‹ Les provinciales, ou, Les lettres écritesChapitre 40 sur 99 · CALOMNIES CONTRE POBT-ROYAL · texte numérisé non relu

CALOMNIES CONTRE POBT-ROYAL

pensée de m'accuser d'avoir manqué de charité, moi qui n'ai parlé qu'avec tant de vérité et de retenue^ sans faire de réflexion sur les horribles violements de la charité que vous faites vous-mêmes par de si déplorables emportements.

Enfin, mes pères, pour conclure par un autre reproche que vous me faites de ce qu'entre un si grand nombre de vos maximes que je rapporte, il y en a quelques-unes qu'on vous avait déjà objectées, sur quoi vous vous plaignez de ce que ce je redis contre vous ce « qui avait été dit, » je réponds que c'est au contraire parce que vous n'avez pas profité de ce qu'on vous l'a déjà dit, que je vous le redis encore. Car quel fruit a-t-il paru de ce que de savants docteurs et l'Université entière vous en ont repris par tant de livres? Qu'ont fait vos pères Annat, Caussin, Pinthereau et LeMoyne, dans les réponses qu'ils y ont faites, sinon de couvrir d'injures ceux qui leur avaient donné ces avis si salutaires? Avez-vous supprimé les livres où ces méchantes maximes sont enseignées? En avez-vous réprimé les auteurs? En ètes-vous devenus plus circonspects? Et n'est-ce pas depuis ce temps-là qu'Escobar a tant été imprimé de fois en France et aux Paya-Bas, et que vos pères Cellot, Bagot, Bauny, L'Amy , Le Moyne et les autres, ne cessent de publier tous les jours les mêmes choses, et de nouvelles encore aussi licencieuses que jamais? Ne vous plaignez donc plus, mes pères, ni de ce que je vous ai reproché des maximes que vous n'avez point quittées, ni de ce que je vous en ai objecté de nouvelles, ni de ce que j'ai ri de toutes. Vous n'avez qu'à les considérer, pour y trouver votre confusion et ma défense. Qui pourra voir sans en rire, la décision du père Bauny pour celui qui fait brûler une grange ; celle du père Cellot, pour la restitution ; le règlement de Sanchez en faveur

des sorciers; la manière dont Hartado fait éviter le péché du duel en se promenant dans un champ , et y attendant un homme ; les compliments du père Bauny pour éviter l'usure; la manière d'éviter la simonie par un détour d'intention; et celle d'éviter le mensonge^ en parlant tantôt haut^ tantôt bas; et le reste des opinions de vos docteurs les plus graves? En faut-il davantage^ mes pères, pour me justifier? Et y art-il rien de mieux « dû à la vanité et à la faiblesse de ces opinions que la <( risée? » selon Tertullien [Adx>, ValmL, c. 6). Mais, mes pères, la corruption des mœurs que vos maximes apportent est digne d'une autre considération; et nous pouvons bien faire cette demande avec le même Tertullien [Ad Nation. y lib. 2, c. 12 ) : o Faut-il rire de leur « folie, ou déplorer leur aveuglement? Rideam vanita- « temj an exprobrem cœcitatem? » Je crois, mes pères, a qu'on peut en rire et en pleurer à son choix : Hœc tôle- (C rabilius vel ridentur, vel flentur, » dit saint Augustin (Enarr. in Psalm.). Reconnaissez donc « qu'il y a un a temps de rire et un temps de pleurer, » selon TÉcriture [EccL, III, h) ; et je souhaite, mes pères, que je n'éprouve pas en vous la vérité de ces paroles des Proverbes : a Qu'il y a des personnes si peu raisonnables , (X qu'on n'en peut avoir de satisfaction, de quelque ma- « nière qu'on agisse avec eux, sôit qu'on rie, soit qu'on a se mette en colère (xxix, 9 ) *. »

' Éd. ix^* et in-is : p. S. En acheyant cette lettre, j'ai tu un écrit que vous avez publié, où vous m'accusez d'imposture sur le sujet de mx de vos maximes que j'ai rapportées , et d'intelligence avec les hérétiques : j'espère que vous y verrez une réponse exacte, et dans peu de temps, mes pères, ensuite de laquelle j« crois que vous n'aarez pas envie de continuer cette sorte d'accusation.

AUX RÉVÉRENDS PÈRES JÉSUITES

Réfutation àes chicanes des JféRsfaites sur Taumône et sur la simonie.

Du 9 8epteini»re Ï686.

Mes révérbuds pères^

J'étais prêt à vous écrire sur le sujet des injures que vous me dites depuis si lontemps dans vos écrits, où vous m'appelez a impie, bouffon, ignorant, farceur, ce imposteur, calomniateur, fourbe, hérétique, calvi- « niste déguisé, disciple de Du Moulin, possédé d'une « légion de diables, » et tout ce qu'il vous plaît. Je voulais faire entendre au monde pourquoi vous me traitez de la sorte, car je serais fâché qu'on crût tout cela de moi ; et j'avais résolu de me plaindre de vos calomnies et de vos impostures, lorsque j'ai vu vos réponses, où vous m'en accusez moi-même. Vous m'avez obligé par là de changer mon dessein; et néanmoins* je ne laisserai pas de le continuer en quelque sorte, puisque j'espère, en me défendant, vous convaincre de plus d'impostures véritables que vous ne m'en avez imputé de fausses. En vérité, mes pères, vous en êtes plus suspects que moi ; car il n'est pas vraisemblable qu'étant seul comme je suis, sans force et sans aucun appui humain contre un si grand corps, et n'étant soutenu que par la vérité et la sincérité, je me sois exposé à tout perdre, en m'exposantà être convaincu d'imposture. Il est trop aisé de découvrir les faussetés dans les ques-

• Éd. in-4'» et in-12 : et néanmoins, mes pères.

PMovinaALBS. u

tions de fait^ comme celle-ci. Je ne manquerais pas de gens pour m'en accuser^ et la justice ne leur en serait pas refusée. Pour vous, mes pères, vous n'êtes pas en ces termes; et vous pouvez dire contre moi ce que vous voulez, sans que je trouve à qui m'en plaindre. Dans cette différence de nos conditions, je ne dois pas être peu retenu, quand d'autres considérations ne m'y engageraient pas. Cependant vous me traitez comme un imposteur insigne, et ainsi vous me forcez à repartir : mais vous savez que cela ne m peut feire sans exposer de nouveau et même sans découvrir plus à fond les points de votre morale; en quoi je doute que vous soyez bons politiques. La guerre se fait chez vous et à vos dépens; et, quoique vous ayez pensé qu'en embiX)uillant les questions par des termes d'école, les réponses en seraient si longues, si obscures et si épineuses, qu'on en perdrait le goût, cela ne sera peutr^tre pas tout 4 fait ainsi, car j'essayerai de vous ennuyer le moins qu'il se peut en ce genre d'écrire. Vos maximes ont je ne sais quoi de divertissant qui réjouit toi;gours le monde. Souvenez-vous au moins que c'est vous qui m'engagez d'entrer dans cet éclaircissement, et voyons qui se défendra le mieux.

La première de vos impostures est a sur l'opinion « de Vasquez touchant l'aumône. » Souffrez donc que je l'explique nettement, pour ôter toute obscurité de nos disputes. C'est une chose assez connue, mes pères, que, selon l'esprit de l'Église, il y a deux préceptes touchant l'aumône : a l'un, de donner de son superflu . a dans les nécessités ordinaires des pauvres; l'autre, « de donner même de ce qui est nécessaire selon sa a condition dans les nécessités extrêmes, s C'est ce que dit Csgetan, après saint Thomas : de sorte que, pour faire voir l'esprit de Vasquez touchant l'aumône, il faut

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montrer comment il a réglé, tant celle qu^ on doit faire du superflu, que celle qu'on doit faire du nécessaire.

Celle du superflu, qui est le {dus ordinaire secours des pauvres, est entièrement abolie par cette seule maxime, De EL, c. i, n. !&■, que j'ai rapportée dans mes Lettres : « Ce que les gens du monde gardent pour « relever leur condition et celle de leurs parents n'est ft pas appdé superflu; et ainsi à peine trouverart-on « qu'il y ait jamais de superflu dans les gens du monde, « et non pas même dans les rois. » Vous voyez bien, mes pères, que par cette définition tous ceux qui auront de Tambition n'auront point de superflu; et qu'ainsi raumtoe en est anéantie à l'égard de la plupart du monde. Mais quand il arriverait même qu'on en aurait, on serait encore dispensé d'en donner dans les nécessités communes, selon Yasquez, qui s'oppose à ceux qui veulent y obliger les riches. Voici ses termes, ch. 1, d. 3, n. 32 : « Corduba, dit-il, enseigne que lors- « qu'on a du superflu, on est oUigé d'en donner à ceux « qui sont dans une nécessité ordinaire , au moins une « partie, afin d'accomplir le précepte en quelque chose; « MAIS CELA NE US plaIt PAS, sed hoc fion plcuiet : car « NOUS avons montré le coNTRAmE coutre Cajetan et « Navarre. » Ainsi, mes pères, l'obligation de cette aumône est absolument ruinée , selon ce quHl plaii à Vasquez.

Pour celle du nécessaire , qu'on est obligé de faire dans les nécessités extrêmes et pressantes, vous verree, par les conditions qu'il apporte pour former cette obligation , que les plus riches de Paris peuvent n'y être pas engagés une seule fois en leur vie. Je n'en rapporterai que deux. L'une, « que l'on sache que le pauvre ne « sera secouru d'aucun autre : Hoc inlelligo et cœtera c( omnitty qtAando scio null%tm alium opem laturum, »

cap. 1^ n. 28. Qu'en dites-vous ^ mes pères? Arrivera- Iril souvent que dans Paris ^ où il y a tant de gens charitables, on puisse savoir qu'il ne se trouvera personne pour secourir un pauvre qui s'ofîre à nous? Et cependant, si on n'a pas cette connaissance, on pourra le renvoyer sans secours, selon Yasquez. L'autre condition* est que la nécessité de ce pauvre soit telle, « qu'il « soit menacé de quelque accident mortel ou de perdre « sa réputation, » n. 2k et 26, ce qui est bien peu commun. Mais ce qui en marque encore la rareté, c'est qu'il dit, n. 60, que le pauvre qui est en cet état où il dit qu'on est obligé à lui donner l'aumône, « peut voler a le riche en conscience. » Et ainsi il faut que cela soit bien extraordinaire, si ce n'est qu'il veuille qu'il soit ordinairement permis de voler. De sorte qu'après avoir détruit l'obligation de donner l'aumône du superflu, qui est la plus grande source des charités, il n'oblige les riches d'assister les pauvres de leur nécessaire que lorsqu'il permet aux pauvres de voler les riches. Voilà la doctrine de Yasquez, où vous renvoyez les lecteurs pour leur édification.

Je viens maintenant à vos impostures. Yous vous étendez d'abord sur l'obligation que Yasquez impose aux ecclésiastiques de faire l'aumône ; mais je n'en ai point parlé, et j'en paiierai quand il vous plaira. Il n'en est donc pas question ici. Pour les laïques, desquels seuls il s'agit, il semble que vous vouliez faire entendre que Yasquez ne parle, en l'endroit que j'ai cité, que selon le sens de Cajetan, et non pas selon le sien propre. Mais comme il n'y a rien de plus faux, et que vous ne l'avez pas dit nettement, je veux croire, pour votre honneur, que vous ne l'avez pas voulu dire.

' Condllion manque dans les éd. m-4® et in-12.

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Vous VOUS plaignez ensuite hautement de ce qu'après avoir rapporté cette maxime de Yasquez^ a A peine a se trouvera-t-il que les gens du monde ^ et même les « rois^ aient jamais de superflu^ » j'en. ai conclu c< que a les riches sont donc à peine obligés de donner l'au- « mône de leur superflu. » Mais que voulez-vous dire^ mes pères? S'il est vrai que les riches n'ont presque jamais de superflu^ n'est-îl pas certain qu'ils ne seront presque jamais obligés de donner Vaumône de leur superflu? Je vous en ferait^ un argument en forme, si Diana, qui estime tant Vàsquez, qu'il TappeUe hphéniœ des esprits, n'avait tiré la môme conséquence du même principe;- car> après avoir rapporté cette majdme de Vasquez, il en condut que a dans la question, savoir » « les riches sont obligés dfi donner l'aumône de leur « superflu, quoique l'opinion qui les y oblige fût véricv table, il n'arriverait jamais, ou presque jamais, qu'elle « obligeât dans lapratique. » Je n'ai fait que suivre mot à mot tout ce discours. Que veut donc dire ceci, mes pères? Quand Diana rapporte avec éloge les sentiments deVasquez, quand il les: trouve probables, et très-cam^ modes pour les riches, comme il le dit au même lieu, il Bt'esi ni calomniateur ni faussaire, et vous ne vous plai* gnez. point qu'il lui impose : au lieu que , quand je représente ces naémes sentiments de Vasquez, mais sans le traiter de phénix, je suis un imposteur, un faussaire, et un corrupteur de ses maximes. Certainement, mes pères, vous avez sujet de craindre que la différence de vos traitements envers ceux qui ne diffèrent pas dans le rapport, mais seulement dans l'estime qu'ils font de votre doctrine, ne' découvre le fond de votre cœur, et ne fasse juger que vous avez pour principal objet de maintenir le crédit et la gloire de votre compagnie; puisque, tandis^ue votre théologie accommodante passe

pour une sage condesoenclance^ vous ne désavouez point ceux quilapuUienty etaucontraire vonsles loues comme contribiiant à votre dessein ; mais quiuadion lafadt passer pour un relâchement pemîcîeuK^ alors le même intérêt de votre Soeiété vons engage à désavouer des maximes qui vous font tort dans le monde; et ainsi vous les reconnaisses on les reooooes^ non pas selcok la vérité^ qui ne change jamais^ mais selon les divers chaoïgements des temps^ suivant cette paroted'unasici^Dfc : Omniafre tempore, nihil pro veriiate. Prene»-y garde ^ mes p^res; et^ afin que vous ne puissiez plusmi'aecuser d'avoir tiré du principe de Vaaquez une oonséquenoe qu'il eût désavouée^ saches qu'il Ta tirée Im-même^ c. 1^ n. 2,7. « A

< peine esi^n obligé de donner Taumône^ quand on

< n'est obligé à la donner que de son superflu , selon « Topinion de Cajetan et selon la wenmx, et 8$ewidwm « nostram. » Confessez donc^ mes pères ^ par le propre témoignage de Yasquez^ que j'ai suivi exactement sa pensée ; et considérez avec quelle conscience vous avez osé dire que a si Ton allait à la source^ on verrait avec « étonnement qu'il y enseigne tout le contraidre. »

Enfin^ vous faites valoir^ poinlessustont ce que vous dites^ que si Yasquez n'oblige pas les riches de donner l'aumteke de lasr superflu^ il les oblige en récompense de la donner cb leur nécessaire. Mais vous avez oublié de marquer l'assemblage des conditions qu'il déclare être nécessaires pour former cette obligatkm^ lesr quelles j'ai rapportées , et qui la restreigncai si fort^ qu'elles l'anéantissent presque entièrement : et^ au lieu d'expliquer ainsi sincèorement sa doctrine^ vous dites généralement ^ qu'il obtige les riches à donner

' Éd. in-4* et in-12 : « Enfin vous faites valoir, par-dessus tout ce que vous dites, que Vasquez a obligé en récompense les riches de donner Paum&ne de leur nécessaire» Mais vous avez oublié de marquer l^asseinblage

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même o« qui est nécessaire à leur condition. C'est en dire trop^ mes pères : la règle de FÉvangile ne va pas si avant; ce serait une «atre erreur^ dont Vasquez est bien éloigné. Pour couvrir son nd&diesnent^ vous lui attribuez un excès de séivérité qui le rendrait r^rében*. sibte^ et par là vous vous 6tez la efâaace de Tavoir rapporté fidèlement Mais il n'est pas digne de ce re«proche, ai^rès avoir établi, oonuoe ja l'ai fait voir S que les rix^es ne-sont point obligés, ni par justice ni par chanté, de donner de knir superflu^ et encore moins du nécessaire^ dans tous les besoinaoirdinaires des paur«. vres; et qu'ils ne sont obligés de donner du. nécessaire qu'en des rencontres si tares > qu'eUes n'arrivent presque jamais.

Vous ne m'objectez ri^i davantage; de. sorte qu'il ne me reste qu'à faire voir combien est faux ce que vous prétendez, que Yasquez est plus sévère^ que Cajetan. Et cela sera bien facile ^ puisque ce cardinal enseigne « qu'on est obligé par justice de donner Tau* « mône de son superflu, même dans les ecmununesnéa cessités des pauvres; parce que^ selon les saiDits Pères, «. les riches sont seulement dispensateurs de leur su* a p^fliu, pour le donner à qui ils veulent d'être ceux « qui en ont besoin. » P ainsi, au lieu que Qiana dit des maximes de Vasqoez qu'elles seront « bien eoma modes et Ueft agréables aux riches et à leurs conte fesseurs, » ce cardinal, qui n'a pas une pareille consolation à leur donner, dédare^ de EUem., c. ft, « qu'il « n^a rien à dire aux riche3 que ces paroles de Jjésus- <t Cerist :^ qu'il est plus facile qu'un chameau passe par

des conditions nécessaires pour former cette obligation , et vous dites généralement, etc. »

' Éd. m-4* cl in- 12 : après aToir établr, comme H a fait par un si vtftè/e renversewuni de VÉvangUe.

c le trou d'une aiguille^ que non pas qu'un riche en*- « ire dans le ciel; et à leurs confesseurs^ que cette par « rôle du même Sauveur : Si un aveugle en conduit un < antre, ils tomberimt tous deux dans le précipice; » tant il a trouvé cette obligation indispensable ! Aussi c'est ce que les Pères et tous les saints ont établi comme une vérité constante. « Il y a deux cas, dit /saint Thoc mas, 2. 2., q. 118, art. 4, ad. 2, où l'on est obligé de c donner l'aumône par un devoir de justice, êx dênî9 « Ugali : Fun, quand les pauvres sonten danger ; l'autre « quand nous possédons des biens superflus. > Et q. 87, a. 1, ad. 4 : c Les troisièmes décimes que les Juifis c devaient manger avec les pauvres ont été augmentées c dans la loi nouvelle, parce que Jésus-Christ veut que « nous donnions aux pauvres non-seulement la dixième c partie, mais tout notre superflu. » Et cependant il ne plait pas à Vasquez qu'on soit obligé d'en donner une partiesenlement, tantiladecomplaisancepour les riches, de dureté pour les pauvres, et d'opposition à ces sentiments de charité qui font trouver douce la vérité de ces paroles de saint Gr%oire, laquelle parait si rude aux riches du monde : <x Quand nous donnons aux pauvres « ce qui leur est nécessaire, nous ne leur donnons pas « tant ce qui est à nous que nous leur rendons ce qui « est à eux; et c'est un devoir de justice plutôt qu'une c< œuvre de nïiséricorde (Reg. past., p. 3, c. 21, adm. c<22). D

C'est de cette sorte que les saints recommandent aux riches de partager avec les pauvres les biens de la terre, s'ils veulent posséder avec eux les biens du ciel. Et au lieu que vous .travaillez à entretenir dans les hommes l'ambition , qui fait qu'on n'a jamais de superflu, et l'avarice, qui refuse d'en donner quand on en aurait, les saints ont travaillé, au contraire, à porter les

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