PERMIS DE TUER POUR LE BIEN TEMPOREL
a pas le permettre : tune enim non est permittenduà, » Quoi! moa père^ ce n'est donc ici qu'une défense de politique^ et non pas de religion? Peu de gens s'y ar* rèteront, et surtout dans la colère; car il pourrait être assez probable qu'on ne fait point de tort à TÉtat de le purger d'un méchant homme. Aussi ^ dit-il^ notre père Filiutius joint à cette raison-là une autre bien considérablC; 1. 11^ tr. 29^ c. 3, n. 51 : a C'est qu'on serait puni a en justice^ en tuant le monde pour ce sujet. » le vous le disais bien > mon père;, que vous ne feriez jamais rien qui vaille, tant que vous n'auriez point les juges de votre c6té. Les juges, dit le père, qui ne pénètrent pas dans les consciences, ne jugent que par le dehors de l'action, au lieu que nous regardons principalement à l'intention; et de là vient que nos maximes sont quelquefois un peu différentes des leurs. Quoi qu'il en soit, mon père, il se conclut fort bien des vôtres qu'en évitant les dommages de l'État ^ , on peut tuer les médisants en sûreté de conscience, pourvu que ce soit en sûreté de sa personne.
Mais, mon père, après avoir si bien pourvu à l'hon^ neur, n'avez-vous rien fait pour le bien? Je sais qu'il est de moindre considération; mais il n'importe. Il me semble qu'on peut bien diriger son intention à tuer pour le conserver. Oui, dit le père ; et je vous en ai touché quelque chose qui vous a pu donner cette ouver- * ture. Tous nos Casuistes s'y accordent, et même on le permet, « encore que l'on ne craigne plus aucune vio- « lence de ceux qui nous ôtent notre bien, comme quand «ils s'enfuient. » Âzor, de notre Société, le prouve, p. 3,1. 2,c. 1, q. 20, p. 127.
' Ces mots : en évitant les dommages de TÉtot, manquent dans les éd. in-4*»etin-12.
Mais^ mon père^ combien faut-il que la chose viùUe pour nous porter à cette extrémité? a II faut^ selon Regi- « naldu8> t. II; 1. 21 , c. 5^ n. 67 ^ et Tannerus^ t. III^ c( in 3.3.; disp. h, q. 8; d. iy n. 69^ que la chose soit de a grand prix au jugement d'un homme prudent. v> Et Layman et Filiutius en parlent de même. Ce n'est rien dire; mon père : où ira-t-on chercher un homme prudent; dont la rencontre est si rarC; pour faire cette estimation? Que ne déterminent-ils exactement la somme? Comment 1 dit le pèrC; était-il si facile; à votre avis, de comparer la vie d'un homme ; et d'un chrétien ; à de l'argent? C'est ici où je veux vous faire sentir la nécessité de nos Casuistes. Qierchez-moi dans tous les anciens Pères pour combien d'argent il est permis de tuer un homme. Que vous diront-ilS; sinon : Non occides, « Vous « ne tuerez point? » Et qui a donc osé déterminer cette somme? répondis-je. C'est, me dit-il, notre grand et incomparable Molina, la gloire de notre Société; qui, par sa prudence inimitable; l'a estimée a à six ou sept duce catS; pour lesquels il assure qu'il est permis de tuer, 4c encore que celui qui les emporte s'enfuie. r> C'est en son t. 6; tr. 3; disp. 16, n. 6: Et il dit de pluS; au même endroit; a qu'il n'oserait condamner d'aucun péché un c( homme qui tue odui qui lui veut ôter une chose de la <( valeur d'un écu, ou moins : Unius aurei » vel minons ' « adhuc Doiom. d Ce qui a porté Escobar à établir cette règle générale; tr. 1; ex. 7; n. hl^y « que régulièrement « on peut tuer un homme pour la valeur d'un écu, se- « Ion Molina. »
mon pèrel d'où Holina a-t-il pu être éclairé pour déterminer une chose de cette importance; sans aucun secours de l'Écriture; des conciles ; ni des Pères? Je vois bien qu'il a eu des lumières bien particulières; et bien éloignées de saint Augustin, sur rhomicide, aussi bien