‹ Les provençalismes, corrigés, ou, Corrections raisonnées des fautes de langage et de prononciationChapitre 34 sur 73 · IL EST DANS LES TRANSES DE LA MORT · texte numérisé non relu

IL EST DANS LES TRANSES DE LA MORT

Èlranse n'est pas français.

La PREMIÈRE ÉVANGILE. La dernière ÉVANGILE. Dites: Le premier ÉVANGILE. Le dernier ÉVANGILE.

Quoiqu'en aient dit certains grammairiens, évangile est toujours masculin, qu'on ne veuille désigner qu'une partielle ce livre divin, comme dans les exemples ci-dessus, ou qu*on veuille le désigner tout entier.

Elle ÉVANOUIT de douleur. Dites : Elle S'ÉVANOUIT de douleur.

Évanouir ne s'emploie, sans le pronom régime (18) qu'après les verbes faire, laisser, voir, qui permettent l'ellipse de ce pronon : // la fait évanouir, il la laisse évanouir, il la voit évanouir.

Je vous Éviterai cette peine. Dites : Je vous ÉPAR- GNERAI CETTE peine.

Avec le verbe éviter il faudrait dire je vous ferai éviter cette peine, qui signifie littéralement je ferai vous éviter cettf peine, c'est-à-dire que vous évitiez cette peine, car c'est toujours la personne à laquelle se rapporte le verbe éviter, quf fuit, qui esquive l'objet évité : J'évite le danger. Eviter les mauvaises compagnies. Ce verbe ne signifie jamais procurer aux autres le moyen d'éviter.

Cette maison a six croisées de FAÇADE. Dites : Six croisées DE FACE.

Façade ne s'emploie point ainsi dans un sens indéterminé.

Il est trop FAÇOJNîNEUX, elle est trop FAÇOiNNEUSE. Dites : Il est trop FAÇONNIER, elle est trop FAÇON- NIÈKE.

Façonneux, façonneuse, n*est pas français ; on dit façonnier,, façonnière, en français comme en provençal.

Il FADRAIT faire telle chose. Dites : Il FAUDRAIT faire telle chose.

Falloir fait au futur il faudra, et par conséquent il faudrait au présent du conditionnel. Ces deux temps ont toujours le môme radical, quelque irrégulier que soit le verbe.

Il s'amuse a FAIRE les cartes a son frère. Dites : A TIRER LES cartes a son frère.

Dans cette prétendue manière de prédire la destinée de quelqu'un, on tire une carte d'un jeu qui doit les réunir, sans arrangement préalable.

S'il m'en parle, je l'enverrai FAIRE paître Dites : Je l'enverrai paître.

Expression figurée qui assimile à un animal, celui que l'on renvoie ainsi avec mépris.

Je viens de FAIRE un baptême. Dites : Je viens de TENIR

UN ENFANT SUR LES FONTS DE BAPTÊME, OU bien SUR LES FONTS BAPTISMAUX. ,

Faire un baptême ne se dit jamais en français. Le prêtre administre, confère le baptême, ou plus simplement baptise ;.

et le parrain et la marraine tiennent Tenfant sur les fonts baptismaux.

Il vient de FAIRE une longue maladie. Il s'est tellement

ÉCHAUFFÉ qu'il EN A FAIT UNE FORTE MALADIE, DiteS : IL VIENT D'AVOIR UNE LONGUE MALADIE. Il S'EST TELLEMENT ÉCHAUFFÉ

-qu'il en a gagné une foîite maladie.

On dit faire une chute, mais on ne dit pas faire une maladie. La maladie on l'a, on la gagne, on la prend.

Nous FAISONS fête aujourd'hui. Dites : Nous CHOMONS aujourd'hui. Nous ne travaillons pas aujourd'hui, nous <]HOMONS LA fête du jour.

Faire fête présente un autre sens. On fait fête à quelqu'un, •quand on lui fait un accueil empressé : // a été bien accueilli partout, tout le monde lui a fait fête.

Nous FAISONS SAINT-MICHEL pour aller occuper une MAISON PLUS COMMODE. Diles : Nous DÉLOGEONS, nous DÉ- 1WÉNAGE0NS, pour aller, etc.

De ce que les locations finissent généralement, en Provence, le jour de Saint-Michel, il ne s'en suit pas qu'on puisse appeler Saint-Michel l'action de déloger ni de déménager.

Souvent il FAIT fâcher, il FAIT inquiéter, il FAIT impatienter sa mère.

Cette manière de parler, qui est française en elle-même, lie l'est pas dans le sens qu'on lui attribue à tort généralement. Dans ce sens il faut dire : Souvent il est CAUSE que

SA mère se FACHE, QUE SA MÈRE S'iNQUIÈTE. QUE SA MÈRE S'iM- PATIENTE.

La faire fâcher ^ inquiéter, etc., signifie qu'on est cause que quelqu'un la fà'he, l'inquiète, etc.; comme »/ /ait (/rentier sa mère signifie qu'il esl cause c^u'on la gronde.

^^Ai EU FAIT jusqu'à dix lieoes PAU jour. Dilas : Il h'ei'^

iRivÉ DE FAIRE jusqu'à des lieues par jour.

On nn dit j'ai eu dit, j'ai eu fait, etc., c'ûst-à-dire oirl n'emploie ie passé sntérieur que quand on veut exprimer la f lin de l'aRlion, le moment où elle s'est terminée : J'ai eu fait mes diic lieues avant la nuit. Quand il a eu tout dit, il «'en d est allé. Il a eu dîné avant dix minutes.

Si os NE Lni eut pas FAIT la main, il n'aurait pas aénssii

, Dites ■ Si ON NE LUI EUT PAS PRÊTÉ LA MAIX, DONNÉ LA |

IL n'aurait pas réussl Foire la main est une locution qui n'est pas française.

Le cfKL'it HE FAIT mal de l'entendre ainsi gémir. Dites: J

t^ COEUR ME SAIGKE, LE COKUB »Z FEND DE L'ENTENDB1S'| j^JiNSI GËHIn.

r me fait mal ne se dit point au ligure. On ne peut^ qdoyer celte expression qu'au propre pour désigner une 1 nleur physique, comme quand on dit : La télé me fait mai, iï bras me fait mal/Cic.

^ b. s'est fait mal en TOMBANT. Diles ; Il s'est BLRSSÉ M iOhbant, ou bien il s'est FAIT DU mal eîj tohbabt. i

Se faire mal n'est français qu'en employant mal commft 1 idverbe ; Il s'est mal fait valoir dans cette maison. U s' uil juger par cet aveu.

I Cette lampe ne FAIT pas belle lumière. Dites : Cette | UiPE n'éclaire pas dien. Cette lampe ÉCLAIRE mal.

W^Paire lumière n'est pas Irangais.

(FAnt a fait quatre nourrices. Dites : Cet enfaot; I

eu QUATRE NOURRICES. CET ENFANT A TËTÉ DE QUATST'I

ITB DIFFÉRENTS.

l'X'enlbnt n'a pas fait ses nourrices.

Il s'est fait une entorse. Dites : Il s'est DONNÉ une

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