ASSEMBLÉE DE BOURG- FONT AINE
du Saint-Sacrement de ne pas croire le Saint-Sacrement ?
Cependant cela ne leur suffit pas encore. Il faut^ pour satisfaire leur passion^ qulls les accusent enfin d'avoir renoncé à JéS0s-Christ et à leur baptême. Ce ne sont • pas là^ mes pères^ des contes en Tair^ comme les vôtres; ce sont les funestes emportements par où vous avez comblé la mesure de vos calomnies. Une si insigne fausseté n'eût pas été en des mains dignes de la soutenir^ en demeurant en celles de votre bon ami Filleau y par qui vous l'avez fait naître : votre Société se Test attribuée ouvertement; et votre père Meynier vient de soutenir, comme une viriii ctriaine, que Port-Royal forme une cabale secrète depuis trente-cinq ans, dont M. de Saint-Cyran et M. d'Ypres ont été les chefs» <( pour « ruiner le mystère de* Tlncamation , faire passer l'É- « vangile pour une histoire apocryphe y exterminer la « religion chrétienne, et élever le déisme sur les ruioes « du christianisme. » Est^^e là tout, mes pères? Serezvous satisfaits si Ton croit tout cela de ceux que vous haïssez? Vôtre animosité serait-elle enfin assouvie» si vous les aviez mis en horreur, non-seulement à tous ceux qui sont dans TÉgUse , par VinUlligence W)tc Ge^ névey dont vous les accusez, mais encore à tous ceux qui croient en Jésus-CpaiST, quoique hors TÉglise, par le déisme que vous leur imputez?
Hais à qui prétendez-vous persuader, sur votre seule parole, sans la moindre apparence de preuve, et avec toutes les contradictions imaginables, que des prêtres qui ne prêchent que la grÀee de Jésus-Christ, la pureté de rÉvangile et les obligations du baptême, ont renoncé à leur bapt^e , à l'Évangile et à Jésus-Christ* ?
' Éd. in-4® et îii-12 : « Mais qui ne sera surpris de Vaveuglenunt de votre conduite? Car à qui prétendez-vous persuader, sur votre seule parole «
308 SSIZIÉMfi LETTRE.
Qui le croira, mes pères? Le croyez-vous vous-mêmes, misérables que vous êtes? £t à quelle extrémité êtesvous réduits, puisqu'il faut nécessairement ou que vous prouviez qu'ils ne croient pas en Jesus^hristS ou que vous passiez pour les plus abandonnés calomniateurs qui furent jamais I Prouvez-le donc, mes pères. Nommez cet ecclésiastique de mérite, que vous dites avoir assisté à cette asseml3lée de Bourg-Fontaine en 1621, et avoir découvert à votre Filleaule dessein qui y fut pris de détruire la religion chrétienne . Nommez ces six personnes que vous dites y avoir formé cette conspiration. Nommez celui qui est désigné par ces lettres A, A., que vous dites, pag. 15, n'être pas Antoine Arnauld, parce qu'il vous a convaincus qu'il n'avait alors que neuf ans, « mais un autre, 'que vous dites être en- « core en vie, et trop bon ami* de M. Arnauld pour « lui être inconnu. » Vous le connaissez donc, mes pères; et par conséquent, si vous n'êtes vous-mêmes sans religion, vous êtes obligés de déférer cet impie au roi et au parlement, pour le faire punir comme il le mériterait. Il &ut pu'ler, mes pères; il faut le nommer, ou souffrir la confusion de n'être plus regardés que comme des menteurs indignes d'être jamais crus. C'est en cette manière que le bon père Yalérien nous a appris qu'il fallait mettre à la gêne «t pousser à bout de tels imposteurs. Votre silence làrdessus sera une pleine et entière
sans la moindre apparence de preuve, et avec toutes les contradictions imaginables, que des évéqueset des prêtres qui n'ont fait autre chose que prêcher la grâce de Jésus-Christ, la pureté de TÊvangile et les obligations du baptême , avatati renoncé à leur baptême, à rÉvangile et à Jésos* Grbist; qu'Us n'ont travaUU que pour établir cette apostasie, et que le PorI- Royal y travaiUe encore? Qui le croira , etô. » ' Éd. in-i*" et in-12 : ou que vous prouviez celte accusation, ' Ibid. : mais un autre qui est encore en vie , et qui est trop bon ami.