‹ Les provinciales de PascalChapitre 68 sur 124 · Y soil · texte numérisé non relu

Y soil

ment qu il n'y eut peut-être jamais une plus grande impudence que la vôtre. Mais je veux encore vous faire prononcer cet arrêt à vous-mêmes contre vous-mêmes. Car que demandez-vous, afin d'ôter toute apparence qu'un homme soit d'intelligence avec Genève? Si Â/. A7mauld, dit votre Père Meynier, p. 83, eût dit qu^en cet adorable mystère il n'y a aucune substance du pain sous les espèces, mais seulement la chair et le sang de Jésus-Çhrist , f eusse avoué qu'il se serait déclaré entièrement contre Genève, Avouez-le donc, imposteurs, et faiteS'lui une réparation publique de cette injure publique. Combien de fois Tavez-vous vu dans les passages que je viens de citer ! Mais, de plus, la Théologie familière de M. de Saint-Gyran étant approuvée par M. Arnauld, elle contient les sentiments de l'un et de Tautre. lisez donc toute la leçon 15, et surtout Tarticle second, et vous y trouverez les paroles que vous demandez, encore plus formellement que vousmême ne les exprimez. Y a-t-il du pain dans Vhostie^ et du vin dans le calice ? Non ; car toute la substance du pain et du vin sont ôtées pour faire place à celle du corps et du sang de Jésus-Çhrist , laquelle y demeure seule couverte des qualités et des espèces du pain et du vin.

Eh bien I mes Pères, direz-vous encore que le Port- Royal n'enseigne rien que Genève ne reçoive, et que M. Arnauld n'a rien dit, dans sa seconde Lettre, qui né pût être dit par un ministre de Gharenton? Faites donc parler Mestrezat comme parle M. Arnauld dans cette lettre, p. 237 etsuiv.; faites-lui dire : Que c'est un mensonge infâme de V accuser de nier la transsubstantiation ; Qu'il prend pour fondement de ses livres la vérité de la présence réelle du Fils de Dieu, opposée à V hérésie des calvinistes ; Qu'il se tient heurtux d'être

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en un lieu où Von adore continuellement le Saint des saints présent dans le sanctuaire ; co qui est beaucoup plus contraire à la créance des calvinistes que la présence réelle même, puisque, comme dit le cardinal de Richelieu dans ses Controverses, p. 536 : Les nouveaux ministres de France s'étant unis avec les luthériens, qui la croient*, ils ont déclaré quHls ne demeurent séparés de VEglisCy touchant ce mystère, qu^à cause de Vado'^ ration que les catholiques rendent à l'Eucharistie. Foites signer à Genève tous les passages que je vous ai rapportés des livres de Port-Royal, et non pas seulement les passages, mais les traités entiers touchant ce mystère, comme le Uvre de la Fréquente Communion, TExplication des cérémonies de la messe^ TExercice durant la messe, les Raisons delà suspension du Saint- Sacrement, la Traduction des hymnes dans les Heures de Port-Royal, etc. Et enfin faites établir à Charenton cette institution sainte d'adorer sans cesse Jésus-Christ enferma dans l'Eucharistie, comme on fait à Port- Royal, et ce sera le plus signalé service que vous puissiez rendre à l'Église, puisqu'alors le Port-Royal ne sera pas dHntelliffence avec Genève ^ mais Genève d'intelligence avec le Port- Royal et toute l'Église.

En vérité, mes Pères, vous ne pouviez plus mal choisir que d'accuser le Port- Royal de ne pas croire l'Eucharistie; mais je veux faire voir ce qui vous y a engagés. Vous savez que j'entends un peu votre politique. Vous l'avfez bien suivie en cette rencontre. Si M. de Saint- Cyran* et M. Arnauld n'avaient fait que dire ce qu'on doit croire touchant ce mystère, et non pas ce qu'on doit faire pour s'y préparer, ils auraient été les meil-

1. Qui croient la présence réeUe de Jésus-Cbrist dans l'Eucharistie.

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