RÉPONSE DU PROVINCIAL AUX DEUX PREMIÈRES LETTRES DE SON AMI
Da 2 fénier I6S6.
Monsieur^
Vos deux lettres n'ont pas été pour moi seul. Tout le monde les voit, tout le monde les entend, tout le monde les croit. Elles ne sont pas seulement estimées parles théologiens; elles sont encore agréables aux gens du monde, et intelligibles aux femmes mêmes.
Voici ce que m'en écrit un de messieurs de T Académie, des plus illustres entre ces hommes tous illustres, qui n'avait encore vu que la première : « Je voudrais que la <( Sorbonne, qui doit tant à la mémoire de feu M. le car- « dinal, voulût reconnaître la juridiction de son Acac< demie Française. L'auteur de la Lettre serait content; n car, en qualité d'académicien, je condamnerais d'au- « torité, je bannirais, je proscrirais; peu s'en faut que « je ne die, j'exterminerais de tout mon pouvoir ce pouce voir prochain , qui fait tant de bruit pour rien , et sans c( savoir autrement ce qu'il demande. Le mal est que a notre pouvoir ax^adémique est un pouvoir fort éloigné c< et borné. J'en suis marri; et je le suis encore beauce coup de ce que tout mon petit pouvoir ne saurait m'ac- « quitter envers vous, etc. »
Et voici ce qu'une personne, que je ne vous marquerai en aucune sorte, en écrit à une dame qui lui avait fait tenir la première de vos Lettres :
c( Je vous suis plus obligée que vous ne pouvez vous « l'imaginer de la Lettre que vous m'avez envoyée : elle