‹ Les provinciales de PascalChapitre 33 sur 124 · Encore là · texte numérisé non relu

Encore là

TREIZIKME LETTRE «5

battre^ qui est V action du monde la plus lâche et la plus honteuse à un écrivain. El ]e soutiens*, mes Pères, qu'il ne la rapporte que pour la suivre. C'est une question de fait, qu'il sera bien facile de décider. Voyons donc comment vous prouvez ce que vous dites , et vous verrez ensuite comment je prouve ce que je dis.

Pour montrer que Lessius n'est pas de ce sentiment, vous dites qu'il en condamne la pratique. Et pour prouver cela , vous rapportez un de ses passages , liv. 2, c. 9, n. 82, où il dit ces mots : J'en condamne la pratique. Je demeure d'accord que , si on cherche ces paroles dans Lessius, au nombre 82, où vous les citez, on les y trouvera. Mais que dira-t-on, mes Pères, quand on verra en même temps qu'il traite en cet endroit d'une question toute différente de celle dont nous parlons, et que l'opinion dont il dit en ce lieu-là qu'il en condamne la pratique n'est en aucune sorte celle dont il s'agit ici, mais une autre toute séparée? Cependant il ne faut , pour en être éclairci, qu'ouvrir le livre au lieu même où vous renvoyez* ; cardon y trouvera la suite de son discours en cette manière.

Il traite la question, savoir si on peut tuer pour un soufflet, au n. 79, et il la finit au n. 80, sans qu'il y ait en tout cela un seul mot de condamnation. Cette question étant terminée , il en commence une nouvelle en l'art. 81, savoir si on peut tuer pour des médisances. Et c'est sur celle-là qu'il dit, au n. 82, ces paroles que vous avez citées : J'en condamne la pratique.

N'est-ce donc pas une chose honteuse , mes Pères, que vous osiez produire ces paroles, pour faire croire

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