‹ Les provençalismes, corrigés, ou, Corrections raisonnées des fautes de langage et de prononciationChapitre 35 sur 73 · ENTORSE · texte numérisé non relu

ENTORSE

On ne se fait pas une entorse, on se la donne involontairement par un effort, par une chute, etc.

Il fait vent. Dites : Il FAIT DU vent, comme on dit il fait de la pluie.

C'est-à-dire qu'il faut devant le mot vent la préposition de avec l'adjectif dit article (du est pour de le).

Cette fourchette est FAITE de gras. Jai les mains FAI- TES p'huile. Dites : Cette fourchette est GRASSE, est GRAISSEE, SALIE de graisse. J'ai les mains OLNTES d'huile.

Fait, faite n'a jamais cette signification.

La dame que j'ai FAITE voir a ma sobur. La montre que j'ai faite acheter a mon frère, etc. Dites : La dame que j'ai fait voir, etc. La montre que j'ai FAIT acheter, etc., sans que le participe varie.

Ce qui a été fait ce n'est point la dame, ce n'est point la montre ; c'est que ma sœur ait vu la dame, c'est que mon frère ait acheté la montre. Or dans ces deux cas, comme dans tous les autres analogues, le participe ne saurait varier ; il ne se rapporte à rien qui ait un genre, il ne modifie aucun substantif.

Voici en résumé no^re théorie sur le participe passif. Ce mot, selon nous, est un véritable adjectif entièrement soumis, quant à sa syntaxe, aux règles du participe latin correspondant; passif comme lui. il ne saurait pas plus avoir un complément direct que celui-ci un accusatif pour régime ; en un mot, c'est un adjectif comme les autres, variable, à une seule exception près, s'il se rapporte à un substantif connu ; invariable dans le cas contraire, aulrement dit, quand il est pris 5ul)s(antivement. OûVtowxft le substantif auquel le participe

ion ^uefi^H le tant ^|

rapporte, comme on Iroaverait celui do [oui autre adjact Q faisant, immédialemenL avant le participe, la question I robjet ? Exemple : Ceit avec cette religion, itimpies ont persécutée et persécutent encore, que sont entréts h'dtais ks anciennes Gaules les lumières et l'humanité. A mn f'fiambeau se sonl éclipsées l'ignorance et la barbarie, et les princes les plus farouches Vont proclamée divine en lut mettant leur orgueil. Tous les participes de cet exemple soi variables, parce qu'ils ont cbacun ua substantif connu : Qui est l'objet persécuté ï C'est la Religion. Quels sont les objet»* entrés? Ce sont les lumières et l'bumanité. Quels sont leS^' objets éclipsés? Ce sont l'ignorance et la barbarie. Quel esl' L'objet proclamé ? C'est la Religion.

Ctiaquë ptarast! oli se trouve un de ces participes, doit (^analyser ainsi : Tant d'impies ont que (laquelle religion) êrsécutée. Les lumiirei et t'httmanilé sont entrées dam, etc. L'ignorance et la barbarie ont (25) se éclipsées. Les princes bt> plus farouches ont la (Religion) proclamée.

Nous avons bien m de vos bêtises. Quel est l'objet ri? II n'y en a point, il est impossible d'en concevoir, ri esl pris substantivement ; c'est comme si Ton disait nous avons (le ayant] ri, c'est-à dire l'action d'avoir ri (c'est ainsi que nous expliquons le pari icipe passir de tout verbe intransitif construit îTvoc avoir) ; il doit donc ôtrû invariable : J'ai mangé avee lui. Quel esl l'objet mangé? On n'en sait rien, il n'est pa»; spécifié, il est inconnu ; le participe doit donc encore âtta, ~ ivariable. C'est comme si l'on disait : J'ai quelque ohoaé: tangé. Doucement, dira-t-on ici, mais si vous ajoutiez una \ule, une perdrix, etc., l'objet mangé serait connu et cepeDir-i inlle participe demeurerait toujours invariable. D'accord, -c'est là l'exception que nous avons annoncée, la sente obdion qu'on puisse faire contre notre théorie; encore soyons-nous pouvoir l'expliquer. Quand on dit j'ai mangé e poule, une perdrix, etc., l'objet mangé vient trop tard, feccord s'est déjà fait avec un mot sous-entendu, comme j

Fdans l'exemple prëeëdenl : J'ai quelque chose mangé, savoir une poute, une perdrix.

Le pronom en semble encore donner lieu à quelques difûculléa. On dit. après avoir parlé de pommes, de figues, ola., j'en ai mangé, j'en ai cueilli, ^ans Taire accorder le participe avec le substantir précédemiuent nommé, pommer, figues, etc.; c'est qu'en ell'ul il ne s'y rapporte pas. Qu'esl-cs qui esl mangé? Qu'est-ce qui est cueilli? Ce ne sont pas ces pommes, CCS ligues, etc., donl on parle, c'est quelques-unes d'elles, c'est une partie. Le vrai substantif du parlicipe est donc encore ici un mot vague s ou s -en tendu, en n'en esl que le délerminatif. Ce pronom est ici un véritable génirif, et le participe, couBlruit avec avoir, ne peut diipendre que d'un accusatir, c'est-â-dire d'un âubatantif immédiatement régi par ce verbe.

Voici quelques exemples, tant Trançais que latins, qui nous semblent venir a l'appui d« notre théorie sur le parlicipo, laquelle consiste toute, comme on l'a vu, à ne le considérer jamais que comme un simple adjeclir, comme un mot qui ne peut point avoir de complément direct, ou, comme on dirait, s'il ii'agis^it du latin, qui ne peut jamais régir un accusatif. La Fontaine a dit : Les tièdes zéphirs uni l'herbe rajeunie; j'ai maints chapitres vus ; au lieu de ; ont rajeuni l'herbe, j'ai vu maint! chapitres, qu'on dirait aujourd'hui. Corneille : Lesstd amour de Rome a sa main animée. Malhorbo : Dieu , dont tes bontés, de nos larmes loucltéei, ont aux vaines fureurs Us armes arrachées. Nous disons tous les jours ; J'ai tout mangé, j'ai tout vu, je n'ai rien fait, etc., oti peu, tout, rien sont complément de j'ai et objet passif du participe ; c'est avec chacun de ces mois que celui-ci s'accorde.

Tite-Live dit : Ne Romanis quidem exempUs abstinui Qtis dut VISA aut AUDiTA haàebam ; je ne me suis pas même abstenu des exemples romaitu, lesquels (exemples) /avais ou vus ou entendus. Personoe, je crois, ne nous contestera que visa et audita ne soient ici ad^ecUfs de quœ, ou, plus exactement de

mpl» sous-entendu après quœ. Je ne pense pas nos pi fiÇIii'ûii voulût regarder quœ exempla comme régime de v e avilit au lieu d'habebam, nous lisons dans Phèdre : Citô rumpes arcum s H^ï&im ariatm) tensum kabuerù ; lu rompra» bientôt (Ion) aro n tu Cas toujours tendu. . . Tensum est visiblement ici actjsolir n sous-entendu, complérrent de habuerû.

FAITES LIIMIÈIIE \ Moxseeur , FAITES LUMIÈRE &i liDiBE. Dites : ÉCLAIREZ Monsieur. ËCLAiaEZ Madame. '. La plupart des grammairiens prétendent qu'il faut dire iclairei à Mondeur, éclairez à Madame; car ce n'est point, ïaenL-ils, la personne qu'on âcbiro. mais le lieu par oii elle é ces raisons et L'autorité de ces grammairiens, 'éclairez Monsieur, éclaires Madame est aujourd'hui la seule mlion admise en bon français.

Ne vous faites i

't faire ne se dit qu'en parlant d'une profession, d'une Ifeligion, etc. : Il s'est fait nolaire, il s'est fait musulman, elc

I FAITES VOTRE CHEMIN, BRAVE HOMME. Dites : l'ASSEÏ

IWTKE CHEUIN, BRAVE HOHUIE.

' Paire ion chemin ne se dit plus qu'au ligure pour signiHef artienir -■ Ce jeune homnie est laborieux, il fera son cheraia.

Prends le FANAL poun rtcLAiBEB quakd il sera nuit. OS,

JU.LUHE TRÈS-TARD I.K F<LNAL OË LA RUE. DitBS : PRENDS L&

LANTERNE pour t'ëclairer, etc. On allume très-iard IK; KEVERBÈRE de la rue.

Fanai ne se dit qua des grandes lanternes à l'usage urina el des feux qu'on allume au sommet des tours élevés^. t les côtes, pour guider les vaisseaux, et on appelle rever^ ■n toute lanterne ou lampe à laquelle est adapté un miroir r réllécUir la lumière.

Cela est FARCE. Dites : C'est UNE FARCE que cela, c'est une vraie farce.

Farce n'est jamais adjectif.

Nous AVONS MANGÉ UN FARCI. Ditcs : Une poitrlve de mouton farcie.

Ce met n'a point de nom particulier et farci, participe du verbe farcir , ne se prend jamais substantivement.

Il te le FAUT, tant pis pour tol Dites : TU L'AS BIEN MÉRITÉ, C'EST PAIN BÉNIT, TU N'AS QUE CE QUE TU

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