‹ Les provinciales de PascalChapitre 69 sur 124 · M. Tabbé de S.-Cyrau · texte numérisé non relu

M. Tabbé de S.-Cyrau

SEIZIÈME LETTRE i8i

leurs catholiques du monde, et il ne s^ serait point trouvé d'équivoques dans leurs termes de présence réelle et de transsubstantiation. Mais, parce qu'il faut que tous ceux qui combattent vos relâchements soient hérétiques, et dans le point même où ils les combattent, comment M. Arnauld ne le serait-il pas sur TEucharistie, après avoir fait un livre exprès contre les profanations que vous faites de ce sacrement? Quoi î mes Pères, il aurait dit impunément qu'on ne doit point donner le corps de Jésus-Christ à ceux qui retombent toujours dans les mêmes crimes^ et auxquels on ne voit aucune espérance d^ amendement; et qu'on doit les séparer quelque temps de l'autel, pour se purifier par une pénitence sincère, afin de s'en approcher ensuite avec fruit ? Ne souffrez pas . qu'on parle ainsi , mes Pères ; vous n'auriez pas tant de gens dans vos confessionnaux. Car votre Père Brisacier dit que, si vous suiviez cette méthode, vous n'appliqueriez le sang de Jésus-Christ sur personne. Il vaut bien mieux pour vous qu'on suive la pratique de votre Société, que votre Père Mascarenhas rapporte dans un livre approuvé par vos docteurs, et même par votre Révérend Père général, qui est : .Que toute sorte de personnes, et même les prêtres, peuvent recevoir le corps de Jésus-Christ le jour même qu'ils se sont souillés par des péchés abominables ; quCj bien loin qu'il y ait de l'irrévérence en ces communions, on est louable au contraire d'en user de la sorte; que les confesseurs ne les en doivent point détourner, et qu'ils doivent au contraire conseiller à ceux qui viennent de commettre ces crimes de communier à l'heure même, parce que, encore que l'Eglise l'ait défendu, cette défense est abolie par la pratique universelle de toute la terre.

Voilà ce que c'est, mes Pères, d'avoir des Jésuites

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