Non plus que des autres meurtres
ii) LETTRES PROVINCIALES
particulière pour le meurtre * , et proportionnée aux lumières particulières que Dieu lui a communiquées. Elle considère les hommes non seulement comme hommes, mais comme images du Dieu qu'elle adove. Elle a pour chacun d'eux un saint respect qui les lui rend tous vénérçibles, comme rachetés d'un prix infini, pour être faits les temples du Dieu vivant. Et ainsi elle croit que la mort d'un homme que l'on tue sans l'ordre de son Dieu n'est pas seulement un homicide , mais un sacrilège qui la» prive d'un de sesmembres; puisque, soit qu'il soit fidèle , soit qu'il ne le soit pas , elle le considère toujours, ou comme étant Tun de ses enfants, ou comme étant capable de l'être.
Ce sont , mes Pères , ces raisons toutes saintes qui , depuis que Dieu s'est fait homme pour le salut des hommes , ont rendu leur condition si considérable à l'Église, qu'elle a toujours puni l'homicide qui les détruit comme un des plus grands attentats qu'on puisse commettre contre Dieu. Je vous en rapporterai quelques exemples, non pas dans la pensée que toutes ces sévérites doivent être gardées (je sais que l'Eglise peut disposer diversement de celte discipline extérieure), mais pour faire entendre quel est son esprit immuable sur ce sujet. Car les pénitences qu'elle ordonne ppur le meurtre peuvent être différentes selon la diversité des temps ; mais l'horreur qu'elle a pour le meurtre ne peut jamais changer par le changement des [temps.
L'Église a été longtemps à ne réconcilier qu'à la mort ceux qui étaient coupables d'un homicide volontaire, tels que sont ceux que vous permettez. Le célèbre concile d'Ancyre les soumet à la pénitence durant toute leur vie ; et l'Église a cru depuis être assez indulgente