‹ Les provinciales, ou, Les lettres écritesChapitre 36 sur 99 · DE L^AMOUR DE DIEU · texte numérisé non relu

DE L^AMOUR DE DIEU

Après quelques discours de cette sorte ^ je quittai le père; et je ne vois guère d'apparence d'y retourner. Hais n'y ayez pas de regret; car s'il était nécessaire de vous entretenir encore de leurs majcimes^ j'ai assez lu leurs livres pour pouvoir vous en dire à peu près autant de leur morale^ et peut-être plus de leur politique^ qu'il n'eût fait lui-même. Jesuis^ etc.

AUX RÉVÉRENDS PÈRES JÉSUITES

Qu'on peut réfuter par des railleries les erreurs ridicules — Ih-écautions avec lesquelles on le doit faire ; qu'elles out été observées par Hontalte, et qu'elles ne Font point été par les Jésuites. — Bouffonneries impies du père Le Moy ne et du père Garasse. .

Du iS aotH 4656.

Mes révérends pères ^

J'ai vu les lettres que vous débitez contre celles que j'ai écrites à un de mes amis sur le sujet de votre morale, où l'un des principaux points de votre défense est que je n'ai pas parlé assez sérieusement de vos maximes : c'est ce que vous répétez dans tous vos écrits, et que vous poussez jusqu'à dire que « j'ai tourné les choses « saintes en raillerie, »

Ce reproche, mes pères, est bien surprenant et bien injuste; car en quel lieu trouvez-vous que je tourne les choses saintes en raillerie? Vous marquez en particulier le contrat Mohatra, et l'histoire de Jean d'Alba. Mais est-ce cela que vous appelez des choses saintes? Vous semble-t-il que le Mohatra soit une chose si vénérable, que ce soit un blasphème de n'en pas parler avec respect ? Et les leçons du père Bauny pour le larcin, qui portèrent Jean d'Alba à le pratiquer contre vousmêmes, sont-elles si sacrées, que vous ayez droit de traiter d'impies ceux qui s'en moquent?

Quoi! mes pères, les imaginations de vos auteurs*

* Les deux éd. in-n rt quelques exempl. in-i** : écritains.

Page 1