‹ Les provinciales, ou, Les lettres écritesChapitre 8 sur 99 · RÉPONSE DU PROVINCIAL · texte numérisé non relu

RÉPONSE DU PROVINCIAL

«( est tout à fait ingénieuse^ et tout à fait bien écrite. « Elle narre sans narrer; elle éclaircit les. affaires du « monde les plus embrouillées; elle raiUe finement ; elle « instruit même ceux qui ne savent pas bien les choses, « elle redouble le plaisir de ceu^ qui les entendent. Elle «est encore une excellente apologie^ et, si Ton veut, « une délicate et innocente censure. Et il y a enfin * tant c< d'esprit et tant de jugement en cette lettre, que je « voudrais bien savoir qui Ta faite, etc. »

Vous voudriez bien aussi savçir qui est la personne qui en écrit de la sorte ; mais contentez-'vous de l'honorer sans la connaître, et, quand vous la connaîtrez, vous rhonorerez bien davantage*.

Continuez donc vos lettres sur ma parole, et que la censure vienne quand il lui plaira : nous sommes fort bien disposés à la recevoir. Ces mots de pouvoir prochain et de grâce suffisante, dont on nous menace, ne nous feront plus de peur. Nous avons trop appris des Jésuites, des Jacobins et de M. Le Moine, en combien de façons on les tourne, et combien il y a peu de solidité en ces mots ' nouveaux, pour nous en mettre en peine. Cependant je serai toujours , etc.

• Ed. in-4'* etin-12 : Et i/ V a enfin tant d'art, tant d'esprit.

' €ette peisoxme, à en croire Racine, serait mademoiselle de Scudéry ; car il dit dans sa première lettre , adressée à Nicole , qui condamnait tous les auteurs de romans : « Vous avsz oublia que mademoiselle de Scudéry avait fait une peinture avantageuse du Port-Royal dans sa €lélie. Cependant j'avais ouï dire que vous aviez souffert patiemment qu'on vous eût loués dans ce livre hwrrible. L'on fit venir au désert le volume qui parlait de vous. Il y courut de main en main , et tous les solitaires voulurent voir l'endroit où ils étaient traités àHUustres. Ne lui a-t-on pas même rendu ses louanges dans l'une des Provinciales? et n'est-ce pas elle que l'auteur entend , lorsqu'il parle d'une personne qu*xl admire sans la connaitref » ( M. Vabbé Maynard. )

' Éd. in-4° : et queUe est la solidité de ces mots,

PHOVINaiLES. 4

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