CALOMNIES DES JÉSUITES
<( suites^ tout le reste, et même tout le livre, on n'y c( trouvera pas un seul vestige de cette sentence, qui ne « pourrait tomber que dans Tàme d'un honmie extré^ « mement perdu de conscience, et qui semble ne pou- « voir être supposée que par Torgane d'un démon. » Et votre père Pinthereau, en même style, première partie, p. 24^ : « Il faudrait bien être perdu de constt cience pour enseigner une si détestable doctrine ; mais « il faut être pire qu'un démon pour Timposar... à la « personne du père Bauny. Lecteur, il n'y en a ni mar- « que ni vestige dans tout son livre. » Qui ne croirait que des gens qui parlent de ce ton»là eussent sujet de se plaindre, et qu'on aurait en effet imposé au père Bauny? Avez-vous rien assuré contre moi en de plus forts termes? Et comment oserait-on s'imaginer qu'un passage fût en mots propres au lieu même où l'on le cite, quand on dit « qu'il n'y en a ni marque ai vestige « dans tout le livre? »
En vérité, mes pères, voilà le moyen de vous faire croire jusqu'à ce qu'on vous réponde; mais c'est aussi le moyen de faire qu'on ne vous oroie jamais plus, après qu'on vous aura répondu. Car il est si vrai que vous mentiez alors, que vous ne faites aujourd'hui aucune difficulté de reconnaître, dans vos réponses, que cette maxime est dans le père Bauny, au lieu même qu'on avait cité : et ce qui est admirable , c'est qu'au lieu qu'elle était déteêtahle il y a douze ans, elle est mainteQant si innocente, que dans votre neuvième imposture, p. 10, vous m'accusez « d'ignorance et de malice, de quereller c< le père Bauny sur une opinion qui n'est point rejetée « dans l'école, d Qu'il est avantageux, mes pères, d'avoir affaire à ces gens qui disent le pour et le contre! Je n'ai besoin que de vous-mêmes pour vous confondre. Car je n'ai à montrer que deux choses : l'une, que cette
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maxime ne vaut rien ; l'autre, qu'elle est du père Bauny ; et je prouverai l'un et l'autre par votre propre confession. En i^kh vous avez reconnu qu'elle est détestable, et en 1656 vous avouez qu'elle est du père Bauny. Cette double reconnaissance me justifie assez, mes pères; mais elle fait plus, eUe découvre l'esprit de votre poli* tique. Car, dites-moi, je vous prie, quel est le but que vous vous proposez dans vos écrits? Est-ce de parler avec sincérité? Non, mes pères, puisque vos réponses s'entre-détruisent. Est-ce de suivre la vérité de la foi? Aussi peu, puisque vous autorisez une maxime qui est détestable selon vous-mêmes. Mais considérons que quand vous avez dit que cette maxime est détestable, vous avez nié en même temps qu'elle fût du père Bauny : et ainsi il était innocent; et quand vous avouez qu'elle est de lui, vous soutenez en même temps qu'elle est bonne; et ainsi il est innocent encore. De sorte que, l'innocence de ce père étant la seule chose commune à vos deux réponses, il est visible que c'est aussi la seule chose que vous y recherchez, et que vous n'avez pour objet que la défense de vos opères, en disant d'une même maxime qu'elle est dans vos livres et qu'elle n'y est pas ; qu'elle est bonne et qu'elle est mauvaise : non pas selon la vérité, qui ne change jamais, mais selon votre intérêt, qui change à toute heure. Que ne pourrais«je vous dire l&-dessus? car vous voyez bien que cela est convaincant. Cependant rien ne vous est plus ordinaire * ; et, pour en omettre une infinité d'exemples, je crois que vous vouiS contenterez que je vous en rapporte encore un.
On vous a reproché en divers temps une autre proposition du même père Bauny, 1. 1, tr. 4, quest. 22, p. 100 :
■ Éd. in-4'* etin-12 : Cependant cela vous est tout ordinaire;.