Phrase supprimée
que ce sont des imposteurs insignes, et de très habiles et de très impudents menteurs \ s'ils ne découvrent ces crimes à toute la terre, Paraissez-donc, mes accusateurs, et publiez ces choses sur les toits, au lieu que vous les avez dites à V oreille, et que vous avez menti en assurance en les disant à Voreille, Il y en a qui s'imaginent que ces disputes sont scandaleuses. Il est vrai que c'est exciter un scandale horrible que de m'imputer un crime tel que V hérésie, et de me rendre suspect de plusieurs autres. Mais je ne fais que remédier à ce scandale en soutenant mon innocence.
En vérité, mes Pères, vous voilà malmenés, et jamais homme n'a été mieux justifié. Car il a fallu que les moindres apparences de crime vous aient manqué contre lui, puisque vous n'avez point répondu à un tel défi. Vous avez quelquefois de fâcheuses rencontres à essuyer^ mais cela ne vous rend pas plus sages. Car, quelque temps après , vous l'attaquâtes encore de la même sorte sur un autre sujet, et il se défendit aussi de môme p. iol, en ces termes : Ce genre d'hommes, qui se rend insupportable à toute la chrétienté, aspire, sous le prétexte des bonnes œuvres , aux grandeurs et à la domination, en détournant à leurs fins presque toutes les lois divines, humaines , positives et naturelles. Ils attirent, ou par leur doctrine, ou par crainte , ou par espérance^ tous les grands de la terre, de l'autorité desquels ils abusent pour faire réussir leurs détestables intrigues. Mais leurs attentats , quoique si criminels, ne sont ni punis ni an^êtés : ils sont récompensés au contraire, et ils les commettent avec la même hardiesse que s'ils rendaient un service à Dieu, Tout le monde le reconnaît, tout le monde en parle avec exécration ;
i. De très habiles et très impudents.
mais il y en a peu qui soient capables de s'opposer à une si puissante tyrannie. C'est ce que fai fait néanmoins. J'ai arrêté leur impudence y et je V arrêterai en^ core par le même moyen. Je déclare donc qu'ils ont menti très impudemment^ mentiri impudentissime. Si les choses qu'ils m'ont reprochées sont véritables ^ qu'ils les prouvent donc % ou qu'ils passent pour convaincus d'un mensonge plein d'impudence, Leur procédé sur cela découvrira qui a raison. Je prie tout le monde de r observer, etderemarquer cependant que ce gewe d'hommes, qui ne souffrent pas la moindre des injures qu'ils peuvent repousser y font semblant de souffrir très patiemment celles dont ils ne se peuvent défendre , et couvrent d'une fausse vertu leur véritable ixnpuissance. C'est pourquoi j'ai voulu irriter plus vivement leur pudeur, afin que les plus grossie?'s reconnaissent que, s'ils se taisent, leur patience ne sera pas un effet de leur douceur ^ mais du trouble de leur conscience.
Voilà ce qu'il dit, mes Pères. Et il finit ainsi : Ces gens-là, dont on sait les histoires par tout le monde, sont si évidemment injustes et si insolents dans leur impunité, qu'il faudrait que j'eusse renoncé à Jésus- Christ et à son Eglise, si je ne détestais leur conduite^ et même publiquement , autant pour me justifier que pour empêcher les simples d'en être séduits.
Mes révérends Pères, il n'y a plus moyen de reculer. Il faut passer pour des calomniateurs convaincus et recourir à votre maxime, que cette sorte de calomnie n'est pas un crime. Ce Père a trouvé le secret de vous fermer la bouche : c'est ainsi qu'il faut faire toutes les fois que vous accusez les gens sans preuves. On n'a qu'à répondre àchacun devouscomme le Père Capucin,