‹ Les provinciales, ou, Les lettres écritesChapitre 37 sur 99 · ERREURS DIGNES D ÊTRE JOUÉES · texte numérisé non relu

ERREURS DIGNES D ÊTRE JOUÉES

passeront pour les vérités de la foi, et on ne pourra se moquer des passages d'Escobar, et des décisions si fantasques et si peu chrétiennes de vos autres auteurs, sans qu'on soit accusé de rire de la religion? Est-il possible" que vous ayez osé redire gi souvent une chose si peu raisonnable? et ne craignei^-vous point, en me blâmant de m'ètre moqué de vos égarements, de me donner un nouveau sujet de me moquer de ce reproche, et de le faire retomber sur vous-mêmes, en montrant que je n'ai pris sujet de rire que de ce qu'il y a de ridicule dans vos livres; et qu'ainsi, en me moquant de votre morale, j'ai été aussi éloigné de me moquer des choses saintes, que la doctrine de vos Casuistes est éloignée de la doctrine sainte de l'Évangile?

En vérité, mes pères, il y a bien de la différence entre rire de la religion, et rire de ceux qui la profanent par leurs opinions extravagantes. Ce serait une impiété de manquer de respect pour les vérités que l'esprit de Dieu a révélées : mais ce serait une autre impiété de manquer de mépris pour les faussetés que l'esprit de l'homme leur oppose.

Car, mes pères, puisque vous m'obligez d'entrer en ce discours, je vous prie de considérer que, comme les vérités chrétiennes sont dignes d'amour et de respect , les erreurs qui leur sont contraires sont dignes de mépris et de haine ; parce qu'il y a deux choses dans les vérités de notre religion : une beauté divine qui les rend aimables, et une sainte majesté qui les rend vénérables ; et qu'il y a aussi deux choses dans les erreurs : l'impiété qui les rend horribles, et l'impertinence qui les rend ridicules. C'est pourquoi, cdinme les saints ont toujours pour la vérité ces deux sentiments d'amour et de crainte, et que leur sagesse est toute comprise entre la crainte qui en est le principe, et l'amour qui en est la

fin , les saints ont aussi pour rerreur ces deux sentiments de haine et de mépris, et leur zèle s'emploie également à repousser avec force la malice des impies , et à confondre avec risée leur égarement et leur folie.

Ne prétendez donc pas^ mes pères, de faire accroire au monde que ce soit une chose indigne d'un chrétien de traiter les erreurs avec moquerie , puisqu'il est aisé de faire connaître à ceux qui ne le sauraient pas que cette pratique est juste, qu'elle est commune aux Pères de l'Église, et qu'elle est autorisée par l'Écriture , par l'exemple des plus grands saints , et par celui de Dieu même.

Car ne voyons-nous pas que Dieu hait et méprise les pécheurs tout ensemble, jusque-là même qu'à l'heure de leur mort, qui est le temps où leur état est le plus déplorable et le plus triste, la sagesse divine joindra la moquerie et la risée à la vengeance et à la fureur qui les condamnera à des supplices étemels? In inteiitu vestro ridebo et subsannabo (Prov., I, 26). Et les saints, agissant par le même «sprit, en useront de même, puisque, selon David, quand ils verront la punition des méchants, « ils en trembleront et en riront en même « temps : Videbunt jusU et timebunt, et super eum ride- <i 6tm< ( Ps. LI, 8 ) . » El Job en parle de même : Innocens iubsannabit eos (XXII, 18).

Mais c'est une chose bien remarquable sur ce sujet , que, dans les premières paroles que Dieu a dites à l'homme depuis sa chute, on trouve un discours de moquerie, et une ironie piquante , selon les Pères. Car, après qu'Adam eut désobéi, dans l'espérance que le démon lui avait donnée d'être fait semblable à Dieu, il parait par l'Écriture que Dieu, en punition, le rendit sujet à la mort; et qu'après l'avoir réduit à cette misérable condition, qui était due à son péché , il se moqua

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de lui en cet état par ces paroles de risée : « Voilà « l'homme qui est devenu comme Tun de nous : Ecce «c Adam quasi untÂS ex nobis ; » ce qui est une ironie sanglante et sensible dont Dieu le piquait vivement, selon saint Chrysostome (In Gen., hom. 18) et les interprètes (VatabL Mercer.). «Adam, dit Rupert (InGen., liv. 3, « c. 28), méritait d'être raillé par cette ironie, et on lui « faisait sentir sa folie bien plus vivement par cette ex- <( pression ironique que par une expression sérieuse. » Et Hugues de Saint-Victor, ayant dit la même chose , ajoute (In Gen., p. 17) « que cette ironie était due à sa « sotte crédulité; et que cette espèce de raillerie est « une action de justice, lorsque celui envers qui on en « use Fa méritée. »

Vous voyez doi^c, mes pères, que la moquerie est quelquefois plus propre à faire revenir les hommes de leurs égarements, et qu'elle est alors une action de justice; parce que, comme dit Jérémie (LI, 18), « les ao- « tions de ceux qui errent sont dignes de risée , à cause « de leur vanité : vanmsunt, et risu digna, » Et c'est si peu une impiété de s'en rire, que c'est Teffet d'une sagesse divine, selon cette parole de saint Augustin : « Les sages rient des insensés, parce qu'ils sont sages, « non pas de leur propre sagesse, mais de cette sagesse « divine qui rira de la mort des méchants. »

Aussi les prophètes remplis de l'esprit de Dieu ont usé de ces moqueries, comme nous voyons par les exemples de Daniel et d'Élie ( Dan., XIV, 18; — 3 Reg., XVIII, 27). Enfin, il s'en trouve des exemples dans les discours de Jésus-Christ même * ; et saint Augustin remarque (Tract. 12 in Jo^tnn. ) que, quand il voulut hu-

• Éd. m-4° et in-12 : Enfin tes discours de Jèsus-<:hrist même n'en sont pas sans exemple.

PIOTinaALES., (^

19V 0KZ1È]»£ LETTRE.

uiilier Nicodème , qui se croyait habile dans rintelli-g^uce de la loi, « comme il le voyait enflé d'orgueil par « sa qualité de docteur des Juif s^ 41 exerce et étonne sa « présomption par la hauteur de ses demandes; et « l'ayant réduit à Timpuissance de répondre : Quoi ! « lui dit-il, vous êtes maître en Israël, et vous ignorez « ces choses? Ce qui est le même que s'il eût dit ; « Prince superbe, reconnaissez que vous ne savez rien. » Et saint Chrysostome ( Hom. 25 in Joann. ) et saint Cyrille (Lib. 2 in Joann., c. 2) disent sur cela qu'il méritait d'être joué de cette sorte.

Vous voyez donc, mes pères, que s'il arrivait aujourd'hui que des personnes qui feraient les maîtres envers les chrétiens, comme Nicodème et les pharisiens envers les Juifs, ignoraient les principes de la religion, et soutenaient * , par exemple, « qu'on peut être sauvé « sans avoir jamais aimé Dieu en toute sa vie, » on suivrait en cela l'exemple de Jésu^-Christ , en se jouant de leur vanité et de leur ignorance.

Je m'assure, mes pères, que ces exemples sacrés suffisent pour vous faire entendre que ce n'est pas ime conduite contraire à celle des saints, de rire des errern^ et des égarements des hommes : autrement ^ il faudrait blâmer celle des plus grands docteurs de TÉglise, qui l'ont pratiquée, comme saint Jérôme dans ses lettres et dans ses écrits contre Jovinien, Vigilance et les Pélagiens; Tertullien, dans son Apologétique contre les folies des idolâtres; saint Augustin, contre les i^igieux d'Afrique, qu'il appelle les Chevelus; saint Irénée, contre les Gnostiques; saint Bernard et les autres Pères de l'Église, qui, ayant été les imitateurs des apôtres, doivent

' Les éditioQS originales portent : ignoraient... soutenaient... Aujourd'hui on dirait : ignorassent.., soutinssent...

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être imités par les fidèles dans toute la suite des temps, puisqu'ils sont proposés, quoi qu'on en dise, comme le véritable modèle des chrétiens, mente d'aujourd'hui. . Je n'ai donc pas cru faillir en les suivant. Et, comme je pense Tavoir assez montré, je ne dirai plus sur ce sujet que ces excellentes paroles de Tertullien (Adv; Valent., c. 6), qui rendent raison de tout mon procédé : « Ce que j'ai fait n'est qu'un jeu avant un véritable a combat. J'ai plutôt montré les blessures qu'on vous « peut faire que je ne vous en ai fait ^ Que s'il se trouve ff des endroits où Ton soit excité à rire, c'est parce que « les sujets n>émes y portaient. Il y a beaucoup de choses « qui méritent d'être moquées et jouées de la sorte, de <( peur de leur donner du poids en les combattant sé- « rieusement. Rien n'est plus dû à la vanité que la <c risée; et c'est proprement à la vérité qu'il appartient <c de rire, parce qu'elle est gaie, et de se jouer de ses <( ennemii§, parce qu'elle est assurée de la victoire. Il « est vrai qu'il faut prendre garde que les railleries ne « soient basses et indignes de la vérité. Mais, à cela « près, quand on pourra s'en servir avec adresse, c'est <c un devoir que d'en user. » Ne trouvez-vous pas, mes pères, que ce passage est bien juste à notre sujet? « Les « Lettres que j'ai faites jusqu'ici ne sont qu'un jeu « avant un véritable combat*, » Je n'ai fait encore que me jouer, « et vous montrer plutôt les blessures qu'on « vous peut faire que je ne vous en ai fait. » J'ai exposé simplement vos passages, sans y faire presque de réflexion. « Que si on y a été excité à rire, c'est parce « que les sujets y portaient d'eux-mêmes. » Car qu'y at-il de plus propre à exciter à rire, que devoir une chose

Éd. in-4'* et in-12 : Tai montré... plutôt que je ne vous en ai /ait. ' Ibid. : Ce que j'ai fait n*e$t qu'un jeu avant un véritable combat.

aussi grave que la morale chrétienne remplie d'imagi^ nations aussi grotesques que les vôtres? On conçoit une . si haute attente de ces maximes , qu'on dit que ce Jésus^ « Christ a lui-même rév^ées à des pères de la Société^ » que quand on y trouve « qu'un prêtre qui a reçu de « l'argent pour dire une messe peut^ outre cela, en ce prendre d'autres personnes, en leur cédant toute là « part qu'il a au sacrifice; qu'un .religieux n'est pas « excommunié pour quitter son habit lorsque c'est pour « danser, pour filouter, ou pour aller incognito en des « lieux de débauche ; et qu'on satisfait au précepte d'ouïr ce la messe entendant quatre quarts de messe à la fois « de différents prêtres; » lors, dis-je, qu'on entend ces décisions et autres semblables, U est impossible que cette surprise ne fasse rire, parce que rien n'y porte davantage qu'une disproportion surprenante entre ce qu'on attend et ce qu'on voit. Et comment aurait-on pu traiter autrement la plupart de ces matières , puisque c< ce serait les autoriser que de les traiter sérieuse- (c ment, » selon TertuUien?

Quoi 1 faulril employer la force de l'Écritui^e et de la tradition pour montrer que c'est tuer son ennemi en trahison, que de lui donner des coups d'épée par derrière et dans une embûche; et que c'est acheter un bénéfice que de donner de l'argent comme un motif pour se le faire résigner? Il y a donc des matières qu'il faut mépriser, et « qui méritent d'être jouées et mo- « quées^, » Enfin , ce que dit cet ancien auteur, que « rien n'est plus dû à la vanité que la risée, » et le reste de ces paroles, s'applique ici avec tant de justesse et avec une force si convaincante , qu'on ne saurait plus douter qu'on peut bien rire des erreurs sans blesser la bienséance.

Et je vous dirai aussi, mes pères, qu'on en peut rire

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sans blesser la charité^ quoique ce soit une des choses que vous me reprochez encore dans vos écrits. Car c( la « charité oblige quelquefois à rire des erreurs des « hommes^ pour les porter eux-mêmes à en rire et à les « fuir (lib. XV contra Faustum, c. 4), selon cette parole c( de saint Augustin : Hœc tu misericorditer irride, ut « ei$ irridenda et fugienda commendes. » Et la même charité oblige aussi quelquefois à les repousser avec colère, selon cette autre parole de saint Grégoire de Nazianze (Or. 44) : « L'esprit de charité et de douceur c< a ses émotions et ses colères. » En effet, comme.dit saint Augustin (de Doctr. christ., 1. IV, c. 26 et 28), a qui oserait dire que la vérité doit demeurer désarmée a contre le mensonge, et qu'il sera permis aux ennemis a de la foi d^effrayer les fidèles par des paroles fortes, a et de les réjouir par des rencontres d'esprit agréa- « blés; mais que les catholiques ne doivent écrire « qu'avec une froideur de style qui endorme les lec- « teurs? »

Ne voit-on pas que, selon cette conduite, on laisserait introduire dans l'Église les erreurs les plus extravagantes et les plus pernicieuses, sans qu'il fût permis de s'en moquer avec mépris, de peur d'être accusé de blesser la bienséance, ni de les confondre avec véhémence , de peur d'être accusé de manquer de charité?

Quoi! mes pères, il vous sera permis de dire a qu'on « peut tuer pour éviter un soufflet et une injure, » et il ne sera pas permis de réfuter publiquement une erreur publique d'une telle conséquence ? Vous aurez la liberté de dire « qu'un juge peut en conscience retenir ce « qu'il a reçu pour &ire une injustice, » sans qu'on ait la liberté de vous contredire? Vous imprimerez , avec privilège et approbation de vos docteurs, « qu'on peut « être sauvé sans avoir jamais aimé Dieu, » et vous fer-;

merez la bouche à ceux qui défendront la vérité de la foi, en leur disant qu'ils blesseraient la charité de frères en vous attaquant, et la modestie de chrétiens en riant de vos maximes? Je doute, mes pères, qu'il y ait des personnes à qui vous ayez pu le faire accroire : mais néanmoins, s'il s'en trouvait qui en fussent persuadés, et qui crussent que j'aurais blessé la charité que je vous dois en décriant votre morale, je voudrais bien qu'ils examinassent avec attention d'où naît en eux ce sentiment. Car, encore qu'ils s'imaginent' qu'il part de leur zèle , qui n'a pu souffrir sans scandale de voir accuser leur procbain, je les prierais de considérer qu'il n'est, pas impossible qu'il vienne d'ailleurs; et qu'il est même assez vraisemblable qu'il vient du déplaisir secret, et souvent caché à nous-mêmes, que le malheureux fonds qui est en nous ne manque jamais d'exciter contre ceux qui s'opposent au relâchement des mœurs. Et, pour leur donner une règle qui leur en fasse reconnaître le véritable principe, je leur demanderai si, en même temps qu'ils se plaignent de ce qu'on a traité de la sorte des religieux, ils se plaignent encore davantage de ce que des religieux ont traité la vérité de la sorte? Que s'ils sont irrités non-seulement contre les Lettres, mais encore plus contre les maximes qui y sont rapportées, j 'avouerai qu'il se peut faire que leur ressentiment parte de quelque zèle, mais peu éclairé ; et alors les passages qui sont ici suffiront pour les éclaircir. Mais s'ils s'emportent seulement contre les répréhensions, et non pas contre les choses qu'on a reprises ; en vérité, mes pères, je ne m'empêcherai jamais de leur dire qu'ils sont grossièrement abusés, et que leur zèle est bien aveugle.

' Dans toutes les éditions originales , on lit qu'ils s'imaginent, et non pas qu'ils s'imaginassent, que portent les éditions modernes. Notre texte est la reproduction de celui des éditions publiées par Pascal . ( Lef. ...}

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Étrange zèle, qui s'irrite contre ceux qui accusent des fautes publiques^ et non pas contre ceux qui les commettent! Quelle nouvelle dn^ié, qui s^ofCénse de voir confondre des erreurs manifestes ^^ et qui ne s'offense point de voir renverser la morale par ces erreurs ! Si ces personnes étai^it en danger d'être assassinées^ s'offenseraient-elles de ce qu'on les avertirait de l'embûche qu'on leur dresse ; et > au lieu de se détourner de leur chemin pour l'éviter , s'amoseraient^Ues à se plaindre du peu de charité qu'on aurait eu de découvrir le dessein criminel de ces assassins? S'irritent41s lorsqu'on leur dit de ne manger pas d'une viande^ parce qu'elle est empoisonnée; ou àe n'aller pas dans une ville, parce qu'il y a de la peste?

D'où vient donc qu'ils trouvent qu'on manque do charité quand on découvre des maximes nuisibles à la religion^ et qu'ils croient, au contraire,, qu'on manquerait de charité si on ne leur découvrait pas' les choses nuisibles à leur santé et à leur vie, sinon parce que l'amour qu'ils ont pour la vie leur fait recevoir favorable* ment tout ce qui contribue à la conserver, et que l'indifférence qu'ils ont pour la vérité fait que nonnseulement ils ne prennent aucune part à sa défense, mais qu'ils voient même avec peine qu'on s'efforce de détruire le mensonge?

Qu'ils considèrent donc devant Dieu combien la morale que vos Gasuistes répandent de toutes parts est honteuse et pernicieuse à l'Église; combien la licence qu'ils introduisent dans les mœurs est scandaleuse ef démesurée ; combien la hardiesse avec laquelle vous le

* Les éd. in-4* et in- 12 ajoutent: par la seule exposition que l'on^cn frit.

' Éd, m-4' et in-1 2 : de nepeis découvrir.

soutenez est opiniâtre et violente. Et s' ils .ne jugent qu'il est temps de s'élever contre de tels désordres^ leur aveuglement sera ausi^ à plaindre que le vôtre^ mes pères ^ puisque et vous et eux avez un pareil sujet de craindre ' cette parole de saint Augustin sur celle de Jéscs-Gheist dans l'Évangile : <c Malheur aux aveugles qui conduisent ! « malheur aux aveugles qui sont conduits l Vœ cœcis « diAcentibusl vœ cœcis sequentibus! »

Mais^ afin que vous n'ayez plus lieu de donner ces impressions aux autres, ni de les prendre vous-mêmes, je vous dirai, mes pères (et je suis hcmtéux de ce que vous m'engagez à vous dire ce que je devrais apprendre de vous), je vous dirai donc quelles marques les Pères de l'Église nous ont données pour juger si les répréhensions partent d'un esprit de piété et de charité, ou d'un esprit d'impiété et de haine.

La première de ces règles est que Tesprit de piété porte toujours à parler avec vérité et sincérité; au lieu que l'envie et la haine emploient le mensonge et la calomnie : Splendentia, vehementiat veris tamenrebttë, dit saint Augustin (de Doctr. christ., lib. 4, c. 28). Quiconque se sert du mensonge agit par l'esprit du diable. Il n'y a point de direction d'intention qui paisse rectifier la calomnie ; et quand il s'agirait de convertir toute la terre, il ne serait pas permis de noircir des personnes innocentes , parce qu'on ne doit pas faire le moindre mal pour en faire réussir le plus grand Wen, et que « la K vérité de Dieu n'a pas besoin de notre mensonge, » selon l'Écriture, a II est du devoir des défenseurs de la €< vérité, dit saint Hilaire ( Contra Gonst., 6), den'a- « vancer que des choses vraies. » Aussi, mes pères, je puis dire devant Dieu qu'il n'y a rien que je déteste davantage que de blesser tant soit peu la vérité; et que j'ai toujours pris un soin très-particulier non-seulem«nt

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