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SE RAPPORTANT AUX PROVINCIALES

On sait que Louis Perîer, un des neveux de Pascal, qui est mort en 1713, avait déposé, à la bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés, un volume au sujet duquel il s'est exprimé de la manière suivante :

« Je soussigné.;, certifie que le présent volume... est composé de petits papiers écrits d'un côté, ou de feuilles volantes , qui ont été trouvées , après la mort de M. Pascal, mon oncle, parmi ses papiers, et sont les originaux du livre des Pensées de M. Pascal ^... et sont écrits de sa main, hors quelques-uns qu'il a dictés aux personnes qui se sont trouvées auprès de lui, lequel volume j'ai déposé dans la bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés , pour y être conservé avec les autres manuscrits que l'on y garde... »

C'est ce volume ou ce cahier, qu'on appelle assez improprement le manuscrit autographe de Pascal , placé maintenant à la Bibliothèque nationale à Paris^ qui a été véritablement découvert par Victor Cousin en 484î2, et d'après lequel M. Faugère a donné, en 1844, son édition des Pensées, fragments et lettres de Biaise Pascal, 2 vol. in-octavo, qu'on peut regarder comme une édition princeps, puisque c'est la première où on lise le véritable texte de Pascal.

Quand Louis Perier dit que ces papiers sont les origi-

1. Voir à ce sujet la préface de la première édition des Pensées^ au tome 1 de mon édition, pages liv, lv.

naux de ce qu'on a appelé les Pensées de Pascal , cela est vrai généralement; mais ils contiennent aussi, quoiqu'on beaucoup moins grand nombre, des notes prises pour la composition des Provinciales, qui n'avaient pas été détruites ; je dis pour les Provinciales, ou pour des écrits postérieurs, mais se rattachant également à la polémique de Pascal et de Port-Royal contre les jésuites.

M. Faugère , dans son tome 1, a mis à part une cinquantaine de pages sous ce titre : Femées et notes relatives aux jésuites, aux jansénistes ou aux Provinciales, Et dans cette division, il a fait deux subdivisions, savoir : Pensées sur les jésuites et les jansénistes ^ p. 265-291, ei Pensées et fiotes pour les Provinciales , ipi, 292-314. Quelques-uns des fragments de la première série ont été recueillis dans des éditions des Pensées et se retrouvent dans la mienne ^ ; le reste n'a été reproduit nulle part.

Je ne donnerai pas ici tous c^s fragments inédits, parce que beaucoup ne sont que des notes informes et véritablement illisibles , dont on ne pourrait rien tirer, ou , si on en tirait quelque chose, ce ne serait qu'à l'aide de recherches dont on pourrait craindre qu'elles ne valussent pas le temps et la peine qu'elles coûteraient^. Les curieux intrépides pourront toujours se reporter à l'édition de M. Faugère, qui a tout donné, et qu'il faut remercier de l'avoir fait. Le texte de ces Fragments est pris le plus souvent dans les autographes de Pascal, quelquefois dans des manuscrits tels que ceux du P. Guerrier,

1. La plupart sont rassemblés dans mon article XXIII, qui répond à l'article XXVII de l'édition de Port-Royal , intitulé : Pensées sur les miracles; ils ont été suggérés par le miracle de la Sainte -Épine.

2. En voici un échantillon (p. 207) : « 230. Extrême péché est de le défendre. Etidere. — 240. 23. L'heure des méchants. — Doctrina vera noscitur vir, — 66. Labor mendadi, — Fausse piété, double péché. »

En voici un autre (p. 297) :« 452. Rois nourriciers. — 4, Hais à cause de leur mérite. — Appel, univers. 159. Décret de Sorbonne. — Lei rois, 241 », etc., etc.

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