Dans leur censure
Qui vousa donc donné le pouvoir de dire, comme font Molina, Reginaldus, Filiutius, Escobar, Lessius, et les autres : // est permis de tuer celui qui vient pour nous frapper; et ailleurs : // est permis de tuer celui qui veut nous faire unaffronty selon Vavis de tous les casuistes^ ex sententia omnium, comme ditLessius,n. 74? Par quelle autorité, vous, qui n'êtes que des particuliers, donnezvous ce pouvoir de tuer aux particuliers et aux religieux mêmes? Et comment osez-vous usurper ce droit de vie et de mort qui n'appartient essentiellement qu'à Dieu, et qui est la plus glorieuse marque de la puissance souveraine? C'est sur cela qu'il fallait répondre; et vous pensez y avoir satisfait en disant simplement, dans votre d3® Imposture, que la valeur pour laquelle Molina permet de tuer un voleur qui s'enfuit sans nous faire aucune violence n^ est pas aussi petite que f ai dit, et qu^il faut qu^elle soit plus grande que six ducats. Que cela est faible, mes Pères ! Où voulez-voue la déterminer? A 15 ou 16 ducats? Je ne vous en forai pas moins de reproches. Au moins, vous ne sauriez dire qu'elle passe la valeur d'un cheval; car Lessius, 1. 2, c. 9, n. 74, décide nettement Qu'il est permis de tuer un voleur qui s'enfuit avec notre cheval. Mais je vous dis de plus que, selon Molina, cette valeur est déterminée à 6 ducats, comme je l'ai rapporté; et, si vous n'en voulez pas demeurer d'accord, prenons un arbitre que vous ne puissiez refuser. Je choisis donc pour cela votre Père Reginaldus, qui, expliquant ce même lieu de Molina, 1. 21, n. 68, déclare que Molina y détermine la valeur pour laquelle il n'est pas permis de tuer^ à S, ou 4, ou 5 ducats. Et ainsi, mes Pères, je n'aurai pas seulement Molina, mais encore Reginaldus.
Il ne me sera pas moins facile de réfuter votre 1 4« Imposture , touchant la permission de tuer un voleur qui
, nous veut ôter un écu, selon Molina. Gela est si constant, qu'Escobar vous le témoignera, tr. 4, ex, 7, n. 44, où il dit que Molina détermine régulièrement la valeur pour laquelle onpeUt tuer à unécu. Aussi vous me reprochez seulement, dans la 44" Imposture, que j'ai supprimé les dernières paroles de ce passage : Çwe Von doit garder en cela la modération d'une juste défense. Que ne vous plaignez-vous donc aussi de ce qu'Escobar ne les a point exprimées ? Mais que vous êtes peu fins ! Vous croyez qu'on n'entend pas ce que c'est, selon vous, que se défendre. Ne savons-nous pas que c'est user d'une défense meurtrière ? Vous voulez faire entendre * que Molina a voulu dire par là que; quand on se trouve en péril de la vie en gardant son écu , alors on peut tuer, puisque c'est pour défendre sa vie. Si cela était vrai , mes Pères , pourquoi Molina dirait-il, au même lieu , QuHl est contraire en cela à Carreras et Bald, qui permettent de tuer pour sauver sa vie ? Je vous déclare donc qu'il entend simplement que, si l'on peut garder son écu * sans tuer le voleur , on ne doit pas le tuer; mais que, si l'on ne peut le garder qu'en tuant, encore même qu'on ne coure nul risque delà vie, comme si le voleur n'a point d'armes, qu'il est permis d'en prendre et de le tuer pour garder son écu ; etqu'en
' cela on ne sort point, selon lui, de la modération d'une juste défense. Et, pour vous le montrer, laissez-le s'expliquer lui-même, tom. 4,tr. 3,d. li,n.'5 : On ne laisse pas de demeurer dans la modération d'une juste défense^ quoiqu'on prenne des armes contre ceu^ qui n'en ont point ou qu'on en prenne de plus avantageuses qu'eux. Je sais qu'il y en a qui sont d'un sentiment contraire ;