‹ Les provinciales, ou, Les lettres écritesChapitre 77 sur 99 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

AU R. P. ANNAT, JÉSUITE, œNPESSEUR DU ROI, Sur son écrit <ioi a pour titre : La Bonne Foi des JaménUiea, eU,

15 janvier 1650.

Mon révérend père.

J'ai lu tout ce que vous dites dam votre écrit qui a pour titre : La Bonne Foi des Jansénistes, etc. J'y ai remarqué que vous traitez vos adversaires , c'est-à-dire messieurs de Port* Royal, d'hérétiques, d'une manière si ferme et si constante, qu'il semble qu'il n'est plus permis d'en douter; et que vous faites un bouclier de cette accusation pour repousser les attaques de l'auteur des Lettres au Provingul, que vous supposez être une personne de Port^Royal. Je ne sais s'il en est ou non, mon révérend père; et j'aime mieux croire qu'il n'en est pas sur sa parole, que de croire qu'il en est sur la vôtre, puisque vous n'en donnez aucune preuve. Pour moi, je ne suis cer^ tainementni habitant ni secrétaire de Port-Royal ; mais je ne puis m'empécher de vous proposer quelques difficultés sur cette qualité que vous leur donnez, auxquelles, si vous me satisfaites nettement et sans équivoques, je me rangerai de votre côté , et je croirai qu'ils sont hérétiques.

Vous savez, mon révérend père, que de dire à des gens qu'ils sont hérétiques, c'est une accusation vague, et qui passe plutôt pour une injure que la passion inspire, que pour une vérité, si l'on ne montre en quoi et conunent ils sont hérétiques. Il faut alléguer les propositions hérétiques qu'ils défendent, et les livres dans lesquels ils les défendent et les soutiennent comme des vérités orthodoxes.

Je vous demande donc en premier lieu, mon révérend père^

' Cette Lettie ne se trouve pas dans l'éd. de 1659 ; mais die est dans les éditions în-n et dans quelijaes exemplaires in-é**. On Tattribue à Nicole.

PROTINaiLES. 35

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