‹ Les provinciales, ou, Les lettres écritesChapitre 42 sur 99 · DES BANQUEROUTIERS · texte numérisé non relu

DES BANQUEROUTIERS

Je ne vous dirai rien cependant sur les Avertissements pleins de faussetés scandateuseil par où vous finissez chaque imposture : je repartirai à tout cela dans la Lettre où j'espère montrer la source de vos calomnies. Je vous plains^ mes pères, d'avoir recours à de tels remèdes. Les injures que vous me dites n'èclairciront pas nos différends, et les menaces que voub me faites en tant de façons ne m'empêcheront pas de me défendre. Voua croyez avoir la force et l'impunité, mais je crois avoir la vérité et Tinnocenoe^ C'est une étrange et longue guerre que celle où là violence essaye d'opprimer la vérité. Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité, et ne servent qu'à la relever davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence, et ne font que l'irriter encore plus. Quand la force combat la force , la plus puissante détruit la moindre; quand l'on oppose les discours aux discours, ceux qui sont véritables et convaincants oonfon-' dent et dissipent ceux qui n'ont que la vanité et le mensonge : mais la violence et la vérité ne peuvent rien l'une sur l'autre. Qu'on ne prétende pas de là néanmoins que les choses soient égales; car il y a cette extrême différence, que la violence n'a qu'un cours borné par l'ordre de Dieu, qui en conduit les effets à la gloire de la vérité qu'elle attaque; au lieu que la vérité subsiste éternellement, et triomphe enfin de ses ennemis, parce qu'elle est éternelle et puissante comme Dieu même*

is.

AUX BËYÉRENDS PÉRÈS JÉSUITES

Que la doctrine de Lessius sur l*bomicide est la même que celle de Yio toria. — Combien il est facile de passer de la spéculation à la pratique. — Pourquoi les Jésuites se sont servis de cette vaine distinction , et combien elle est inutile pour les justifier.

Do 30 septembre I69&

Mes rjsyérends pères ^

Je viens de voir votre dernier écrite où vous continuez vos impostures jusqu'à la vingtième , en dédavant que vous finissez par là cette sorte d'accusation, qui &isait votre première partie, pour en venir à la seconde , où vous devez prendre une nouvelle manière de vous défendre, en montrant qu'il y a bien d'autres Casuistes que les vôtres qui sont dans le relâchement, aussi bien que vous. Je vois donc maintenant, mes pères, à com-r bien d'impostures j'ai à répondre ; et puisque la quatrième, où nous en sommes demeurés, est sur le sujet de l'homicide, il sera à propos, en y répondant, de satisfaire en même temps aux 11, 13, 14, 15, 16, 17 et 18" , qui sont sur le même sujet.

Je justifierai donc dans cette lettre la vérité de mes citations contre les faussetés que vous m'imposez. Mais parce que vous avez osé avancer, dans vos écrits, que « les sentiments de vos auteurs sur le meurtre sont conc< formes aux décisions des papes et des lois ecclésiasc( tiques, » vous m'obligerez à détruire *, dans ma Lettre

* Éd. in-4" et in- 12 : renverser.

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