Et au contraire vous les louez
DOUZIÈME LETTRE Oi
Enfin, vous faites valoir par-dessus tout ce que vous dites , que Vasquez oblige en récompense les riches de donner l'aumône de leur nécessaire \ Mais vous avez oublié de marquer l'assemblage des conditions nécessaires pour former cette obligation*, et vous dites généralement' qu'il oblige les riches à donner même ce qui est nécessaire à leur condition. C'est en dire trop , mes Pères : la règle de l'Évangile ne va pas si avant : ce serait une autre erreur, dont Vasquez est bien éloigné. Pour couvrir son relâchement, vous lui attribuez un excès de sévérité qui le rendrait répréhensible, et par là vous vous ôtez la créance de l'avoir rapporté fidèlement. Mais il n'est pas digne de ce reproche, après avoir établi, comme il a fait par un si visible renversement de l'Évangile*, que les riches ne sont point obligés", ni par justice ni par charité, de donner de leur superflu, et encore moins du nécessaire, dans tous les besoins ordinaires des pauvres ; et qu'ils ne sont obligés de donner du nécessaire qu'en des rencontres si rares qu'elles n'arrivent presque jamais.
Vous ne m'objectez rien davantage ; de sorte qu'il ne me reste qu'à faire voir combien est faux ce que vous prétendez, que Vasquez est plus sévère que Gaietan. Et cela sera bien facile, puisque ce cardinal enseigne, Qu^on est obligé par justice de donner V aumône de son superflu, même dans les communes nécessités des
i. Que si Vasquez n'oblige pas les riches de donner Taumône de leur superflu, il les oblige en récompense.