‹ Les provinciales de PascalChapitre 14 sur 124 · QuHls s'imaginassent · texte numérisé non relu

QuHls s'imaginassent

38 LETTRES PHOVINCIALES

confondre des erreurs manifestes par la seule exposition que Ton en fait*, et qui ne s'offense^ point de voir renverser la morale par ces erreurs 1 Si ces personnes étaient en danger d'être assassinées, s'offenseraientelles de ce qu on les avertirait de l'embûche qu'on leur dresse; et, au lieu de se détourner de leur chemin pour l'éviter, s'amuseraient-elles à se plaindre du peu de charité qu'on aurait eu de découvrir le dessein criminel de ces assassms ? S'irritent-ils lorsqu'on leur dit de ne manger pas d'une viande parce qu'elle est empoisonnée, ou de n'aller pas dans une ville parce qu'il y a de la peste ?

D'où vient donc qu'ils trouvent qu'on manque de charité quand on découvre des maximes nuisibles à la religion, et qu'ils croient au contraire qu'on manquerait de charité de ne pas découvrir* les choses nuisibles à leur santé et à leur vie, sinon parce que l'amour qu'ils ont pour la vie leur fait recevoir favorablement tout ce qui contribue à la conserver, et que l'indifférence qu'ils ont pour la vérité fait que non seulement ils ne prennent aucune part à sa défense, mais qu'ils voient même avec peine qu'on s'efforce de détruire le mensonge ?

Qu'ils considèrent donc devant Dieu combien la morale que vos casuistes répandent de toutes parts est honteuse et pernicieuse à l'Église ; combien la licence qu'ils introduisent dans les mœurs est scandaleuse et démesurée; combien la hardiesse avec laquelle vous les soutenez est opiniâtre et violente. Et s'ils ne jugent qu'il est temps de s'élever contre de tels désordres, leur aveuglememt sera aussi à plaindre que le vôtre, mes Pères , puisque et vous et eux avez un pareil sujet de

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