Satisfait, au singulier
DIXSEFTIÈ E LETTRE 219
Que ce procédé me parut étrange, mon Père ! Car de qui n'.en peut-on pas dire autant, et quel trouble n'exciterait-on point par ce prétexte I Si Von refuse^ dit saint Grégoire, pape, de croire la confession de foi de ceux qui la donnent conforme aux sentiments de V Eglise, on remet endoute la foi de toutes les personnes catholiques *. Je craignis donc, mon Père, que votre dessein ne fût de rendre ées personnes hérétiques sans qu'ils le fussent, comme parle le même pape sur une dispute pareille de son temps; parce, dit-il, que ce n'est pas s'opposer aux hérésies, mais c'est faire une hérésie, que de refuser de croire ceux qui, par leur confession, témoignent d'être dans la véritable foi : hoc non est kœresim purgare, sedfacere*. Mais je connus en vérité qu'il n'y avait point en effet d'hérétiques dans l'Église, quand je vis qu'ils s'étaient si bienjustifiés de toutes ces hérésies, que vous ne pûtes plus les accuser d'aucune erreur contre la foi, et que vous fûtes réduits aies entreprendre seulement sur des questions de fait touchant Jansénius, qui ne pouvaient être matière d'hérésie. Car vous les voulûtes obliger à reconnaître que ces propositions étaient dans Jansénius, mot à mot, toutes, et en propres termes, comme vous l'écrivîtes encore vous-même : singulares, individuœ, totidem verbis apud Jansenium contentœ, dans vos Cavilli, p. 39.
Dès lors votre dispute commença à me devenir in- , différente. Quand je croyais que vous disputiez de la vérité ou de la fausseté des propositions , je vous écoutais avec attention, car cela touchait la foi; mais quand je vis que vous ne disputiez plus que pour savoir si elles étaient mot à mot dans Jansénius ou non, comme