‹ Les provinciales, ou, Les lettres écritesChapitre 17 sur 99 · DES RELIGIEUX · texte numérisé non relu

DES RELIGIEUX

cette sorte ^ plutÀt que de s'arrêter aux nouvelles opinions des CasuisteS; qui les y admettent le jour môme qu'ils y sont tombés? Vous n'avez point de mémoire^ dit le père. Ne vous appris-je pas Tautre fois que^ selon nos pères CeUot et Reginaldus^ « Ton ne doit pas suite vre^ dans la morale^ les anciens Pères ^ mais les nou- « veaux Ga^uistes? » Je m'en souviens bien^ lui répon* di&-je; mais il y a plus ici , car il y a des lois de l'Église. Vous avez raison^ me dit-il; mais c'est que vous ne savez pas encore cette belle maxime de nos pères : « Que « les lois de l'Église perdent leur force quand on ne a les observe plus^ cum jam deswtudine abierunt, » comme dit Filiutius^ 1. 11^ tr. 25^ n. 33. Nous voyons mieux que les anciens les nécessités présentes de l'Église. Si on était si sévère à exclure les prêtres de l'autel^ vous comprenez bien qu'il n'y aurait pas un si grand nombre d^ messes. Or^ la pluralité des messes app(»*te tant de gloire à Dieu et tant d'utilité aux Âmes, que j'oserais dire^ avec notre père Gellot^ dans son livre de la Hiérarchie^ p. 611 de l'impression de Rouen S qu'il n'y aurait pas trop de prêfa*çs^ «c quand non^eulement a tous les hommes et les femmes^ si cala se pouvait, « mais que les corps insensibles, et les bêtes brutes « même, bnUa animalia, seraient changés en prêtre « pour célébrer la messe. »

Je fus si surpris de la bizarrerie de cette imagination, que je ne pus rien dire; de sorte qu'il continua ainsi : Mais en voilà assez pour les prêtres; je serais trop long : venons aux religieux. Ck>mme leur plus grande difficulté est en l'obéissance qu'ils doivent à leurs supérieurs, éjDoutez l'adoucissement qu'y apportent nos pères. C'est

» De Yimpreision de Rouen manque dans les éd.^m-12. — In-4° : ititpresiion de Rouen.

Castras Palalte, de notre Société^ Op. mor. , p. 1^ tr. i, «r disp. 2^ piinet. 6 : « 11 est hors de diq^ile^ fi^n $$4 a etmîrawrtia, que le r^gieux qui a pour soi une opi- « nîon {MobftUe n'est point tenu d'obéir à son rapérieur^ ff qumque l'c^inion du supérieur soit la plus probaHe; ff car alors il est permis au rdiigieux d'embrasser celle « qui lui est la {dus agrèaUe^ fMB $ibi gitaiiêr fueriê, « comme le dit Sanchez. Et encore que le eommatnde- « ment du supérieur soit juste^ cela ne tous ddige pus <r de lui obéir : car il n'est pa» juste de tous points et fc en toutes manières^ non uniijmipi^ ju$U prmeipit, cr mais seulement probablement; et ainsi vous n'êtes « engagé que probablemtent i lui obéir ^ et vousen 6tes « probablement dégagé^ frôbàbilitêP obligaltw, êi pro^ babiliter deobligahês. » Certes^ mon père^ lui dî»*je^ on ne saurait trop estimerun si beau fruit de la double pto-^ babilité. Elle est de grand usage^ me dit«il;»mais ahré« geons. Je ne vous dirai plus que ce trait de notre eélè* bre Molina , en iareur de» religieux qui sont ebassés de leurs couvents pour leurs désordres. Notre pèteEscobiit le rapporte^ tr. %, ex. t, n. lli^ en ces termes. : a Mo^ « lina assure qu'un religieux chassé de soa monastère « n'est point obfigé de se corriger pour y reteurneir ^ et «r qu'il n'est plus lié par son ¥œu d'ofaéissnoce. »

Voilà ^ mon père^ lui dis-jey les ecelésâoslîqises bien à leur aise. Je vois bien que iros Ciasuistes le& ont traités favorsMemfent. Ils y ont i^ comme pour euxrmpènsssi. J'ai bien* peur que les gens des autsea eonditions- na soient pas^ si bien traités. Il &llaît que cliacim fH pou i* soi. Ils n'auraient pas nûeuxfait eus-mômes^ me repartit le pé»re. On a agi pour tous arec une pareille charité^ depuis les plus grands jusques aux moindres; et vous m'engagez^ pour vous le montrer, à vous dire nos maximes touchant les valets.

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