CALOMNIES CONTRE PORT-ROYAL
pos du même livre : « que Teau de la rivière au bord <c de laquelle il a composé ses vers est si propre à faire (( des poètes^ que^ quand on en ferait de Feau bénite^ « elle ne chasserait pas le démon de la poésie ; » non plus que celui-^i de votre père Garasse^ dans sa Somme des vérités capitales de la religion, p. ^h9, où il joint le blasphème à Thérésie , en parlant du mystère sacré de rincarnation en cette sorte : « La personnalité hu- « maine a été comme entée ou mise à cheval sur la perte sonnalité du Verbe ; » et cet autre endroit du même auteur^ pag. 510, sans en rapporter beaucoup d'autres, où il est dit sur le sujet du nom de Jésus, figuré ordinairement ainsi, lÈS, que « quelques-uns en ont ôté « la croix pour prendre les seuls caractères en cette « sorte, IHS, qui est un Jésus dévalisé. »
C'est ainsi que vous traitez indignement les vérités de la religion, contre la règle inviolable qui oblige à n'en parler qu'avec révérence. Mais vous ne péchez pas moins contre celle qui oblige à ne parler qu'avec vérité et discrétion. Qu'y a-t-il de plus ordinaire dans vos écrits que la calomnie? Ceux du père Brisacier sont-ils sincères? Et parle-t-il avec vérité, quand il dit , 4* part. , pag. 24, et 1'® p., p. 15, que les religieuses de Port-Royal ne prient pas les saints , et qu'elles n'ont point d'images dans leur église? Ne sont-ce pas des faussetés bien hardies , puisque le contraire parait à la vue de tout Paris? Et parle-lril avec discrétion, quand il déchire Finnocence de ces filles, dont la vie est si pure et si austère, quand il les. appelle des ce filles impénitentes, asacra- « mentaires, incommuniantes, des vierges folles, îan- « tastiques, calaghanes, désespérées, et tout ce qu'il « vous plaira; » et qu'il les noircit par tant d'autres médisances, qui ont mérité la censure de feu M. l'archevêque de Paris; quand il calomnie des prêtres dont
les mœurs sont irréprochables^ jusqu'à dire^ part. 1, p. 22; a qu'ils pratiquent des nouveautés dans les cbn* a fessions 9 pour attraper les belles et les innocentes; et a qu'il aurait horreur de rapporter les crimes abomi- « nables qu'ils commettent? b N'est-ce pas une témérité insupportable d'avancer des impostures si noires ^ non* seulement sans preuve ^ mais sans la moindre ombre et sans la moindre apparence? Je ne m'étendrai pas davantage sur ce sujet; et je remets à vous en parler plus au long une autre fois : car j'ai à vous entretenir sur cette matière ; et ce que j'ai dit suffit pour faire voir combien vous péchez contre la vérité et la discrétion tout ensemble.
Mais on dira peut-être que vous ne péchez pas au moins contre la dernière règle, qui oblige d'avoir le désir du salut de ceux qu'on décrie , et qu'on ne saurait vous en accuser sans violer le secret de votre cœur, qui n'est connu que de Dieu seul. C'est une chose étrange, mes pères, qu'on ait néanmoins de quoi vous en convaincre; que, votre haine contre vos adversaires ayant été jusqu'à souhaiter leur perte éternelle, votre aveuglement ait été jusqu'à découvrir un souhait si abominable; que, bien loin de former en secret des désirs de leur salut ^ vous ayez fait en public des vœux pour leur damnation; et qu'après avoir produit ce malheureux souhait dans la ville de Caen avec le scandale de toute l'Église, vous ayez osé depuis soutenir encore à. Paris, dans vos livres imprimés, une action si diabolique. Il ne se peut rien ajouter à ces excès contre la piété : railler et parler indignement des choses les plus sacrées; calomnier les vierges et les prêtres faussement et scandaleusement, et enfin former des désirs et des vœux pour leur damnation. Je ne sais, mes pères, si vous n'êtes point confus; et comment vous avez pu avoir la