 soul aUeiDU.

C'est rs CRÉOL, il est !»é i>a5s ies CoLOHtts. DîIk: C'est ti:i CRÉOLE, il est kê dï.xs les Colonies.

Cr^f« est un subslnntir des deux genres. Oa dit : c'al m orMe, c'mI une er^ofr, comme on dil : c'est un bel eafatt, iett une belle mfant.

Il est kë avec la CnÉP!!4E (proverbe qui ^gnîGe II eil né heureux), Loul lui réud^it. On dil an français a est ni COIFFÉ, c'est-à-diro il est ne avec une sorte de memhraiie la tdle qu'on appelle coifTe, et que le peuple reganle coàinie un présage de bonheur.

C'est celte membrane qu'on appelle cre»pino en prOTençd.

Il FittT FAtKE cy CRÉPISSAGE a cette muraille. Dites i^ Il faut faihe u<< CRÉPI, il faut DON\En un CRÉPI a c

Cripmagt D'est pas frani;ais.

Cet BON MB EST CREL'SË nS PETITE ^-ÉHOLB. DitCS ! | , flOKXE EST PICOTÉ DE PETITE VÉROLE, MARQUE DB f

^ROLB; OU bien : Cet homme est CRËLË, il a GRÉLË, tout grêlé.

Les petites cavités que présentent les marques de p vérole sont trop peu profondes pour qu'on puisse dire q un est ereiué.

a BALLON CRËVA ALOas ET CBLCI-^t VA CRÉVEB À

Dites et écrives, avec un e muel : Le ballon CREVA i KT CBLni-ci VA CREVER aussi.

Crever ne. prend jamnis un d fernië, mais l'e muet j première syllabe devient ouvert dans le cours de sa. c gaison, toutes les fois qu'il est immëdiatemenl suivi d'J muet : Il crève, il crèvera.

;g le crochet de ses ciSEiUlC < , Dilea : Avec la CHAINE db ses c^- &nx, eLc.

Le crochet n'ûst que la partie supérionrc de celle sorte de F ^aîne, el pi^opremunt ce n'esl pas le crochet qui est peDdu, s la diatoti donl il lail partie.

E HE PUIS PAS CROCHETER ma robe, là MAILLETTE est jpp PETITE. Dites : Je ne purs pas AGRAFER ha rode, LA PBTE DE L'AGRAFE est trop petite.

fçttll'tte n'est pas français, cl crocheter ne signifie jamais

e chose que ouvrir avec un crochet : A^ou^ aviatu oubiié

ftef, il a falltt crocheter la porte.

n'est pas de sottise qu'on ITE PtlSSE LDI FAIRE CROIRE.

: Qu'un me puisse lui faire ACCROIRE.

On fait croire une chose possible, raisonnable. Je lui ai fait croire qu'on l'attendait, je lui ai fait croire que j'allais me

', etc.; mais on fait accroire une cliose qui ne peut être, une cbose absurde.

CROISSANCE DE CHAIR. Dites : EXCROISSANCE de chair.

Croissance signirie acLion de croître. L'dje de la croistance ;

il a fini

Il marche avec des CROSSES. Dites : Il .marche avec des SÉQUELLES.

Crosse signifie bàlon pastoral d'Évâque ou d'Abbé, ou bien la partie d'un fusil que l'on appuie contre l'épaule pour tirer.

Il faut du fil cru pour coudr.e ue la toile CRUE. Dites '•

Il FAIJT DD FIL ÉCaU POUR COUDEE DE LA TOILE ËCRUE.

On appelle éErue une toile qui n'a pas été blanchie. CUEILLIR use MAILLE A DES BAS. CUEILLIR une maille a

VJtt DEHTEi.LE. Dilcs : REPRENDRE une HAn.LC A DM

REPRENURE UNE maiu.e \ une dentelle.

Cueillir n"esl pas français dans ci

Je CUEILLIRAI, td CUEILDRAS, n. CCEILLIRA, CUEILLIBONS, elc. Dites : Je CUEILLERAI, tu CUEILl| RAS, ilCUE11,LERA, NOUS CUEILLERONS, etc., comm^ c'élail le futur d'un verbe en er.

Cueillir est irrégulier, sa ul le passé défini, l'imparfait J BUbjonctif et lu parlicipo passif; tous les autres tempftv forment comme si l'on disait à rinfinîtif. cueiUeT : Je c lu cueilles, etc., cueillant, elc.

UN CUILLER A SOUPE. UN CUILLER a CUILLER A SOUPE, UNE CtlLLER a cafi!.

Cuiller csl féminin commo cuillère qa] a cation. On dit indilléremmenl une cuiller ou u

Prenez une CUILLÈRE de bol-illon. Dites : Prenez ^

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